Salut Irvin, comment se passe la tournée depuis la sortie l’album ?
Nous sommes super contents. Depuis le début de Darcy, c’est la plus grosse tournée qu’on est mise en place et c’est à Rage Tour, que l’on doit ce travail. Nous n’avons jamais joué autant, et c’est la première fois que nous allons jouer dans autant de territoire (Québec, Suisse, France, Belgique). Nous avons aussi beaucoup d’autres dates à annoncer dans les mois, à venir. Nous partons au Québec en octobre, pour faire une mini tourné de 4/5 dates et nous sommes impatients d’y être car la culture punk/rock y est très présente.
Du coup, je rebondis là-dessus, y’a-t-il un autre pays où vous aimeriez vous produire ?
Honnêtement mon premier rêve, c’était le Québec. Mais, on m’a beaucoup parlé de l’Espagne et de l’Allemagne, comme pays, très accès sur le punk. Ça pourrait peut-être se faire en 2024, croisons les doigts.
L’actualité doit beaucoup vous inspirer en ce moment ?
Darcy est très fédérateur et nos textes font écho à l’actualité et au contexte socio-économique.Effectivement, dans le style que nous faisons, ça alimente beaucoup mon inspiration pour les textes. Même si la situation est grave, car tout le monde souffre de ce contexte difficile, et de la misère sociale, qui est entrain de grimper. Nous avons l’impression, que le gouvernement fait tout pour que Darcy est de quoi chanter et crier, encore 15 albums, même si je préférerai que ça soit autrement. Nous sommes quand même, ravis de voir que le peuple se mobilise dans la rue, et on voit même des manifestants reprendrent la chanson ‘la solution’ dans les manifestations.
‘‘Machines de guerre’’ est sorti, il y a une petite année, quel a été l’accueil du public sur cet album ?
Pour être très honnête avec toi, c’est vraiment le paradis. Nous ne nous attendions pas à autant de bons retours, de compliments et de ferveur autour de ce disque. Il va au-delà du premier album du ‘‘Tigre’’, au niveau mélodique, qui pour le coup était un peu plus binaire, et monocorde. Tandis que ce deuxième opus, part un peu dans tous les sens et j’ai l’impression qu’il parle à plusieurs générations. On voit un public de plus en plus jeune, donc effectivement nous sommes ravis de l’accueil qui lui a été réservé.
Dès le visuel, la pochette avec ce soldat donne le ton d’ensemble du disque. Qui l’a réalisée ?
La pochette a été réalisée par Bernard, qui était le premier bassiste de Darcy sur l’album « Tigre », et qui a laissé la place maintenant à Marco au sein du groupe. Il nous avait expliqué à l’époque vouloir continuer à s’occuper des visuels du groupe, même s’ il ne jouait plus dedans. Il nous a suggéré de rester sur une image frontale, mais je ne souhaitais pas rester dans la sphère animalière. Nous avons réfléchi et avons opté pour ce soldat introverti, quand tu regardes la pochette, tu es avec lui sous la pluie, dans la boue… c’est un moment presque intime. Le titre de l’album comme la pochette, ne font pas référence à une guerre en particulier, ça fait plutôt référence à la guerre au sens large, tu vois. La guerre économique, financière et sociale, écologique, sanitaire etc… Nous voulions que tout le monde s’approprie ce disque !
Petit retour en arrière... Peux-tu me parler de la genèse de cet album ?
C’est clairement un album fait pendant le confinement lié au Covid. Vincent, le guitariste, avait déjà quelques démos de son côté. Le premier avait été écrit avec Clément le batteur et moi-même, ce deuxième album a été écrit par Vincent et moi, pendant le confinement. Il nous a envoyé ses maquettes et chacun de notre côté, nous avons travaillé avec des logiciels sur nos ordinateurs. Une fois par semaine, nous nous retrouvions tous les quatre pour faire des répétitions et travailler ensemble, ce disque est un bébé confinement.
Il y a plusieurs featuring sur ce disque « Viens chercher pogo » avec Kemar des No One is Innocent, « L’étincelle au brasier » avec Niko des Tagada Jones et « Notre hymne » avec Merzhin… d’où sont parties ses collaborations ?
Je trouve que dans le rock, il n’y a pas assez de featuring. Dans le rap et les musiques urbaines, ils font peut-être cinq ou six duos par album. Je pense que c’est dommage que dans le rock, il n’y ait pas plus de collaborations. Nous tournons tout le temps avec les mêmes groupes et les mêmes copains, les amitiés sur les tournées se créent, donc pourquoi ne pas prolonger ça en enregistrant ensemble ? Je voulais au moins trois duos sur le disque. On a choisi Kemar de No One, car c’est un groupe qui nous soutient depuis nos débuts. Pierre Merzhin et Darcy, nous sommes devenus de très bons amis. Les Tagada nous donnent de la force depuis un moment, je tenais à ce que nous ayons Niko avec nous. Nous sommes d’ailleurs déjà en train de réfléchir à d’autres featurings.
Donc si vous tournez ensemble, alors nous aurons la chance d’avoir ces duos sur scène ?
Tout à fait ! L’idée c’est de les travailler ensemble, et si nous partageons des festivals, on les invitera sur la scène avec nous évidemment ! Partager, c’est super important ! Nous avons pu tester sur scène « L’étincelle au brasier », avec Niko au Trianon en décembre dernier avec les bidons de l’enfer et c’était vraiment top !
Vous avez sorti le clip « Rediaboliser », qui affiche clairement un message politique, pour soulever les consciences… mais quelle est votre vision à vous les Darcy, d’un gouvernement idéal ?
En tant que chanteur de Darcy c’est difficile de parler au nom de tout le groupe, parce que nous n’avons pas forcément tous les mêmes positions. C’est une question lourde de sens, qui demande vraiment réflexion. Mais je pense que nous aurions besoin d’un gouvernement bien plus à l’écoute de son peuple, beaucoup plus à l’écoute du vote démocratique. D’ailleurs le vote démocratique existe-t-il encore quand 50% de la population se désintéresse du sujet ? Il y a un véritable problème ! Un peuple qui ne vote pas est un peuple qui considère que rien ne va changer malgré son vote, ou un peuple qui vote massivement pour de l’extrême droite, est un peuple qui vote surtout contre un gouvernement déjà en place. Conclusion, tant que le gouvernement ne sera pas à l’écoute de son peuple, on restera dans la mouise.
Comment avez-vous réagi à votre programmation dans le quart Sud-Est ?
C’est vrai que nous sommes peu programmés dans cette région de France. Nous avions joué à Draguignan au Bucéphale, il y a 5 ans maintenant et au festival Rocktambule également en 2017. C’est un vrai régal de revenir dans cette région, après tout ce temps. A chaque fois, l’accueil du public est fou, donc c’est un plaisir de jouer en région PACA.
Avez-vous eu le temps de vous pencher sur la composition du futur album ?
Oui, nous sommes en plein dedans pour tout te dire. Nous sommes mêmes sur la fin de la composition du nouvel album et nous testons même les nouveaux titres sur scène. Nous avons bien avancé, et il sortira en 2024.
Vous êtes un groupe totalement abordable pour votre public. Vous êtes sincères et francs. Quelle est votre vision des gens avec qui vous partagez ça ?
Lors des live, clairement, nous, on y va pour aller rencontrer les gens, partager, échanger à la fin des concerts aussi. Nous sommes toujours très heureux d’arriver dans une salle ou dans un festival. D’être accueillis par la régie, les bénévoles ou le staff. Voir des gens après avoir roulé, 5/6 heures dans un camion, avec des sourires comme ça, découvrir de nouveaux lieux, échanger, partager un repas avec eux et faire des afters aussi. Quand nous voyons le public qui se déplace, nous sommes tellement heureux. Tout ça c’est la raison d’être de Darcy ! Nous avons cette chance de pouvoir créer un vrai lien ! C’est complètement normal d’être accessible, car on se déplace uniquement pour ça, pour eux ! Nous avons des témoignages hyper touchants (des familles qui nous renvoient les photos prises au merchandising avec leurs enfants), ça ne va pas que dans un sens, le public nous rend cette énergie. En débriefing avec tout le groupe, on parle de nos rencontres, de nos échanges, car c’est cela qui nous fait vibrer.
En concert le 11/05 à l’Usine- Istres (13) et le 12/05 au Monster’s art- Fréjus(83)