Depuis la sortie de leur premier effort (auto-produit) Starshine paru en 2013, les choses se sont plutôt bien passées pour Ron Moor : Plébiscites radios dans l'hexagone et plus d'une cinquantaine de concerts assurés dans le Grand Ouest de la France en mois de deux ans.
Fort de ces reconnaissances, et malgré quelques remaniements de line-up, le désormais trio - Romain Chevillon alias Ron Moor (tête pensante, compositions, vocaux, guitares, clavier) accompagné du batteur Jérémy De Wasser et du bassiste Guillaume (à priori parti depuis) – nous livre leur seconde offrande baptisée Youth. Selon eux, ce nouvel opus se devait d'être « un virage musical dans leur parcours artistique, tout en gardant ce qui est l'essence du combo : des mélodies accrocheuses, une rythmique efficace et un goût pour le rock US affirmé ».
Les larges influences du chanteur vendéen (Garbage, The Killers, Muse, Thirty Seconds To Mars, Linkin Park, …) transpirent tout au long de ces dix titres (douze si on compte les deux très courtes intro/outro instrumentales qui n'apportent pas grand-chose). Pourtant, ces références multiples n'écrasent en rien la musique de notre Yonnais & cie.
Les compos alternent rock moderne grand public et pop planante. Les refrains imparables (\'\'Red Lips\'\', \'\'Cage In The Sky\'\') côtoient habilement les riffs de grattes envoyés pleines faces (comme sur la chanson éponyme, \'\'Perfect In Imperfections\'\', \'\'Afraid\'\', ou bien \'\'Your Friend\'\'). Les choeurs féminin bienvenus (triptyque enchainé \'\'Land Of The Free\'\', \'\'Porno Machine\'\' et \'\'Safe And Sound\'\') s'entremêlent avec des morceaux aux sonorités électro (\'\'Naked In Blur\'\'). Coté chant, notre frenchy rivalise sans complexe avec des vocalistes anglo-saxons. Son timbre lascif et assez reconnaissable apporte clairement un plus très plaisant et colle à la perfection avec le genre.
Servi par une production impeccable, Ron Moor signe un Youth résolument rock alternatif nappé d'électro façon easy-listening complètement assumé. Et c'est plutôt très bon. Qu'on se le dise !