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X-Aeon

ALDO
Journaliste

Giöbia

CHEF-D'OEUVRE!!!
8 titres
Psychedelic Rock
Durée : 41 minutes
Sorti le 17/10/2025
821 vues

Dans le Nord de l’Italie, il existe une fête qui célèbre, chaque dernier jeudi de Janvier la fin de l’hiver et le renouveau de la Nature. A cette célébration est associé la figure féminine de la Gïobia, vieille sorcière dont on brûle l’effigie, et dont le nom est étymologiquement rattaché au dieu romain Jupiter.

Le quatuor milanais qui nous intéresse ici, marque ainsi son double attachement à ses racines lombardes, ainsi qu’à un imaginaire pétri de symbolisme et de mysticisme.
De fait, le répertoire des transalpins puise tant dans le psychédélisme 70’s, que dans le Space rock planant et le Krautrock plus futuriste. Giöbia – le groupe – construit ses morceaux sur une base harmonique simple – souvent un seul accord – créant chez l’auditeur une transe hypnotique en jouant sur les rythmes et les sonorités.
Bien qu’évoquant les premières œuvres de Monkey3 lors des premières écoutes, le combo milanais s’affranchit des maîtres helvètes par l’utilisation prédominante des claviers vintage – orgue Farfisa en première ligne, il faut bien mettre en valeur les produits locaux -, là où les suisses mettent en avant la guitare. Par ailleurs, leurs travaux baignent en partie dans la même matière que celle proposée par Jean-Michel Jarre à ses débuts.

Nos quatres ragazzi nous livrent ainsi un disque en deux parties.
Dans la première, sont explorées différentes facettes musicales du psychédélisme : planant et mystique ( le bien nommé « Voodoo Experience »), plus dansant et presque New Wave (« Fractal Haze ») poétique et pétri de symbolisme animiste (« The Death of the Crow », seul titre véritablement chanté), quand il ne s’agit pas d’explorer les possibilités d’un blues jazzy classieux traversé d’éclairs de guitare fuzzée (« 1976 » en référence au Festival du Prolétariat Jeune de Milan qui eut lieu cette année-là, emblématique de la contre-culture italienne associant Rock et utopie politique) et se muant lentement en une space jam psychédélique.
La seconde partie propose quant à elle une suite longue – vingt minutes – organisées en quatre pièces instrumentales. Ces pièces, portant chacune un titre en français tiré de « La Mort de la Terre » (roman du précurseur de la Science-fiction J.H Rosny Ainé), nous amènent à méditer sur la place de l’humain et sa fragilité face à une nature qu’il s’ingénie à torturer.

Difficile de traduire en mots le formidable voyage musical que Giöbia nous offre. C’est tout simplement beau, avec en prime ce charme suranné porté par une esthétique rétro-futuriste 70’s. La musique nous ramène ainsi à une époque porteuse d’insouciance (les « Trente Glorieuses »), pour mieux nous faire prendre conscience de l’emballement planétaire dont elle - l'époque - est la racine mère.
Profond, mélancolique, « X-Aeon » est de ces albums dont il est difficile de se passer dès lors qu’on y jette une oreille. En un mot comme en cent, nous n’irons pas par quatre chemin, nous irons même droit au but : CHEF-D’ŒUVRE !!!