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Live Report Festival ROAZHON RAGE, Rennes - 3 et 4 octobre 2025

«Un bel anniversaire pour les 30 ans fêté dignement !»
HELL HAINE
Journaliste
Punk Hardcore
03/10/2025
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Les 3 et 4 octobre, nous étions invités à un anniversaire : les 30 ans de la structure des Enragés, devenu Enragés Corporation. Créée par Séverine Delahaye et Nicolas Giraudet, l’association est née en 1995. Au fil des années, elle n’a cessé de se développer, pour 30 ans plus tard, regrouper différentes branches (booking, production, édition, merch, services aux groupes) et compter dans son roster plus de 200 groupes nationaux et internationaux. En voilà une belle histoire qui méritait bien un anniversaire digne de ce nom là où tout a commencé, à Rennes.

Rendez-vous donc au Liberté et l’Étage pour fêter cet évènement. Ils nous avaient concocté une affiche aux petits oignons. Petite ombre au tableau, Les 3 Fromages annuleront pour empêchement d’un de leur membre pour cause médicale (on verra les autres membres dans le public ou même sur scène malgré tout).

Vendredi 3 octobre – Warm Up
On s’échauffe donc le vendredi à l’Étage, salle plus intime que le Liberté avec des groupes qui vont vite faire monter la température.
On commence par OUTRAGE et leurs cuivres hyper festif. Et dès 19h10, on attaque un petit circle de pirate. Leur énergie est communicative et le public est déjà chaud patate. L’arrivée d’Irvin de Darcy sur ‘Carnage en stéréo’ ne fait pas descendre la température et là où Darcy passe, pogo il y a ! Malgré le cassage d’une corde de guitare, le rythme ne décélère pas et jusqu’au bout ils entraîneront le public joyeusement.

Irvin étant venu se chauffer les cordes vocales, c’est DARCY qui prend la suite. Le son au début du concert est un peu trop fort sur les basses mais cela se réglera assez rapidement. On reste dans l’énergie, l’engagement, et des morceaux fédérateurs (et du pogo bien sûr!). Ils jouent à domicile et ça se sent. Ils profitent à fond du temps imparti pour asseoir leur statut de groupe solide en live. Le seul problème c’est que 40 minutes ça passe vite, trop vite.

Petit changement de plateau, le temps de se désaltérer et papoter avec les potes, et place à DAGOBA. On change un peu d’ambiance avec les marseillais. Ils ne nous apportent pas du soleil, mais le son bien lourd qu’on leur connaît. Ils ne sont pas là pour rigoler. Ça headbangue sévère au son de leur metal groovy. On connaît leur tendance à bien faire bouger le public : on se rappelle ce fameux wall of death au Hellfest. Ici, la place manque, qu’à cela ne tienne c’est autour de la régie qu’ils embarquent l’audience dans un circle pit.
Simple de puissance et d’efficacité, ils auront encore tout ravagé. Avec pour clin d’oeil au Vélodrome la petite sortie sur ‘Jump’ de VanHalen.

Une petite pause s’impose car ce qui suit ne va pas nous reposer non plus. C’est au tour de BLACK BOMB A de venir sur scène. Est-ce que le public commence à fatiguer, mais Poun et Arno les chanteurs, vont devoir « provoquer » les gens sur ‘Civil War’ pour que ça parte enfin en vrille. Un petit set concentré d’une efficacité redoutable. Poun passe presque plus de temps sur la barrière ou dans le public que sur scène : déchainé ! Ils ont une belle discographie, mais se paient le luxe de la petite reprise, qui est maintenant un classique et qui est (malheureusement) tant d’actualité : ‘Bed are Burnings’ de Midnight Oil.
Un petit final sur ‘Mary’, avec une scène assez rigolote quand Arno passe son joint au public, un des gars de la sécu fait à moitié blasé, à moitié amusé « bah non les gars, et la loi Evin » : moment fun !
Un BLACK BOMB A comme on les aime.

Dernière pause avant le tonnerre des TAMBOURS DU BRONX. La scène est un peu petite et ils doivent se serrer pour que tout ce petit monde rentre. Vincent est seul chanteur de la soirée, il a la lourde tache de mener la troupe, là où d’habitude ils sont au moins 2. Il ne déméritera pas. Quant aux cogneurs, ils vont casser des bois à force de frapper sur leur bidon comme des barjots. Et l’effet est là : c’est puissant, tribal, percutant (bah oui pour des percussions… ), avec la batterie de Franky Constanza qui fait monter d’un cran la puissance déployée. On a pourtant l’impression de sentir un coup de mou dans le public, même si les clameurs nous font dire que tout le monde est bien vivant. Entre morceaux originaux et reprises qui font chanter le public, les Tambours du Bronx ont conclu la soirée d’une belle manière.

Samedi 4 octobre
Après une bonne nuit de sommeil et une balade culturelle dans Rennes, on rempile le samedi pour la grosse soirée. Pour la peine, cela se jouera au Liberté et à l’Etage.
Malgré la belle affiche de groupes émergents qui jouaient à l’Etage, je suis restée au Liberté car 1. J’étais pas trop mal placée, 2. je voulais voir tous les groupes, 3. une petite pause papote avec les potes entre chaque set c’était pas mal non plus, 4. tout le Liberté ne rentrait pas à l’Etage ^^

Et la soirée débute avec OPIUM DU PEUPLE. C’était pour eux la dernière date de la tournée avant l’entrée en studio. Donc ils étaient sur un show bien rodé et ça a fait son effet pour mettre l’ambiance. La bande à Slobodan a, comme à son habitude, embarqué le public avec ses reprises déjantés. Tous les ingrédients étaient là – à part Joey Délices absente - l’autodérision, les blagues autour de la Fistinière, l’énergie, les costumes, tous les classiques y passent et que les classiques. Certains fans espéraient entendre ‘La Boulette’, la reprise de Diam’s sortie peu de temps avant, mais il faudra attendre le prochain spectacle pour ça. Peut-être changeront-ils aussi le medley qui qu’ils disent en avoir marre de jouer mais que tout le monde reprend à tue-tête ! Bref, un concert d’Opium du Peuple sans grande surprise, mais la surprise est-elle vraiment nécessaire quand le spectacle est déjà total ?

C’est parti pour les techniciens plateau pour installer la scène du groupe suivant, pendant que nous on profite de ces quelques minutes tranquilles. Et rapidement arrivent les CELKILT.
Le groupe originaire de la région de la Praluline (les gourmands comprendront) n’ont pas leur pareil pour nous faire sautiller joyeusement. Il faut dire que leur musique celtique est plus qu’entraînante au son de la cornemuse et du violon. Ils savent aussi embarquer le public dans des chorégraphies folles (oui, 8 pas à gauche, 8 pas à droite, on se prend par le petit doigts, vous voyez le style), ces moments qui font qu’on vit le concert pleinement en partageant avec son voisin d’à coté, nous forçant à laisser nos appareils électroniques et qui donnent tout son sens au terme « spectacle vivant » ! Le groupe en kilt a une fois de plus fait le job et l’a bien fait.

Et hop, re-changement de plateau pour enchaîner sur CACHEMIRE. Le groupe nantais version 2025, c’est maintenant 4 hommes + 1 femme, Alice Animal, fraîchement arrivée en tant que guitariste. Nouveau membre, nouvelle image, exit le cuir noir, vive le blanc, les hommes en jupes, la femme en short. Cachemire surprend et essaie de casser les codes. Et sur scène, ils prennent de l’ampleur. Ils attaquent direct avec ‘Moi être roi’ qui chauffe le public direct. La suite est un enchaînement de morceaux les plus punchys les uns que les autres. Nous auront droit à la désormais classique reprise mais au combien belle de ‘La nuit je mens’ mais aussi un nouveau titre poignant ‘Adam’ qui figurera sur l’album qui sortira quelques jours plus tard. Mission accomplie pour Cachemire.

On monte d’un cran et la scène se transforme en plateau digne du festival de Cannes pour accueillir les foufous d’ULTRA VOMIT.
Le groupe arrive sur scène après l’écoute d’une bande son qui s’adresse directement aux clients pour leur rappeler qu’à un spectacle vivant il faut montrer de l’enthousiasme (et faire venir le groupe). Ce que le public ne manquera pas de montrer tout au long du set. Ils attaquent par ‘Evier Metal’ qui est repris jusqu’aux guitares par la foule. S’en suit une succession de morceaux aux thèmes aussi loufoques les uns que les autres, mais avec une base musicale solide. N’oublions pas de le dire : sous leurs airs de bouffons, il y a de vrais musiciens qui maîtrisent parfaitement leur art. En revanche, les jeux de mots de Manard… (ça va, je rigole ^^)
Souvent les artistes s’inspirent de leur expérience pour écrire des morceaux poignants. Et c’est suite à une opération que Fetus a pondu la merveilleuse ‘Miction : Impossible (Sonde de B!te)’, encore de la poésie à l’état pur. Le concert sera ponctué de guests comme Andréas incarnant le dieu Canard dans son habit luminescent, Niko de Tagada Jones pour ‘Un chien géant’ ou encore Léa sur ‘Dead Robot Zombie Cop From Outer Space II’.
Ce concert sera, comme à l’accoutumé, un moment de bonne humeur, de gros son, de l’humour : les ingrédients pour passer un bon moment.

Et pour terminer, ceux pour qui et par qui les Enragés ont débuté : TAGADA JONES.
Ils arrivent sur scène accompagnés de performers qui reviendront régulièrement « illustrer » les morceaux. La recette est toujours la même. On retrouve une setlist « 2025 » avec un bon mix entre les derniers morceaux (qui commencent à dater de 2020) comme ‘Le dernier baril’ qui ouvre le concert, ‘Nous avons la rage’, ‘Tu ne voulais pas’ ou le single plus récent ‘Le poignard’ et des plus anciens comme ‘Nation to Nation’, ‘Cargo’ ou encore ‘Combien de temps encore’ qui avaient été revisités dans le Best of sorti en 2024. Et cette recette est d’une efficacité implacable, ça met direct le feu dans la fosse. Ça pogote à tout va. Ca chante à plein poumon. Mais aussi, « on n’oublie pas » : ‘Vendredi 13’ est toujours un moment d’émotion et notamment à l’approche du 10e anniversaire des attentats du 13 novembre 2015.
C’est l’anniversaire des Enragés mais aussi hasard du calendrier, celui de Job le batteur du groupe. Le public lui fête ça dignement.
Et comme depuis 2014, le concert se conclut sur un hommage à Schultz, Roland et Sven avec la reprise de ‘Cayenne’. Morceau sur lequel Job viendra jouer avec le public en le faisait se mettre à accroupi pendant que Willy des 3 Fromages prendra la batterie question de garder le rythme.
A la fin du concert qui marque aussi la fin de la soirée, ils font venir sur scène tous les groupes de la soirée et les membres de l’orga alors qu’est diffusé ‘Porcherie 2024’ et que tout le monde scande dans un joyeux bordel.

Voilà un bel anniversaire qui s’achève. L’orga et les groupes nous auront régalé pendant 2 soirées. Pour beaucoup c’était à la fois un festival mais aussi l’occasion de partager un week-end festif entre amis, un peu comme l’histoire des Enragés, une histoire de potes et de passion.
On ne peut que souhaiter à cette joyeuse bande d’être là dans 10 ans et qu’on se retrouve tous pour fêter leur 40 ans !