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Wounds Deeper than Time

Morbid Domi
Journaliste (Belgique)

Morta Skuld

C'est non seulement le meilleur album du groupe mais c'est surtout un véritable trésor dans ce qu'il peut captiver et surprendre.
9 titres
Death Metal
Durée : 42
Sorti le 07/02/2017
11130 vues
Ce qui est magnifique dans le monde du métal, c'est qu'il peut vous réserver de remarquables surprises surtout là où vous ne les attendez pas.
C'est le cas de nos Américains de Morta Skuld, groupe du Wisconsin formé en 1990.

Versés dans un le death plus typé old-school, Morta Skuld va connaître une période productive très respectable jusque 1997, 2 démos, 1 split avec Vital Remains et 4 albums.
Si je me souviens d'avoir découvert ce groupe sur une compilation de Deaf Records, leur premier label, je ne me rappelle pas avoir été séduit jadis.
Notons aussi que le groupe n'a pas percé en Europe, se noyant sous les monstres sacrés du métal de la mort.
Pourtant, nous ne pouvons pas dire que leur travail était dénué d'intérêt, loin de là, l'engagement était là, ça sonnait bon vieux Death à Papy mais point de décollage.

Nous ne pouvons pas dire non plus qu'il s'agit d'un mauvais choix de label. Le bon label Angalis Peaceville Records a pris sous son aile nos Ricains en 1995, lançant sur le marché leur 3ème album, « For All Eternity » et un best of en 2005, « Re-Surface: The Best of Morta Skuld ».
Le hic, voyez-vous, ce fut, un électro encéphalogramme totalement plat en 1998.
Plus rien, le néant, la mort de ce modeste ambassadeur du Death.
Que de changements de line-up aussi !!! C'est un peu la griffe de groupe.

En 2011, Relapse Records tente de ressusciter la machine, lançant une autre compilation, « Through the Eyes of Death ». Toujours rien de nouveau à l'Ouest.
En 2014, youppie, nous retrouvons des traces de vie, avec un bien sympathique E.P. de 5 titres, « Serving Two Masters » qu'il serait incorrect de sous-estimer.
Le côté old-school était toujours bien présent mais nous sentions une évolution vers la modernité.
L'année passée, encore une compilation, des oeuvres d'un autre label, Ripping Storm Records, faisant part belle au matériel plus ancien, aux deux premières démos.

Et nous voilà à découvrir un nouvel album en cette belle année 2017 et sous le protectorat de Peaceville Records qui se montre toujours présent pour Morta Skuld.
Qui oserait ? Les Anglais, bien évidemment.

Devions-nous nous attendre encore à un album moyen ?
Chers lecteurs, oh que non, ce n'est pas le cas cette fois.
Je réalise que « Wounds Deeper than Time » est un cran au-dessus de ce que nous avons connu.
C'est un très bon album qui apporte de très jolies sensations.

J'identifie deux perles qui restent en mémoire, « Breathe in the Black » et « Hating Life » qui sont remarquablement bien exécutées. Le riffing des guitares de Scott et de Dave est excellent.
Au niveau du growl, Dave se montre bien plus convaincant que dans celui livré dans les années 90.
Le jeu de basse d'A.J. me transporte totalement dans sa gratte inspirée, assez groovy. Ecoutez donc sa prestation sur « Against The Origin » qui se permet de flirter avec le style d'Entombed sans le rock !!!
Transversalement, la frappe d'Eric à la batterie est très nette, martiale et donne un caractère plus qu'appréciable à l'ensemble.
Ce Morta Skuld nouveau fait penser à une superbe fusion entre Incantation et Morbid Angel.

Sur le génial « My Weakness », les Ricains nous montrent une capacité totale d'écrasement. La lourdeur est au rendez-vous, c'est suffoquant.
Véritable bijou de Death.

« In Judgment » fonce dans la vitesse d'exécution, traçant droit devant, encadré par une chape sonore de guitare assez brutale. C'est fort en sensations.
Pur bonheur !!!

Le titre éponyme, bien que ralentissant légèrement le tempo, montre un aspect plus technique dans sa composition, tout en restant dans le registre martial.
La qualité est au rendez-vous.

Sur « Scars Within », nous pourrions nous dire que l'âme de Bolt Thrower s'insuffle dans les partitions. C'est de toute beauté.

Quant à « Devour The Chaos », quelques parties plus aigües établissent des ponts dans la veine de Cannibal Corpse, sans forcément en plagier l'univers.

Nous terminons sur le puissant « Becoming One Flesh » qui peut presque passer pour une berceuse dont on ne revient pas. C'est sans doute le morceau le plus noir de l'album.

Vous l'aurez compris, cet album est une véritable merveille qui offre un bien bon son, qui allie modernité et grande classe ancestrale de Death.

C'est non seulement le meilleur album du groupe mais c'est surtout un véritable trésor dans ce qu'il peut captiver et surprendre.
En 2016, il me fut bien difficile de déterminer le meilleur album de Death metal. En ce début d'année, je n'ai aucune hésitation, ce « Wounds Deeper than Time » mérite de hisser Morta Skuld sur la scène des grands faucheurs.

Morbid Domi – Février 2017