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Yours Until the War is Over

Julien Pingenot
Journaliste

Amigo The Devil

Avec ce quatrième album plus personnel et introspectif, Amigo The Devil se montre d’une sincérité et sensibilité rare.
13 titres
Dark Folk
Durée : 45
Sorti le 23/02/2024
1069 vues

Pour cette nouvelle chronique, j’ai envie de vous parler d’un musicien qui diffère pas mal de ce que j’écoute et chronique majoritairement. Danny Kiranos mieux connu par son nom de scène Amigo The Devil vient de sortir son quatrième album “Yours Until the War is Over” et je me dois de vous parler de ce musicien à la musique aussi sombre que terriblement touchante. Pour la faire courte, je découvre Amigo the Devil avec son précédent album “Born Against” et quel album ! C’est simple, cet album est un des albums les plus importants pour moi de ces dernières années, je fus immensément touché et bouleversé par sa musique. Des chansons comme “Small Stone”, “Letter From Death Row” ou encore et surtout “Different Anymore” m’ont complètement bouleversées dans mes premières écoutes et continuent encore aujourd’hui de me toucher grandement de part leur sincérité.

Bien qu’aux premiers abords, la musique d’Amigo the Devil peut paraître simpliste et plutôt légère. Cela est vrai dans une certaine mesure, il y a une véritable profondeur bien moins drôle et plus sombre quand on s’y plonge. En effet, la musique de Danny Kiranos est un exutoire à toutes ses angoisses, échecs et choses pesantes qui lui pèsent sur la conscience. Sa musique est souvent qualifiée de Dark Folk tant aux premiers abords sa musique semble légère mais dès que l’on commence à creuser un peu, on se rend vite compte de la profondeur de sa musique et de la dureté de ses textes.

Amigo The Devil n’a pas peur d’aborder les sujets en face et se livre à son auditoire sans concession aucune et aborde tout les sujets qui l’angoissent: addiction à diverses drogues et substances, le suicide, le show business, le fait de ne pas trouver sa place en société mais aussi des sujets qui ne lui sont pas directement liés comme les tueurs en série par exemple.

Pour ce nouvel album, Amigo continue d’étendre sa formule, on reste sur base folk mais en agrémentant et expérimentant toujours plus. Depuis ses premiers travaux, une certaine folie se dégage de sa musique, des titres comme “It’s All Gone”, “I’m Going to Heaven” ou “Once Upon a Time at Texaco Pt.1” sont d’excellents exemples. “I’m Going to Heaven” est un pur trip de Danny qui rêve d’un pacte entre lui et Diable pour que ce dernier l’envoie au Paradis pour qu’il aille péter la gueule à Dieu. Bien que cette folie soit très présente dans ses précédents travaux, ce nouvel opus se veut beaucoup introspectif et personnel. Certes, la musique d’Amigo the Devil peut se montrer simple et rigolote mais quand il décide de se poser et de s’exposer pleinement à nous, c’est là que l’on voit tout son talent d’écriture et sa grande force d’attraction. En quelques notes de guitare et des mots toujours justes, Amigo the Devil arrive à nous toucher et nous bouleverser grandement, en tout cas chez moi ça fonctionne. “The Mechanic” et “Cannibal Within” sont, pour moi, deux grands moments de l’album. Ces morceaux sont véritablement bouleversants pour ceux se reconnaissant de près ou de loin dans la musique de Danny Kiranos.

Plus haut, je parlais d’expérimentations et c’est sur cet album que cela se ressent le plus. Le très mystérieux et plutôt déstabilisant collage sonore qu’est “Barrel and Staghorn” en est un bon exemple ou bien le spoken word de fin “Closer” clôt cet album de manière assez inattendue mais qui ne semble pas non plus inapproprié.

Je pourrais parler des heures de la musique d’Amigo the Devil et de son impact sur mon rapport à la musique et même au-delà. Je vous conseille vivement de vous aventurer en dehors des sentiers battus et tenter votre chance avec un artiste d’une sincérité et sensibilité rare.