Chroniques

Wide Awake (In My Dreamland)
Fred H
Journaliste

JEFF SCOTT SOTO

«Rien à jeter (ou presque) dans cette offrande pour peu que vous aimiez le hard rock mélodique teinté AOR»

11 titres
Metal
Durée: 44 min 40 mn
Sortie le 06/11/2020
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Le C.V de Jeff Scott Soto est juste hallucinant. Entre ses multiples collaborations prolongées qu’elles soient passées (Talisman, Journey, Trans-Siberian Orchestra, W.E.T., Yngwie Malmsteen, Axel Rudi Pell, …) ou présente (Sons Of Apollo), sa kyrielle d’apparitions le temps de quelques chansons, la pléthore de participations à des tribute albums (pour Deep Purple, Queen, Aerosmith, Pink Floyd, Led Zeppelin, …), même wikipédia a du mal à suivre le compte. A ce parcours incroyable s’ajoute ses propres efforts que ce soit avec son combo SOTO (trois disques parus jusqu’à lors) ou son groupe Jeff Scott Soto (6 méfaits et 2 EPs déjà sortis).

C’est donc avec cette formation que le natif de Brooklyn (mais d'origine portoricaine) nous revient. Le successeur de « Retribution » (2017) a été écrit et co-produit avec le complice de longue date Alessandro Del Vecchio (multi-casquettes et multi-instrumentiste italien omniprésent et quasiment indissociable du label napolitain Frontiers). Cela ne surprendra personne, le duo et leurs comparses (Fabrizio Sgattoni à la guitare et Edu Cominato aux baguettes) offrent du hard-rock mélodique pur et dur. Les habitués des productions du New-Yorkais ne vont donc pas être déstabilisés. On peut trouver tout ça « classique » voire formaté mais reconnaissons la qualité des compositions et de l’exécution ainsi que l’efficacité de l’ensemble. Les mélodies tant musicales que vocales sont très belles. Puissante et chaleureuse, la magnifique voix de l’étasunien est bien évidement mise en valeur (la chanson éponyme). Les amateurs des cordes vocales de notre quinqua vont jubiler.

Bien que cela ne soit (du moins apparemment) pas un concept album, l’Amour semble être au cœur de l’œuvre. A en juger par leurs titres, plusieurs pistes sont bien en lien avec ce sujet (rencontre, relation, séparation, etc.). Ne craignez rien, ici point de pleurnicheries mielleuses ou ennuyeuses. Même si l’œuvre sonne assurément moderne, il flotte un petit air – pas désagréable – d’esprit 80’s ('Between The Lines' que ne renierait pas Journey et pour lequel Jeff a poussé la chansonnette).

Difficile de faire la fine bouche devant tous ces riffs de grattes et les soli addictifs ('Someone To Love', 'Mystified', 'Paper Wings'). Que dire sur tous ces refrains tout simplement accrocheurs et fédérateurs ('Lesson Of Love', le groovy 'Love Will Find A Way') ? C’est bien foutu, ça « fait le job ». Soto et compagnie voyagent entre hymne AOR ('Love's Blind'), sonorités bien metal (les rapides 'Living In A Dream' et 'Desperate'), et presque ballade ('Without You' et son début en piano-voix).

En cadeau Bonux, l’américain a joint en second CD son « Loud & Live In Milan » sorti en début d’année sur toutes les plateformes de streaming. Pour rappel, il s’agit d’un concert capturé – comme son nom l’indique - à Milan, en Italie, le 27 avril 2019 lors du Frontiers Rock Festival. Le son est plus que correct. En dix titres, JSS et sa clique passent en revue la quasi intégralité des skeuds solo. Les impasses totales ont été faites sur la première œuvre « Love Parade » de 1994 et surtout (et plus étrangement) sur « Retribution » de 2017 (la plus récente production du moment). Défilent donc des compos – globalement énergiques - extraites de « Prism » ('Holding On', le catchy 'Eyes Of Love'), de « Damage Control » (l’entrainant 'Look Inside Your Heart') et de « Beautiful Mess » ('21St Century', 'Our Song'). C’est « Lost in the Translation » qui se taille la part du lion avec trois titres ('Believe In Me', 'Drowning','Soul Divine'). Le gars est content d’être là (petit speech élogieux sur son label et ses zicos). A de nombreuses reprises, Jeff fait participer le public et l’audience – qui ne demande que ça - se fait entendre. La bande offre aussi deux petites surprises avec un classique de Talisman ('I'll Be Waiting' issu de « Talisman » sorti en 1990) et un duo vitaminé avec Dino Jelusick de Animal Drive ('Stand Up' écrit initialement pour le film « Rock Star » avec Mark Wahlberg et Jennifer Aniston). Un bon moment Live en somme.

Bref, en conclusion, ce « Wide Awake (In My Dreamland) » est tout bonnement excellent de bout en bout. Rien à jeter (ou presque) dans cette offrande pour peu que vous aimiez le hard rock mélodique teinté AOR. Bravo Monsieur Jeff Scott Soto.