DEAD POET SOCIETY, l'interview promo de l'album ''Monarc''
CARMZIOFA Rédacteur en Chef
Rock Alternatif
12/10/2026
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Nous avons rencontré Jack Underkofler, leader, chanteur et guitariste du groupe Dead Poet Society qui nous parle du nouvel album ''Monarch'' paru le 25 septembre 2026 via Spinefarm Records. Découvrez aussi la chronique complète de l'album ICI.
United Rock Nations
Tu as dit vouloir tailler votre propre territoire avec ''Monarch''. Après trois albums, c'est quoi, ce territoire ? Qu'est-ce qui distingue Dead Poet Society de tous les autres groupes de rock alternatif ?
Jack
Je crois qu'il y a un son qu'on a découvert très tôt, presque aux débuts du groupe, avec quelque chose d'étrange, d'inquiétant. C'était maléfique, ça donnait un sentiment de danger, mais sans jamais l'afficher. Et cette sensation-là a parlé à tout le monde dans le groupe. On l'a toujours poursuivie, parce qu'on se disait : on ne ressent vraiment ça nulle part ailleurs quand on écoute de la musique. Mais je ne crois pas qu'on se soit jamais dit : quoi que soit cette chose, allons-y à fond. Avec cet album, on l'a identifiée, et on s'est posé la question : est-ce qu'on fait une déclaration ? Est-ce qu'on va enfin créer quelque chose qui ne soit défini que par nous, est-ce qu'on va vraiment viser ça ? Ou est-ce qu'on continue simplement à faire des chansons ? Et on s'est dit : non, faisons quelque chose dont on pourra être super fiers en le regardant plus tard.
United Rock Nations
Tu as dit aussi vouloir aller plus loin dans la sensation qui fait de Dead Poet Society ce qu'il est. Tu peux mettre des mots dessus ?
Jack
Oui. C'est une noirceur étrange. Je crois que c'est vraiment ça qui nous pousse. Parce qu'il y a toujours une sous-couche discrète de colère et de danger dans ce son qu'on aime, celui avec lequel on écrit. Rien ne semble aller de travers, et pourtant si.
United Rock Nations
Un monarque, c'est un roi ou une reine, mais c'est aussi un papillon qui change de forme. Lequel des deux sens est le plus proche de l'album ?
Jack
Je ne sais pas. Je crois que ça dépend de la façon dont on le regarde. Ce sont Will et Dylan qui ont trouvé le nom, donc ce sont eux qui auraient probablement la meilleure réponse.
United Rock Nations
Pour cet album, vous avez travaillé avec Paul Meany, du groupe Mutemath. Qu'est-ce qu'il a apporté que vous ne pouviez pas trouver seuls ?
Jack
Paul est exceptionnellement doué pour écouter ce que ton groupe est censé être, et pour sculpter les derniers détails de façon que ce son ressorte vraiment à l'enregistrement. La combinaison des deux nous a beaucoup apporté, parce qu'on sentait qu'on avait besoin de quelqu'un qui nous aide à définir ce qu'on est, et qui n'essaie pas de faire de nous autre chose.
United Rock Nations
Est-ce qu'il y a eu un moment où il vous a poussés dans vos retranchements ?
Jack
Oui, il y a eu beaucoup de moments inconfortables qu'on a dû affronter ensemble, parce que c'est quelqu'un de très réfléchi, qui parle bien et qui est honnête. Et son travail consiste justement à être le plus honnête possible quand il te parle de ton art : à te dire ce qu'il entend, ce qu'il trouve réussi et ce qui ne l'est pas. Ça a donné des conversations difficiles. Mais heureusement, tout le monde veut le meilleur pour la musique. Donc ça finit toujours par se régler.
United Rock Nations
Vous avez enregistré une partie de l'album dans un studio qui s'appelle The Park. Et il y a aussi un morceau intitulé 'The Park' sur le disque. Coïncidence, ou le lieu lui-même est-il devenu partie de l'histoire ?
Jack
Le lieu en est devenu partie intégrante. The Park, c'est le studio de Jack, donc oui, il y a un lien entre les deux. Et c'est surtout l'endroit où on a enregistré nos trois derniers albums. Il a donc une grande valeur sentimentale pour nous.
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Parlons de la pochette. On y voit une jeune fille entourée de téléphones, et vous avez créé The House, un monde interactif pour les fans. Quelle histoire racontez-vous avec cette image, et pourquoi vouliez-vous que les fans explorent, et pas seulement qu'ils écoutent ?
Jack
Je crois que c'est plutôt aux gens de l'interpréter eux-mêmes. Je n'aime pas entrer dans le sens exact de ce qu'on crée. Pourquoi est-ce qu'on surprendrait quelqu'un avec quelque chose, en lui demandant ce que ça lui fait, pour ensuite lui dire ce qu'il devrait ressentir ? Ce n'est pas ma façon de fonctionner. Donc je n'explique pas les significations exactes. Mais il y a dans cette pochette un sentiment de solitude et de désinvolture qui colle vraiment aux chansons.
United Rock Nations
Parlons de quelques morceaux. Des titres comme 'Sinner Systems', 'Psalm 136' ou 'The Art of Suffering' utilisent un vocabulaire religieux et moral. Quel est ton rapport, aujourd'hui, à la foi, à la culpabilité et au péché ?
Jack
Je crois que notre musique dit assez ouvertement quel est mon rapport à la foi. Mais il me semblait important d'en parler sur cet album. La foi en général, en tant que concept, c'est quelque chose de bien : ça aide à surmonter des choses, à atteindre des objectifs, à grandir. Tout dépend d'où tu la places. Mais dans un sens religieux, je trouve ça destructeur. Je crois que ça fabrique des suiveurs sans force.
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C'est quelque chose de personnel, ou une manière de parler de la société ?
Jack
Non, je ne parle pas vraiment de la société. La société n'est pas quelque chose qui m'inspire. Je crois qu'elle est faite d'individus, chacun avec sa propre expérience, et c'est l'ensemble de ces expériences, et l'accord tacite sur un ensemble de règles, qui forme ce qu'on appelle la société. Donc on ne peut pas vraiment parler depuis le point de vue de la société : c'est trop individuel, et ça finit par sonner impersonnel et nunuche. Il faut parler d'où tu es, et les gens qui ressentent la même chose que toi s'y reconnaîtront.
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Vous avez commencé à Boston, vous vivez maintenant à Los Angeles, et vous avez un morceau qui s'appelle 'Hollywood on Fire'. En quoi ce déménagement a-t-il influencé ''Monarch'' ?
Jack
Ce n'est pas aussi littéral que ça. Je ne crois pas que partir à Los Angeles ait eu un effet sur notre son. Pour cette chanson, l'inspiration était ailleurs — pas dans le sens, mais dans le son. Une des musiques les plus créatives que j'aie jamais entendues, c'est 'This Is America' de Childish Gambino, sur le plan instrumental. Ce morceau prend de la moutarde et des donuts glacés, et il arrive à les faire tenir ensemble. Alors un jour on s'est assis et on s'est dit : et si on trouvait comment faire ça ? J'avais envie d'essayer de prendre deux choses qui ne vont pas ensemble et de les faire fonctionner. C'était notre tentative. Rien n'égalera jamais 'This Is America', qui est unique en son genre. Mais c'était notre façon à nous de prendre deux éléments, de les fracasser l'un contre l'autre et d'en faire quelque chose.
United Rock Nations
Parlons de la tournée. Vous allez jouer dans de grandes salles au Royaume-Uni et en Europe, de janvier à mars. Quels sont vos projets, et à quoi peut-on s'attendre ?
Jack
Les concerts avec Muse, eux, sont en novembre et décembre. Ceux-là vont être dingues. C'est Muse, quoi ! C'est du rêve de gosse. Le fait qu'on ouvre pour eux me retourne la tête et me donne la nausée en même temps. Mais ça va être génial. Et puis janvier arrive, et nos propres concerts en tête d'affiche vont être énormes. Vraiment énormes.
United Rock Nations
Vous serez aussi en France. Votre public français vous suit fidèlement depuis ''Fission''. Qu'est-ce que le public européen vous donne, que le public américain ne vous donne pas ?
Jack
Le public américain est très ouvert à des musiques différentes, mais les gens qui organisent tout, eux, le sont moins : ils aiment garder les choses bien cloisonnées. En Europe, cette ouverture et cette diversité musicale sont partagées par tout le monde, de l'auditeur jusqu'au programmateur et aux organisateurs. Ça crée une forme d'acceptation vraiment formidable, on laisse la rivière couler là où elle veut. C'est ce que j'aime beaucoup quand on joue en Europe.