Clegane, trio français de Doom/Sludge, nous présente ‘’White of the Eye'’, troisième et tout nouvel album ! Au programme, cinq morceaux d’une durée minimale de huit minutes, axés lourdeur et maxi saturation, qui vont régaler les fans des deux genres, les nostalgiques du Grunge et les appréciateurs de Post-Rock. Entrons dès maintenant au cœur de ces productions prêtes à casser les codes !
Avec une sobriété agile, Laurent, Olivier et Guillaume nous partagent une atmosphère chargée, en explorant les thèmes de l’introspection, de la douleur, de la crise de soi, de la peur de la mort et de la solitude, mais également des pans de la vie quotidienne qui se transforment pour devenir des souvenirs fantasmés.
L’opus possède une grande force musicale et celle-ci réside dans la volonté des Franciliens à ne pas se conformer à un genre ou à une forme spécifique. Nous y retrouvons donc une richesse sans pudeur, pleine d’inspirations différentes, sorte de musique fusionnelle entre du Doom chargé et moderne et un hommage au Grunge et au Psyché.
Aussi lourds que saturés, les productions présentent malgré tout une musique sobre et minimale. Le travail sur la transhumance sonore et aérienne y est époustouflant. Leur musique est parfaitement maîtrisée et dès les premières notes nous sommes déjà transportés dans cet univers fascinant. La sensation d’un voyage dans un monde onirique est incroyablement satisfaisante et crée une addiction à ces hymnes sombres qui nous emmènent si loin.
Il est très frustrant de rester sur une description factuelle, ainsi laissez-moi vous parler du tout début de l’album, l'ouverture à cette transe musicale de quarante-deux minutes.
Intitulée ‘Fractured’, cette première musique nous raconte une histoire. Les paroles y sont vibrantes d’émotions, de frustration, d’une certaine violence et de désarroi. Les états d’âmes y sont forts et ils sont mis en musique avec une très grande expressivité. Les notes saturées, aiguës et pesantes jouent une mélodie accompagnée à la batterie lente et aux coups affirmés. Lorsque le chant growlé démarre, il s’en dégage des émotions fortes qui font un parallèle direct avec nos propres frustrations. Le rythme va évoluer, se dirigeant vers une dynamique plutôt rapide. Les paroles se déroulent tandis que les instruments nous font sombrer dans cet incendie symbolique dont nous parle le chanteur. Tout du long, l’accompagnement va évoluer, mais le jeu va toujours rester simple et efficace. La fin est quant à elle très habile : les éléments se défont un à un, s’altérant doucement pour disparaître, ne laissant que la batterie, seule, pour clore définitivement ce titre.
Une grande sincérité et une proximité avec l’âme humaine se font ressentir et cela continuera sur les quatre autres morceaux, tous percutants à leur manière. En somme, l’opus est un périple que l’on se doit de parcourir seul pour en savourer les moindres nuances.
Clegane avait déjà réussi à nous convaincre par ses productions les années passées et il le fait de nouveau cette année en scellant cette fois sa musique dans un genre unique beaucoup plus assumé. ‘’White of the Eye’’ est un voyage onirique dans lequel nous nous perdrons les yeux fermés et les oreilles attentives. Il n’y a pas de doute quant au fait qu’il s’agisse là de la pierre angulaire du groupe : leur travail a évolué au fur et à mesure des années et cet album en est la preuve.
L’expérience du Doom et du Sludge est toujours unique, et celle-ci vaut tout particulièrement le coup d’être vécue tant ces cinq morceaux vous entêteront longuement et certainement !