Et c’est parti pour le deuxième jour de Durbuy … en étant presque en forme !
Alors que la journée de la veille était très orientée death metal avec une touche de folk, la deuxième journée semble être plus généraliste.
OBSOLETE HUMANITY
Ce coup-ci, jour de week-end, les concerts commencent à 11h45 sur la scène extérieure, et c’est avec OBSOLETE HUMANITY que la journée s’ouvre. Histoire de coller avec la thématique du groupe, le quatuor porte des combinaisons avec des masques à gaz. Gagnant d’un des tremplins organisés par le festival, le death teinté de hardcore des belges parvient à convaincre le public présent à cette heure matinale !

ICE SEALED EYES
On enchaîne avec un autre groupe issu d’un tremplin (celui de Ittre cette fois). ICE SEALED EYES mélange des moments très mélodiques avec du chant clair et des passages beaucoup plus lourds, des cassures qui laissent apparaître sans aucun doute leurs influences piochées dans des groupes de metal plus moderne. S’il y a peut être encore des petites choses à travailler (on sent que le groupe est jeune), il est sans aucun doute très prometteur et il faudra jeter un coup d’œil sur son évolution.

THE GUARDIANS
Changement de style radical pour retourner sur la scène extérieure écouter THE GUARDIANS sous un soleil de plomb : parfait pour se mettre dans l’ambiance stoner et desert rock. On revient à du plus classique, mais c’est très bien interprété avec de belles lignes mélodiques. Un groupe à connaître pour les amateurs du genre !

PSYKUP
C’est sur les coups de 13h30 que l’on retrouve PSYKUP … précision importante dans la mesure où le groupe d’ « autruche core » de Toulouse devait par la suite repartir pour aller enchaîner un deuxième set dans la journée dans le nord de la France !
Difficile de classer les français dans un genre quelconque tant ils se jouent des codes ! Malgré l’heure encore un peu matinale, le hall se remplit bien et le public offre de beaux circles pits / wall of death et mosh pits montrant qu’il lui reste de l’énergie après les groupes de la veille. On est sur un set décontracté et efficace à la bonne humeur communicative.

MY DILIGENCE
Retour à l’extérieur avec MY DILIGENCE pour le 4eme groupe belge de la journée. Leur tournée des festivals commence au DURBUY, mais les festivaliers du HELLFEST et de l’ALCATRAZ pourront les retrouver un peu plus tard ! Le trio bruxellois sait y faire pour nous présenter un très bon mélange de hard rock / stoner / doom psychédéliques (oui oui c’est faisable) avec un aspect immersif. Du très bon boulot !

GRONIBARD
Amis de la poésie bonjour. Si vous en doutiez la France ce n’est pas que la langue de Molière et Baudelaire, mais également celle du grindcore de GRONIBARD (le genre de choses qu’on ne pense pas écrire un jour, mais soit). Autant le dire tout de suite, je ne suis pas du tout une fan de grind mais difficile de passer à côté du groupe connu pour son côté parodique. Parce que oui, qu’on aime ou pas le genre ils arrivent à faire quelque chose de bien musicalement (si on aime) tout en respectant leur univers lourd et gras. Et forcément ça marche bien en live ! Si vous aimez les soutanes roses, les bassistes en string et un bon mosh pit efficace avec des slammeurs qui se grimpent les uns par-dessus les autres, on ne peut que vous conseiller l’expérience.

BUKOWSKI
Après une grosse averse qui a décalé le début du set (suffisamment grosse pour que même les plus téméraires ne restent pas dessous), les français de BUKOWSKI ont finalement pu prendre possession de la scène extérieure.
Après une année 2022 compliquée avec la perte d’un des membres, BUKOWSKI nous montrent qu’ils ont su retrouver le chemin de la scène pour nous présenter leur mélange de stoner et hard rock avec toujours autant de passion. Sans être hyper original, c’est efficace en live et ça fait revenir devant la scène ceux qui avaient battu en retraite à l’intérieur !
BLACK MIRRORS
Je l’avoue, je ne connaissais pas encore BLACK MIRRORS … et c’était clairement bien dommage. Avec ce set a commencé un enchaînement de 3 sets incontestablement dans les meilleurs du week-end (BLACK MIRRORS / LACRIMAS PROFUNDERE / BRUTUS).
Le stoner / grunge que nous proposent les belges emmené par une frontwoman particulièrement charismatique (Marcella Di Troia) est une véritable pépite. Difficile de résister à une telle vague d’énergie brute et les capacités vocales de cette dernière. C’est à la foi très carré, tout en étant naturel … un groupe qui vit pleinement sa musique et ne demande qu’à la partager. A voir de toute urgence si ce n’est pas encore fait !

LACRIMAS PROFUNDERE
Cela faisait bien longtemps que je n’avais pas vu LACRIMAS PROFUNDERE, un groupe que j’écoute depuis particulièrement longtemps (ok au moins depuis le lycée, ce qui est plus loin que je ne veux bien l’admettre) et je n’avais pas vu les allemands en live depuis quelques temps… en tout cas pas avec leur nouveau chanteur Julian Larre.
Le moins que l’on puisse dire, c’est que la composition actuelle du groupe marche particulièrement bien !! Alors que musicalement, on est loin du plus extrême / énervé du week end (on est sur du gothic metal), on a un chanteur inarrêtable qui maîtrise impeccablement ses différents types de chants et qui vient chanter collé à la barrière voire même dans le pit pour le plus grand bonheur des fans ! L’immersion dans la musique est totale et le set passe même trop vite.

BRUTUS
Retour à l’intérieur pour BRUTUS en début de soirée. Là encore je n’avais pas eu l’occasion de me pencher sur ce que faisait le trio avant, et pour être 100 % honnête, nous avons passé le trajet retour du lendemain à écouter leurs albums dans la voiture !
Le rock alternatif du trio est une décharge d’énergie et on ne peut qu’admirer Stefanie Mannaerts la chanteuse/batteuse qui réussi l’exercice difficile de conjuguer les deux ! Cette dernière a une voix particulière qui n’est pas sans rappeler celle de Dolores O’Riordan par moment. Côté public, ce dernier semblait conquis d’avance et l’est encore plus à la fin du set.
Encore un groupe à suivre absolument.

WOLVENNEST
WOLVENNEST c’est un savant mélange des genres : du black, du doom, du psychédélique… Très sombre, presque occulte et captivant, c’est ce à quoi vous devez vous attendre pour un des sets du groupe. Une chose est sûre, on aurait pu s’attendre à ce que le fait de jouer en plein jour soit un désavantage pour le groupe pour réussir à plonger les festivaliers dans leur ambiance (on peut se poser la question des bougies en décor en plein jour)… mais non, ils y arrivent sans problème pour un set tout en subtilité.

PARADISE LOST
C’est très logiquement qu’on passe de WOLVENNEST à PARADISE LOST pour continuer dans cette ambiance très sombre avec ceux qui sont considérés comme une des références dans le doom.
Difficile de dire qu’on « voit » PARADISE LOST en live dans la mesure où ces derniers sont vraiment nimbés de fumée et de lumière tout en contrejour mais, cette atmosphère se marie à merveille avec leurs compositions, plus lentes que celles de WOLVENNEST. Les britanniques nous livrent un set très dense et captivant devant une foule compacte et un hall qui semble afficher complet.
Une belle prestation pour leur deuxième passage au Durbuy !
BELPHEGOR
C’est dans la nuit que nous retournons une dernière fois sur la scène extérieure pour découvrir la scénographie de BELPHEGOR … des croix renversées, des crânes d’animaux … pas de doute, nous sommes partis pour la caution black metal du festival avec les autrichiens.
Le mélange de black et death metal de la formation est sans concession, à l’image de ses membres qu’on a tout simplement pas envie de contrarier (mais je m’égare). C’est brutal, agressif, intense, puissant … et on apprécie le corpse paint rouge caractéristique du chanteur (qui change des corpse paints habituels). En bref, encore un excellent show, sans concession, à la hauteur de ce qu’on pouvait attendre du groupe.

AMENRA
Ce sont les belges d’AMENRA qui ont le plaisir de clôturer cette 26 ème édition du Durbuy. Malgré l’heure qui commence à être tardive (0h05), si quelques uns partent se coucher, il y a encore une belle foule pour le dernier groupe. Les connaisseurs ne seront pas surpris : un projecteur dirigé sur la scène pour passer des images en noir et blanc synchronisées avec la musique du groupe, de la fumée, du doom / post metal lourd … C’est lourd, c’est envoutant et lancinant (et clairement ça passe ou ça casse en général côté public, notamment le chant parfois très crié de Colin Van Eeckhout).
Plus exceptionnel, ce dernier passera pas loin d’un tiers, voir un quart du show tourné vers le public (plutôt habitué à ne voir que son dos en live).
La musique d’AMENRA sonne dans ces circonstances comme un douloureux au revoir en fin de fest !

C’est ainsi que se clôture donc de manière magistrale cette nouvelle édition du DURBUY ROCK FESTIVAL. Une édition couronnée de succès avec il me semble plus de festivaliers que l’année précédente. Pour ma part (et celle de Stéphane à la photo), cette édition confirme notre avis sur le festival et nous serons très probablement de la partie l’année prochaine : la taille humaine, l’organisation et la qualité de la programmation (qui permet toujours de belles découvertes) en font un festival qu’on a plaisir à aller faire.
Si je peux me permettre un petit conseil … au vu des retours des festivaliers sur ce point, beaucoup préféreraient payer un ou deux euros de plus le billet d’entrée et ne pas avoir à se poser la question de prendre un « pass toilettes » !
Vous pouvez d’ores et déjà noter les dates pour l’édition 2024 : les 10 et 11 mai, toujours à Bomal-sur-Ourthe !
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