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With Doom We Come

Herger
Journaliste

Summoning

Ce n'est peut-être pas le meilleur de Summoning, mais il vous transportera dans un autre univers tout en restant un vibrant hommage à l'univers des Terres du Milieu. Dans la continuité de son prédécesseur ‘'Old Mornings Dawn''.
8 titres
Epic/Atmospheric Black Metal
Durée : 65
Sorti le 05/01/2018
4664 vues






Antares
Journaliste




Herger
Journaliste





La Chronique de Antares


Cinq ans après la sortie de leur chef d'oeuvre « Old Mornings Dawn » (Napalm Records, 2013), le groupe autrichien Summoning revient nous conter des aventures musicales épiques tout droit sorties des Terres d'Arda avec « With Doom We Come », toujours chez Napalm Records.

Cette formation Black est constituée de seulement deux musiciens, Silenius et Protector, qui s'occupent à eux seuls tout les instruments présents (et il y en a !). Formé pendant la Seconde Vague de Black Métal en 1993, le groupe compte sept albums à son actif et pléthore de démo et a la particularité de concentrer son univers autour des écrits de l'auteur anglais J.R.R Tolkien, que l'on ne présente plus.

Autant le dire tout de suite, leur tâche était de grande envergure car « Old Mornings Dawn » fait pour moi parti de ces grands albums, ceux qui prennent aux tripes et dont on se demande comment l'on a pu vivre sans, une vrai bombe atomique (si, si !).
L'attente fut longue. Est-ce que ce prochain opus allait être à la hauteur de son prédécesseur ? Le surpasser ? Voilà des questions que beaucoup se sont posés et comme souvent, deux groupes se distinguent à l'écoute : les déçus et les conquis.
Mon collègue Herger a donné son opinion et se classe plutôt parmi les conquis. Je m'en vais donc donner la mienne, le plus objectivement possible.

Dès la première écoute, une certitude apparaît : Summoning est de retour, fidèle à sa recette. Les guitares sont bien présentes et donnent cette même impression de nappe musicale occupant tout l'espace et s'insinuant partout, redondante et entêtante (rappelant Burzum, en particulier « Filosofem » et même parfois Thorns et sa première démo « Grymyrk »), où se mêlent mélodies complémentaires d'instruments traditionnels et anciens et chants hurlés, le tout dans une ambiance ancienne, médiévale, infiniment fantasy et épique.

« Tar-Calion » ouvre cet opus sur un rythme belliqueux, tambours battants suivi par la mélodie aux guitares, lente, entêtante et lancinante. Les cuivres, instruments à vent et cordes viennent agrémenter cette base, donnant un rendu très harmonieux, très planant mais également très nostalgique, accompagné par des paroles scandées. Comme l'a dit mon collègue dans sa chronique, ici la bataille est terminée et cet album est beaucoup plus contemplatif et empreint de nostalgie des temps anciens, comme plongé dans une époque de recueillements. Néanmoins, cette piste est assez longue (7:15) et s'éternise quelque peu.

C'est là que les soucis commencent. Car « Silvertine » et « Carcharoth », seconde et troisième pistes, restent à mon sens très similaires à « Tar-Calion » et nous laissent un peu sur notre faim. Mêmes rythmes lancinants, même ressenti nostalgique, seule la voix hurlée et les intermèdes viennent apporter un peu de vie à ces morceaux en cassant cette cadence qui devient presque étouffante.
Cependant, l'impression reste la même. Les pistes sont également longues (respectivement 8:53 et 9:19) et donnent l'impression de tourner un peu en rond. Tout cela rappelle « The White Tower » présent sur l'opus précédent. Mais ce morceau était entouré d'une part par « Old Mornings Dawn » et d'autre part par « Caradhras », qui permettaient des variations de styles et de rythmes évitant toute redondance.

L'introduction de « Herumor » change du reste car ce sont non pas les guitares que nous trouvons mais un piano. Enfin ! La mélodie est très belle, toujours dans un esprit entêtant et suintant la tristesse et la nostalgie d'un passé lointain plus beau et contraste à merveille avec le chant torturé et plaintif hurlé. Un choeur de voix éthérées mêlées au piano apporte une petite nouveauté bienvenue après ces trois premières pistes. Le morceau se termine en apothéose avec un choeur beaucoup plus guerrier dont la mélodie s'entremêle à merveille avec celle des guitares et du piano. C'est beau. Tout simplement.

« Barror-downs » est un morceau interlude rythmé et mystérieux permettant de faire une pause dans l'album. L'envie de quêtes et de donjons n'est pas loin.

L'ombre est à présent sur nous avec « Night Fell Behind ». Dès les premières notes aux guitares, l'ambiance se fait beaucoup plus noire, sans espoirs, lourde et catastrophique. La nuit tombe comme l'indique le titre et c'est exactement ce qui en ressort. Ce morceau m'a instantanément évoqué l'histoire d'Eöl, l'elfe Sinda et père de Maeglin vivant dans la forêt de Nan Elmoth (le Silmarillion). Ami des nains, il ne fréquente que peu ses pairs et préfère une vie solitaire à perfectionner son art de la forge. Toutes les mélodies sont sublimes et se mêlent avec délicatesse pour un rendu à la fois glorieux, contemplatif et nostalgique.

« Mirkland » tisse un lien intéressant avec le précédent (« Night Fell Behind »). La base reste la même (guitares entêtantes, mélodie et chant), mais le sentiment est clairement plus sombre et sans espoir. Certains passages sont intéressants (autour de la troisième et sixième minutes) : les sons sont dissonants, dépressifs et froids et permettent une coupure dans ce morceau long qui aurait tendance à répéter le même schéma que les pistes du début de l'album.

Enfin le morceau éponyme de cet opus vient clore ce voyage décidément bien nostalgique. Une harpe accompagne ici la plainte des guitares, ce qui donne un ensemble presque lumineux, mais teinté de désespoir par les quelques sonorités dissonantes ici et là et le chant hurlé à pleins poumons. Le refrain sans paroles est simplement agrémenté d'une flûte qui illustrerait parfaitement l'histoire de Beren et Lùthien. Pour finir, on peut entendre quelques phrases menaçantes de noir parler murmurées, plongeant définitivement l'auditeur dans les ténèbres et conclu de belle manière ce très beau morceau. Sublime.

Pour finir, le constat pour cet album est partagé : il reste dans la droite ligné des productions passées du groupe, bien que moins « blackisé » que la discographie d'avant « Old Mornings Dawn » et est globalement de très bonne qualité, rappelant parfois l'EP « Oath Bound ». Je le réécouterais avec plaisir sans pour autant le classer dans mes favoris.
Néanmoins, le rythme est au fur et à mesure assez lassant, ce qui peu potentiellement fatiguer l'auditeur. Bien que certains titres fassent échos aux productions précédentes (notamment « Old Mornings Dawn », « Oath Bound » et « Minas Morgul »), ces dernières avaient l'avantage de proposer des morceaux assez différents au niveau ressenti et rythme, ce qui donnait un ensemble totalement harmonieux et riche. Ici, l'opus donne l'impression de compositions monochromes, ce qui est assez dommage, quand on connaît le potentiel énorme du groupe.

La bataille est passée, de même que « Old Morning Dawns », place à la contemplation et à la nostalgie à la fois des temps anciens et du précédent opus. Il est quand même intéressant de noter que cet album poursuit de belle manière l'épopée de la discographie du groupe. Il apparaît alors comme une étape et gagne en qualité.

Summoning reste fidèle à lui même et c'est une bonne chose, un peu de nouveauté, de sang neuf aurait été appréciable, afin de casser ce rythme trop redondant à mon goût. J'attend la suite !

La Chronique de Herger


Summoning, seigneur Autrichien du Black Métal fait son retour après 4 ans d'absence. Le groupe a pris son temps pour édifier encore un chef d'oeuvre.
Cette formation, composée de Protector et Silenius existe depuis 1993 et a été l'un des fleurons du Black Métal avec notamment Abigor, dont Silenius a appartenu un temps.
Le groupe possède depuis ses début une aura mystérieuse : pas de concerts, très peu de photos et rarement à visage découvert. On sait seulement que Richard Lederer se cache derrière le pseudo de Protector et que Silenius est Michael Gregor. Á eux deux, ils font tous les instruments entendus sur l'album.

Summoning a toujours créer de magnifiques opus, que ce soit le dernier album en date, intitulé ''Old Mornings Dawn'' sorti en 2013 ou encore ''Stronghold'' et ''Oath Bound''.
Ce dernier album qui sortira en 2018 chez leur fidèle label Napalm Records est dans la continuité de son prédécesseur et sa sortie a déjà fait couler beaucoup d'encre, entre ceux qui sont déçus et ceux qui y voient un bon album. Pour ma part je fais partie de la deuxième catégorie et comme toute chronique, il y a un certain parti pris.

Silenius et Protector s'attachent depuis le début à créer une musique emprunte d'une ambiance épique, mélancolique et qui tourne toujours autour de l'univers magnifique de JRR Tolkien.
Il faut également savoir que beaucoup de morceaux proviennent de la période d'écriture qui a donné naissance à l'album précédent, ''Old Mornings Dawn'' et on y retrouve en partie ce qui en avait fait sa qualité : nappes de claviers de toute beauté, batterie martiale, arrangements de cuivre, choeurs.
Les esprits chagrins reprocheront un manque d'inspiration, restant dans la droite lignée de son prédécesseur ainsi que la longueur des morceaux, ce qui a pour conséquence beaucoup de monotonie.
Mais est-ce le plus important quand vous écoutez des mélodies qui vous transportent vers d'autres contrées tout en passant un bon moment ?

Effectivement, l'atmosphère est moins épique que par le passé, mais elle plus axée sur la mélancolie. Ce n'est pas la Bataille du Gouffre de Helm ni celle de Minas Tirith, mais plus au lendemain d'une bataille perdue, comme celle de Nírnaeth Arnoediad (La bataille des Larmes Innombrables, Le Silmarillion) ou bien à la sortie des Mines de la Moria, après la disparition de Gandalf (La Communauté de l'Anneau, Le Seigneur des Anneaux).

Mais certains titres sont de haut niveau comme c'est le cas avec le morceau qui ouvre cet album, ''Tar-Calion''. Il plante directement le décor avec ses atmosphères épiques où l'on entend des arrangements de flûtes, de trompettes, une batterie martiale ainsi que des guitares en mid tempi qui rappellent Burzum. A noter qu'il n'y a pas de screams sur ce titre mais un sample de voix en mode narratif.
''Mirklands'' laisse entendre une mélodie mélancolique au clavecin et des guitares au son presque abrasif, qui jouent comme un élément secondaire et rythmique, donnant un côté presque hypnotique par sa linéarité, qui est d'ailleurs l'une des marque de fabrique du duo viennois.
Et puis, il y a le morceau titulaire de l'album qui clôture de manière magistrale cet opus, ''With Doom WeCome''. Sa mélodie vous reste dans la tête et vous transporte dans les paysages du Bélériand au Premier Âge ou ceux du Gondor du Troisième Âge. C'est le meilleur titre de l'album qui le résume très bien.

Ce n'est peut-être pas le meilleur de Summoning, mais il vous transportera dans un autre univers tout en restant un vibrant hommage à l'univers des Terres du Milieu. Dans la continuité de son prédécesseur ‘'Old Mornings Dawn''.