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X-Varg Utan Flock

Julien Pingenot
Journaliste

Shining

Shining revient avec un album sombre et torturé !
6 titres
Black Metal
Durée : 41
Sorti le 05/01/2018
6064 vues
Les suédois de Shining sont de retour en ce début d'année 2018, avec :  « X-Varg Utan Flock ». Pour les non-inités, Shining est à la base un groupe de « Suicidal Black Metal » fondé en 1996 par le torturé Niklas Kvarforth. En 20 ans, le son du groupe a énormément évolué passant d'un black metal pur, avec blast beats, tremolo et compagnie, et au fur et à mesure le groupe agrémente sa musique, diversifie ses compositions, pour arriver à aujourd'hui avec un black brassant des éléments de Heavy, rock progressif voire musique classique. Si toute la discographie est très bonne, pour commencer, je vous recommanderai en particulier : « V-Halmstad » et « IX-Everyone, Everything, Everywhere, Ends ».

Sur ce dixième album studio, Niklas est, comme à son habitude, réellement habité lorsqu'il chante, ce qui donne une réelle crédibilité au groupe. De plus, Niklas est l'essence même de Shining, il en est le fondateur, mais aussi toutes les paroles gravitent autour de lui, ses tourments, ses problèmes mentaux, …

Même si au fil des années la musique du groupe a évoluée, elle n'en reste pas moins agressive et « Svart Ostoppbar Eld », premier morceau de l'album, le prouve. Dès le début, on fait face à des guitares aux riffs agressifs et puissants, la section rythmique est toute aussi puissante, et le chant plaintif de Niklas font de ce début d'album, une excellente entrée en matière pour un album qui s'annonce une nouvelle fois sombre et torturé. Mais le morceau ne se résume pas seulement à des passages violents et intenses, il y a, comme dans la quasi totalité de l'album, des alternances d'ambiances, de tempo qui rendent les morceaux diversifiés et intéressants.

On continue avec « Gyllene Portarnas Bro » qui est beaucoup plus « intimiste », en effet, le morceau est beaucoup plus posé (les trois quarts en tout cas). Niklas ne crie pas, il nous propose un mélange de spoken word et de chant (dur à expliquer mais efficace à l'écoute). Le morceau se veut dramatique, et grâce au guitares distordues bien comme il faut, on ressent cette détresse, par ailleurs présente tout au long de l'album. De plus, j 'ai l'impression que c'est le morceau le plus solennel de l'album, mais comme Niklas chante en suédois (et je ne le parle pas) cela ne reste qu'une hypothèse.
Ce n'est que sur la fin du morceau que l'on revient sur une formule plus habituelle, et ce retour est signé par un tonitruant beuglement de Niklas. Enfin pour la petite info, ce morceau n'est pas tout neuf, voici un commentaire du groupe à propos de ce dernier : « Ce morceau est dans nos dossiers depuis 1999 et il contient un des moments les plus calmes sur l'album. Construit en trois parties, il devait figurer sur 'Livets Ändhållplats' (2001). Par la suite,  il a été retravaillé pour apparaître sur 'Redefining Darkness'  (2012) mais ça n'a pas été le cas ».

« Jar Ar Din Fiende », morceau déjà présent sur l'EP Fiende sorti dernièrement (Novembre 2017). Et ce morceau est un pur concentré de Shining moderne ! Comme beaucoup de monde l'a entendu, passons à « Han Som Lunar Inom » qui est résolument plus Black Metal, et ravira les fans de la première heure des suédois. En effet, on revient avec un morceau qui dénote un peu du reste de l'album. Et c'est là que cela devient intéressant car même avec une formule qui marche bien, ils n 'hésitent pas à se mettre un peu en « danger », et nous propose un morceau qui sort du lot. Et comme Shining aime déranger, le morceau commence de manière viscérale (blast beats et compagnie), avant un « break » bien placé qui relance le morceau sur une nouvelle voie, mention spéciale où Niklas gueule par dessus cette ronronnante basse.

Si vous voulez un morceau qui dénote vraiment, « Tolvtusenfyrtioett » est pour vous. En effet, c'est juste un air de piano, alors oui cela instaure une ambiance cohérente par rapport au reste de l'album, mais cela n'apporte rien de plus.

Penchons nous enfin sur le dernier morceau de l'album : « Mot Aokigahara », et ce morceau fait une bonne synthèse de ce qu'on retrouve dans l'album, des passages ambiants/atmosphériques et des passages de pur chaos, un Niklas qui n'a aucun mal à alterner les différents de chants et cris en tous genres.

Même si l'aura de Niklas est omniprésente, il ne faut pas dénigrer le reste du groupe et leur travail de composition, les guitaristes sont inventifs et n'hésitent pas à sortir des sentiers battus, ce qui nous amène à des soli virtuoses comme « Svart Ostoppbar Eld » et « Jar Ar Din Fiende » notamment. Le batteur nous propose de réelle performance et choses osés et la basse est vraiment présente dans le mix ce qui fait plaisir !

Avec ce dixième album studio, les pionners du « Suicidal Metal » reviennent nous en mettre une avec ces morceaux viscéraux, emplis de haine et bougrement efficaces. De plus, Shining ne se limite jamais, ce qui donne, le plus souvent, des compositions originales et intéressantes à décortiquer.