Ce soir, direction Saint Sulpice La Pointe, à 35 kilomètres de Toulouse environ où se tient le mini fest "Une Nuit en Enfer" qui existe depuis une douzaine d'années maintenant. Au programme, du métal extrême, black, death, et old school de préférence!
On ne se rend pas bien compte, mais qu'un tel événement puisse avoir lieu aujourd'hui tient de plus en plus du tour de force vu que les tournées sont aujourd'hui régies par de gros tourneurs. Contre toute attente, l'association Profusion arrive, chaque année (ou presque) à nous proposer une affiche de grande qualité. C'est encore le cas ce soir et il est heureux de voir un public nombreux, de tout âge, se presser devant la grande salle des fêtes de Saint-Sulpice! Place à la musique (ou plutôt à la Guerre)!
Nous commençons avec les Bordelais d'IRON FLESH que nous avions pu découvrir par chez nous il y a quelques mois à l'Usine à Musique. Ces gars là ont pu faire leurs armes dans des formations bien reconnues aujourd'hui (Julien, le frontman guitariste, a officié dans Otargos et le bassiste Seb dans The Great Old Ones). Là, pas de compromis, on remonte le temps et on se retrouve entre 15 et 20 ans en arrière où Cannibal Corpse et Morbid Angel étaient les rois. Le son est correct, sans être exceptionnel (nous ne sommes pas dans une salle neuve et équipée pour ce type d'événements et ce son un peu crasseux ne va pas déplaire à ce public de passionnés). Les compos tiennent la route mais je trouve qu'il manque encore cette petite dose de folie pour enflammer le public (quoique la reprise de Sépultura, "Troops of doom" a bien fait décoller la soirée!)

Et cette folie, c'est FALL OF SERAPHS qui va nous l'amener ce soir. Là, le rythme s'accélère et la salle s'enflamme enfin. Les pogos apparaissent. Il faut dire que le Thrash/Death de nos amis Poitevins déborde d'une énergie très communicative. Très peu de mid tempo au programme; là, c'est la violence primaire et hargneuse, seulement adoucie par quelques superbes solis, que l'on peut observer chez des formations comme Vader ou Suffocation. Franchement, moi qui ne connaissait absolument pas, on peut dire que ce fut une sacrée découverte, comme beaucoup de monde dans la salle d'ailleurs. Je pense qu'on réentendra parler de F.O.S dans les années à venir, d'autant plus que le groupe est encore très jeune (4 ans d'age).

RITUALIZATION n'est pas un inconnu pour ceux qui ont eu l'habitude de fréquenter ce festival. Ils étaient venus en 2011 où ils avaient fait forte impression. Alors évidemment, ce soir, le black métal n'est pas le style dominant de la soirée et il n'est pas sur que ça plaise à tout le monde. Mais, comme à chaque fois, c'est quand même la grosse claque. Leur black death est d'une violence et d'une noirceur incroyable. Et, bien sûr, tous les regards se tournent vers l'imposant frontman Warchangel qui semble de plus en plus habité par des forces démoniaques au fur et à mesure du set. A la fin, on ne voit plus que le blanc de ses yeux, tellement qu'il est en transes. Comme quoi il n' y a pas forcément besoin de corpsepaint ou de sang pour faire peur. Encore une fois la mission est remplie pour les Orléanais.

Est-il encore utile de présenter MERCYLESS? Peut-être car ce groupe de 31 ans d'age (et oui, même s'il y a eu un arrêt de 10 ans entre 2001 et 2011) n'a peut-être pas eu le succès d'un Loudblast. Comme ces derniers, et également Agressor, ils font partie de ces pionniers tricolores à avoir introduit le métal extrême dans notre pays. Est-ce que le groupe a été au niveau ce soir? Et bien, je dirais plutôt que la leçon a été donnée tout simplement. Tout ce qui se fait de mieux dans le style est résumé dans la petite heure de set ou plutôt de folie. Je peux vous dire que je me suis bien accroché à la barrière! Les riffs, les compos et l'ambiance, tout est parfait! Le groupe puise dans son répertoire de trente ans et on se rend compte que ce dernier était sacrément avant-gardiste à l'époque! Max Otero, le frontman, arbore un charisme incontournable et sa nouvelle formation démontre un professionnalisme certain. Bon nombre de jeunes formations d'aujourd'hui ont encore à apprendre quand on a assisté à un show de Mercyless!

En bref, encore une fois, "Une Nuit en Enfer" a été un succès. L'affluence de ce soir encouragera bien sûr l'association Profusion à remettre le couvert l'an prochain et, comme ils le disent chaque année, tout dépendra des opportunités et disponibilités. Croisons les doigts pour une nouvelle édition pour 2019!
Auteur: Etienne Prono
Photos: Stéphane Blain
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