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Hellfest 2025, mon live report de la 2eme journée @HellHaine

«Vendredi festif»
HELL HAINE
Journaliste
20/06/2025
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Et c’est parti pour le 2e jour en enfer qui va se révéler en être un vrai de part la chaleur qui nous attend.
Découragée hier par la queue au Sanctuary, j’avais laissé tomber au bout de 10min sans bouger et je retente donc ma chance ce matin dès l’ouverture avec une petite quarantaine de minutes, ce qui me permet même d’aller voir Sun au passage sur la Mainstage. Karoline Rose réveille la foule dès 10h30 mais je n’attends pas la fin pour aller me poster à la Warzone pour Béton Armé .

Béton Armé est un groupe de Oï québécois. Le chanteur n’a pas trop la gueule de l’emploi avec sa chemise et ses baskets assorties au pantalon et pourtant il fera très bien le job ! Tout y sera : c’est direct, sans chichi, avec des messages abrasifs qui vont bien, des riff nerveux. C’est un peu nawak surtout quand pris d’un enthousiasme certain, le chanteur saute sur les enceintes devant la scène pour finir sa chanson. Celle-ci terminée, il se retourne pour monter, mais voilà, c’est plus loin que ce qu’il n’y paraît, et il semble vivre ce qu’on peut appeler un moment de solitude. Il enchaîne donc perché sur son promontoire de fortune avant de descendre complètement dans le crash pit. Il viendra chanter sur les barrières et slamer avant de se reposer la question : comment remonter ?
Il se retourne vers son groupe pour leur dire avec son joli accent québécois : je ne sais pas comment remonter (barre de rire). Il arrivera finalement à trouver un petit chemin pour rejoindre le groupe sur scène. Bref ce petit moment épique montre que le live c’est ça. Des moments inattendus qui rendent les concerts uniques. Si ce moment m’a marqué par sa loufoquerie, je retiendrai surtout un groupe efficace sur scène presque l’air de rien et un petit goût d’y reviens y.


Trois pas sur le côté et je me poste assez loin parce que j’attends les potes pour l’apéro à l’eau à bulles (quoi, je vous ai dit qu’il faisait ultra chaud!) et je regarde les new-yorkais de Castle Rat .
Castle Rat fait du doom un peu heavy en costume medieval. Dit comme ça, soit ça fait rire, soit on ne comprend pas bien. Et bien, c’est un peu les deux. Ils jouent à fond le spectacle, tant et si bien que j’attendais que les chevaliers de la Table Ronde débarquent à un moment. Sortez épées et armures, preux chevaliers et combattez ! Côté musique, On navigue dans un doom lourd parfois un peu plus psyché mais qui avec les images nous fait réellement voyager dans des contrées anciennes. Un bon moment dépaysant.

Re trois pas en arrière pour se remettre sur la Warzone pour Mike McColgan and the Bomb Squad .
Le chanteur à la tête de Bomb Squad ne semble pas fatigué de sa prestation de la veille avec une partie des même musiciens. Les fans des Dropkick Murphys seront ravis puisque le groupe nous balancera la quasi intégralité de « Do or Die » premier albums des Dropkick, époque de Mike. Tous les ingrédients sont là pour un moment hyper festif ! La fosse n’aura de cesse de s’agiter et de reprendre en choeur les morceaux. Mike lui, viendra au contact du public avec le plus grand des plaisirs. Malgré la chaleur abrutissante, la fosse sera chaude bouillante et le groupe saura envoyer la sauce pour achever ce petit monde. Concert réussi !

J’ai beau être du sud, la chaleur n’est pas mon amie et je me réfugie sous un arbre question de récupérer un peu de fraîcheur, j’écoute donc Dirty Sound Magnet à la Valley avant de retourner à la Warzone, encore, pour Frustration !

Frustration est un groupe francilien de post punk dont le son se revendique du courant punk/cold wave anglais. Nostalgiques de Joy Division, vous devriez retrouver vos marques. Et comme ce qui représente ce courant : c’est froid (tant mieux par cette chaleur) et dansant. Le chanteur semble rester de marbre mais sait nous faire passer des messages et quelques politesses notamment à l’encontre de Bolloré. Bref, derrière une apparence froide tel que le veut le style, on y trouve un groupe communicatif sachant faire remuer une foule en plein cagnard. Les morceaux s’enchaînent, l’ambiance est bonne enfant. Le chanteur rendra un hommage à Carl Jahier, chanteur de Komitern Sect, décédé un mois auparavant. Durant ce concert, les brumisateurs géants sauveront ma peau ! Et cela ne sera pas la dernière fois.

On prend les mêmes et on recommence : je retourne sous mon arbre ou des amis m’avaient gardé une petite place pour redescendre en température au son de Sandrider à la Valley. Et je dois bien avouer que ce que j’ai entendu, m’a encouragé à creuser. Je pense que j’irai les voir s’ils repassent par chez nous et sous des températures plus clémentes.

Alors que je prends mon courage à deux mains pour affronter à nouveau le soleil, je croise les Locomuerte (ils sont partout!) qui faisaient un petit rassemblement avec la B91 (la street team) pour une photo de famille sous la statue de Lemmy. Le temps d’une petite papote, le devoir m’appelle et je descends dans la fosse aux lions pour Lion's Law (ah ah!!ce n’était même pas prémédité... désolée). Je m’approche du front row mais au bout de 4 morceaux, je repars sous les brumisateurs pour finir le concert.
Lion’s Law a fait ce qu’il savait le mieux faire : lâcher des mandales à la pelle. Même s’ils ont avoué en avoir chié à cause de la chaleur, ils ont donné du fil à retordre aux Challengers en nous énervant bien la fosse. Ils délivrent un set solide avec les morceaux qui font mouche : Lafayette, Fidèle, For My Clan, Zonard… les classiques sont là mais ils font aussi la part belle au nouvel album sorti en début d’année avec Lonely Road, The World is On Fire, Sewer Rats, Crucified, Ouverture, Paris, The Code. Le set va à toute vitesse.
Comme Frustration, ils rendront hommage à Carl de Komintern Sect avec son portait affiché sur les écrans géant le temps de ‘Brother’ qu’ils lui dédicaceront. Résultat : ils auront une fois de plus retourné la Warzone dans des conditions extrêmes


Il est l’heure de ma pause syndicale : retour au logement / douche / rafraîchissement avec de revenir sur le site pour The Real McKenzies.
Si on vous demande, c’est quoi la définition du Punk Celtique, vous pouvez répondre : The Real McKenzies. Tout y est : les kilts, la cornemuse, l’énergie communicative. Seul non-cliché de la liste : ils sont canadiens. Cela n’enlève rien au talent des lascars sur scène.
Ils vont dérouler 14 morceaux en 45min. Autant vous dire, que ça ne rigole pas. On regrettera juste un peu le côté statique du groupe et notamment le chanteur qui reste derrière le pied de son micro. Mais cela ne semble pas entamer l’enthousiasme du public qui bougera lui sans cesse. Un chouette moment feelgood.

Profitant d’une copine newbie, on part vers l’Extreme Market question de lui faire découvrir un peu plus le site et nous nous arrêtons devant DeathAwaits à la Hellstage que j’aurai le plaisir d’interviewer le lendemain. Vous pouvez retrouver l'interview ici : Interview Deathawaits

On repasse la Cathédrale pour un des concerts fun du festival à Temple, j’ai nommé : Trollfest !
Les puristes ne sont pas friands des concerts fun, qu’à cela ne tienne, il y avait suffisamment de monde sous Temple pour que la fête soit totale.
On sait la musique des norgéviens complètement barrée, à leur image. On a eu ce que l’on attendait. Ils avaient level up leurs costumes de flamands rose, malgré la chaleur à crever surtout sous les tentes. C’est festif, exubérant, l’objectif du groupe étant indéniablement de nous faire passer un bon moment. Si nous ne sommes pas dans la crème du metal niveau musical et technique, force est de constater que les morceaux sont entraînants et efficaces tout ça orchestré par Trollmannen, le chanteur qui fait faire ce qu’il veut au public jusqu’à la fameuse chenille, menée par Lodd Bolt le bassiste qui passera par Altar, puis les bars devant les tentes (moment où ce dernier n’entendait plus ses retours) avant de revenir sous les tentes.
L’histoire ne dit pas si le record de la chenille de 2019 a été battu, mais ce qui est sûr c’est que Trollfest nous a encore embarqué dans son monde un peu barré et nous étions tous consentants !


Ce moment de joie et d’allégresse terminé, je me dirige vers la Mainstage 2 pour Within Temptation. Avec la bande à Sharon c’est le gage d’un set de qualité. Certains diront que c’est ultra calibré, très – trop – propre. Oui certainement. Et c’est ce qui fait leur musique : c’est qualitatif. Les années en semblent pas avoir d’emprise sur la voix de la chanteuse. Le groupe semble toujours s’éclater sur scène et nous on se plaît à chanter à tue-tête les morceaux qui restent en tête. Bénéficiant en plus d’une belle scéno, le concert, même s’il fût sans surprise, était encore un beau moment.

Alors que mon idée était d’aller voir The Damned, « on » (que je ne nommerai pas ici, je vais avoir des problèmes^^) me retient pour regarder Muse. Je ne rentrerai dans le débat, est-ce que Muse avait sa place ou pas. Simplement, je les avais vu il y une quinzaine d’année, voire plus et je n’avais pas été convaincue par la prestation, alors qu’il y a des morceaux que j’aime beaucoup. Comme je n’ai pas de tendances masochistes, je ne tenais pas à réitérer l’expérience, mais j’ai été faible et j’ai subi les deux premières morceaux avec un son pourri avant de pouvoir m’échapper pour aller voir Hermano (dont mon collègue Fred en parlera mieux que moi : )

La journée se terminera avec In Extremo qui fait partie des traditions. C’est le groupe qui m’a fait venir au Hellfest en 2012 (avec quelques autres) et c’est ce groupe qui m’a fait faire d’autres premières fois de festival. In Extremo, c’est mon Noël de festival à moi, le groupe que je retrouve toujours avec grand plaisir. Et cette fois-ci encore !
Pourquoi changer une formule qui marche : les morceaux fédérateurs étaient là – comment pourraient il supprimer Vollmond ou Frei Zu Sein de la liste. Le mariage du metal et de leur instrument d’une autre époque fonctionne à merveille – il suffisait de regarder la fosse sautiller et danser. Le chanteur un peu plus bavard qu’à l’accoutumée me semble-t-il nous racontait son bonheur d’être là et faisait un peu de provoc en allumant une clope sur scène en disant que bon, ils avaient le droit, ils venaient d’Allemagne de l’Est.
Mais en plus, il y avait des bulles, des confettis, des serpentins, de la pyro. Vous me direz, ça ne fait pas tout, mais avec une setlist quasi parfaite : que demande le peuple ?
Ils ont eu le bon goût de terminer par ‘Pikse Palve’ qui a le don de mettre le feu au pit tellement c’est entraînant.
Merci, bonsoir !


Mes tops :
- In Extremo
- Trollfest (pour la chenille autour des bars accrochée au bassiste)
- Beton Armé

Mes flops :
- Ma séquestration durant les 2 premiers morceaux de Muse (en vrai, on a bien rigolé, mais l’ingé son est toujours recherché)
- Chaaaaaaaaaauuud !!!! personne n’y peut rien, mais cela m’a fait perdre en énergie et donc en concerts

Retrouvez le live report de mon J3 ici