Après douze ans d'existence, le groupe belge Diablo Blvd en est à son quatrième album avec « Zero Hour ». S'ils revendiquent des influences aussi diverses que Type O Negative, Metallica ou encore Sisters Of Mercy, le groupe s'est peu à peu créé sa propre identité, bien que toujours voilée de mystère grâce aux sonorités lourdes et sombres de leurs morceaux. Ce nouvel album est l'occasion rêvée de se jeter à corps perdu dans cet univers unique et très caractéristique !
On débute sans tarder avec « Animal » : des guitares aériennes, une batterie de plus en plus présente et enfin une explosion de brutalité avec l'arrivée de la basse et le durcissement de la mélodie. La voix très robotique vient planer au-dessus de ce tableau délicieusement chaotique. « Sing From The Gallows » propose une atmosphère très différente, bien plus oppressante et angoissante. Les guitares d'Andries Beckers et Tim Bekaert sont plus lourdes et discrètes mais la rythmique est très entraînante et presque sensuelle.
Le titre « Life Amounts To Nothing » est l'occasion de profiter davantage des possibilités de la voix du chanteur, parfois soutenu par des choeurs. « God In The Machine » débute sur une batterie, lancée à toute vitesse, qui sera placée au centre du morceau avec des passages aux guitares très énergiques. Avec « You Are All You Love », on découvre un morceau plus calme basé sur le duo chant-batterie. La basse et les guitares se joignent à l'ensemble sans rien perturber de l'atmosphère lente qui s'est créée.
Sur « The Song Is Over », le même mode de composition est repris avec un jeu très mécanique à la batterie et la voix d'Alex Agnew avant que les guitares et la basse n'interviennent pour des passages plus agressifs. « 00 00 » se présente d'emblée comme la ballade une peu sombre de l'album. Des violoncelles remplacent la voix, totalement absente de ce morceau, sur une ligne de batterie simple et minimaliste ; l'idée est excellente et s'intègre très bien dans « Zero Hour ». « Like Rats » constitue une transition assez réussie pour sortir de l'engourdissement dans lequel « 00 00 » nous plonge.
La chanson « Demonize » est d'une puissance inouïe et celle-ci repose sur la rythmique hypnotique que Diablo Blvd arrive à instaurer sans jamais abandonner la lourdeur du titre. Ses sept minutes sont une vraie transe qui vous happe en quelques secondes. « The Future Will Do What It's Told » est dans la même veine très planante et aérienne du groupe. L'album s'achève sur le puissant « Summer Has Gone » et les premières morsures du froid se font ressentir à travers la musique et le ton du morceau. Mais il reste très énergique et plein de vie !
La plongée dans l'univers de Diablo Blvd qui nous est permise grâce à « Zero Hour » se révèle être d'une grande intensité et d'une grande douceur, ce qui n'enlève rien à la puissance des morceaux. A la limite de l'inconscient, l'album nous entraîne dans des paysages aussi multiples que riches mais où l'ennui n'a aucune place. On se délecte de cette nouvelle création du groupe comme on le ferait d'un spiritueux en cherchant à s'enivrer. Contrôle et évanescence sont les maîtres-mots de cet album qui s'impose déjà comme une réussite.