En ce samedi 8 octobre, Live Nation propose une affiche totalement Metalcore à son public parisien en rassemblant Siamese (Rock/Metalcore, Danemark), The Devil Wears Prada (Metalcore, Etats-Unis) et Wage War (Metalcore, Etats-Unis). Cette tournée, intitulée « Manic Tour 2022 » est en fait l’occasion pour Wage War de présenter en live son album « Manic » (octobre 2021, via Fearless Records), ce qui n’était pas possible plus tôt en raison de la pandémie. De son côté, The Devil Wears Prada a mis ce temps a profit puisque leur nouvel album, « Color Decay », est sorti il y a moins d’un mois, le 16 septembre 2022, via Solid State Records.
SIAMESE
En raison d’une ouverture de la salle un peu plus tardive que ce qui était initialement prévu, le public est relativement peu nombreux lorsque Siamese monte sur scène, ce qui n’empêche cependant pas les fans d’assurer un accueil digne de ce nom au groupe qui ouvre son set par ‘Heights Above’. Le frontman, Mirza Radonjica ne se fait pas prier pour motiver le public avec des « Paris, bonsoir mes amis ! » ou encore un basique « Oui oui ! » qui semble amuser la fosse. Particularité intéressante, le groupe comprend un violoniste, Christian Hjort Lauritzen, ce qui ajoute un vrai plus à leurs compositions ! Le son, qui s’améliorera par la suite, donne la primauté aux graves en écrasant un peu la guitare et la voix. Certains passages vocaux sont assez acrobatiques mais l’échauffement du chanteur n’a sans doute pas été suffisant puisque sa justesse est parfois douteuse.
Avant de se lancer dans ‘Can’t Force The Love’, qui confirme que Siamese est un groupe plus mélodique que puissant, Mirza Radonjica présente rapidement le groupe et demande au public de taper des mains en rythme. La fosse, qui continue de se remplir, s’exécute avec un plaisir évident et une réelle envie de faire honneur à ce premier groupe. Très souriant, le guitariste, Andreas Kruger, occupe tout l’espace à sa disposition (qui n’est cependant pas très grand, on parle du Petit Bain). « Thank you so much Paris ! For those joining us, we are Siamese from Copenhagen and it’s our very first time in France! This is ‘Holy’, sacrebleu let’s do this! » Si le groupe fait de vrais efforts en termes d’engagement physique dans sa performance, le style musical est peut-être un peu trop doux en comparaison de ce qui arrive ensuite.
Le chanteur improvise ensuite une ode aux groupes américains en tournée et invite le public à acclamer The Devil Wears Prada et Wage War avant de déclare : « But enough about them, now it’s about us (le public rit avec lui). » Il prend ensuite le temps d’évoquer son expérience personnelle comme réfugié pour introduire ‘Numb’ et son message puissant : « We want to play some more songs for you. This is ‘Numb’, and as a refugee from the war of 1992 [guerre de Bosnie-Herzégovine], I want to say that there are a lot of refugees coming to Europe now. And we have a chance to treat them with dignity and respect, so let’s do that! » Siamese enchaîne ensuite ‘Home’ (dédié à « the people who love their city, who think their city is the best in the world »), ‘Sloboda’, et enfin ‘Ocean Bed’ avec une belle énergie mais toujours des problèmes de justesse.
Setlist de Siamese :
1. Heights Above
2. Can’t Force The Love
3. Holy
4. Numb
5. Home
6. Sloboda
7. Ocean Bed
THE DEVIL WEARS PRADA
Profitant du changement de set, par ailleurs assez rapide, le chanteur de The Devil Wears Prada commence son travail de chauffe de la salle. Il utilize le prétexte des balances : « Who here knows how do to a f*****g mosh pit? I don't believe you! » Quelques minutes après, le groupe fait son entrée officielle sur scène et le moins qu’on puisse dire c’est que l’entrée en matière est explosive ! Les musiciens bondissent sur scène et Mike Hranica, le screameur, fait mine de s’échauffer comme avant une séance de sport. Malheureusement pour Jeremy DePoyster, la justesse n’est pas du tout au rendez-vous lorsqu’il débute ‘Sacrifice’ en chant clair. L’énergie déployée par les musiciens sur scène aide cependant à oublier cette faiblesse vocale et la fosse oscille entre mosh pit et headbang furieux.
Le set se poursuit avec ‘Danger: Wildman’ pour lequel le groupe demande un wall of death qui leur est bien évidemment accordé par un Petit Bain chauffé à blanc. La justesse du chant clair commence à s’améliorer (en même temps, quelle idée de s’échauffer une fois sur scène…) mais le public est tellement déchaîné que personne n’a trop l’air d’y prêter attention. Dans un bazar général mais plutôt sympathique, tous les musiciens du groupe parcourent la scène à grandes enjambées et changent de place les uns avec les autres. Le frontman prend la parole : « Holy s**t Paris! That’s what’s f*****g up! We have not been here in three f*****g years and it feels so good to be back! » avant d’annoncer ‘Born to Lose’ suivi de ‘Salt’.
A l’inverse de Siamese qui a utilisé son temps sur scène pour jouer et pour communiquer avec le public, The Devil Wears Prada semble vouloir se concentrer sur ses morceaux. Il n’y a d’ailleurs pas tant d’effort de discussion à faire tant le public se défoule. Après ‘Termination’ et ‘Outnumbered’, le groupe prend tout de même la parole : « Thank you, we are The Devil Wears Prada. Put your hands together for our friends from Denmark Siamese! And of course, up next: WAGE WAR! Love it, it’s so good to be here! A few weeks ago, we released a new album called ‘Color Decay’ and we're going to play one more new song from it before going back to some older stuff! » A ‘Watchtower’ succèdent ‘Dez Moines’ puis ‘Chemical’ qui suscitent les premières tentatives de crowdsurfing de la soirée.
Setlist de The Devil Wears Prada :
1. Sacrifice
2. Danger: Wildman
3. Born to Lose
4. Salt
5. Termination
6. Outnumbered
7. Watchtower
8. Dez Moines
9. Chemical
WAGE WAR
Déjà très enthousiasmé par les premières parties, le public ne se tient plus lorsque les lumières s’éteignent, annonçant l’arrivée prochaine de Wage War. Les musiciens arrivent sur scène alors qu’un quart de la fosse se précipite sur son téléphone pour filmer ça (parfois on comprend les artistes qui demandent qu’il n’y ait aucun téléphone dans la salle…). ‘Relapse’ ouvre le bal et, bien que Briton Bond soit survolté, son manque de justesse en chant clair est flagrant. Heureusement que Cody Quistad, à l’inverse, est parfaitement en place (c’est d’ailleurs le premier de la soirée à être aussi juste alors bravo à lui). Le mixage met la basse et la batterie en avant au point que le reste se perd un peu en une sorte de bouillie indistincte… ‘Teeth’ arrive ensuite et confirme que le frontman ne prévoit pas d’échanger avec son public, à l’exception de quelques « Come on Paris ! » et autres phrases du genre pour motiver la fosse.
Les premières notes de ‘Low’ suscitent un frisson électrique au sein du Petit Bain. Le public connaît les paroles, anticipe les breakdowns et n’hésite pas à multiplier les mosh pits. Profitons-en pour souligner le très bon côté du Petit Bain, à savoir que c'est un bateau ; donc quand la fosse se met à bondir avec l'énergie qu'elle déploie ce soir, ça tangue et ça rend le concert bien plus drôle ! Avant de se lancer dans ‘Witness’, le groupe prend le temps de reconnaître les efforts du public : « What’s up Paris? We are Wage War! I’ll tell you what, yesterday, we were in Switzerland and by the third song they went crazy but you completely blown it away, it’s insane! » et c’est vrai que ce soir, le public français fait plutôt honneur à sa reputation. ‘Don't Let Me Fade Away’ et ‘Gravity’ s’enchaînent alors que les musiciens de Wage War invitent le public à chanter le refrain.
Sur le point de se lancer dans ‘High Horse’, le screameur rappelle : « Like I said Paris, this is the loudest crowd we’ve seen so far and I know you can do much better. Let’s kick some ass! » A partir de là, les chansons se suivent presque sans interruption avec évidemment une prédominance des morceaux de l’album « Manic » comme ‘Godspeed’, ‘Manic’, ‘Death Roll’, et ‘Circle The Drain’ mais aussi ‘Alive’ et ‘The River’ de « Blueprints » (2015), ‘Who I Am’ de « Pressure » (2019) et enfin ‘Stitch’ tiré de « Deadweight » (2017) et pour lequel la fosse s’enflamme littéralement pour faire honneur aux dernières minutes de Wage War sur scène ! A la fin du set, le groupe comme le public semblent rincés tant ils ont déployé d’énergie au cours de la soirée.
Setlist de Wage War :
1. Relapse
2. Teeth
3. Low
4. Witness
5. Don't Let Me Fade Away
6. Gravity
7. High Horse
8. Godspeed
9. Manic
10. Alive
11. The River
12. Who I Am
13. Death Roll
14. Circle the Drain
15. Stitch
Grâce à une affiche bien construite, la soirée a été un succès : Siamese a commencé en douceur en jouant sur ses compositions mélodiques et son chant clair, puis The Devil Wears Prada a chauffé le public en introduisant des breakdowns permettant de se défouler, mais c’est vraiment Wage War qui a permis aux fans rassemblés au Petit Bain de se laisser aller ! Ce dont on est sûr c’est que le public en est reparti ravi et que les groupes garderont en tête l’engagement physique des fosses françaises.