Menu principal
Accueil(current) News Live Reports Interviews The Wall Chroniques Groupes Concerts

When Sparks Ignite

Morbid Domi
Journaliste (Belgique)

Darkhaus

"Avec « When Sparks Ignite», Darkhaus nous prouve qu’il est allé encore plus loin dans l’art de doser le rock gothique et le Métal, le tout dans une très juste mesure et avec brio".
12 titres
Synth Gothic Rock
Durée : 60
Sorti le 30/09/2016
5814 vues
Ce qui reste grandiose dans l’univers musical, c’est sa capacité à générer des rencontres fantastiques entre artistes du monde entier.
Parfois, il arrive que ces mêmes rencontres revêtent un caractère de forte improbabilité.
C’est donc nanti d’une solide curiosité que je me penche sur le cas Darkhaus.
Imaginez des monstres sacrés de la scène Hardcore, qui avec une très grande ouverture d’esprit, une envie d’expérimenter autre chose, se lancent dans une très belle aventure internationale.
Concrètement, vous prenez un grand Monsieur, Gary Meskil (Bassiste et chanteur – aussi parolier donc) 25 années de Pro-Pain, s’il vous plaît !!! Les chemins mystérieux de la vie vous emmènent souvent dans les sentiers de nombreuses rencontres. A titre illustratif, en 2011, notre brave Gary rencontre le Teuton Rupert Keplinger (multi-instrumentiste).
Sans doute après quelques bons verres, nos deux compères lancent l’idée de former Darkhaus, projet de Dark Rock Métal. Il convient de compléter le noyau dur…
Gary prend dans sa valise, un autre Pro-Painien, Marshall Stephens, guitariste depuis 9 ans dans le réputé combo New-Yorkais.
Alors là, déjà, il y a du mérite quant à cette aptitude à sortir des clivages symboliques, carcans hélas réels qui peuvent tuer d’autres formes de créativité.
Nous prenons un « beau gosse », Ken Hanlon, originaire de la très respectable terre des Scots et qui, à l’époque, bronzait sans doute sur les plages de Floride, bref, un type qui possède un bien agréable brin de voix en matière de chant Darkwave et Rock Gothique.
Il ne manquait plus qu’un batteur…Paul Keller, solide Germain allait relever le défi.

L’aventure pouvait commencer…

En 2013, sortira un premier album «My Only Shelter“ qui allait attirer l’attention de la presse spécialisée. Pour l’avoir réécouté, on sentait déjà un potentiel intéressant, découvrant une sympathique osmose Métallo-Rockeuse. C’était clairement pas mal, entre Depeche Mode et Him.
Le timbre de voix de Messire Hanlon y est très certainement pour quelque chose.
Des tournées sont faites, le succès est au rendez-vous. Ben oui, on peut comprendre en prenant la peine d’écouter le résultat. Le titre de « Révélation de l’année » leur a été attribué en 2014.
S’en suivra un E.P. en 2015 « Providence ». N’ayant pas eu l’occasion de l’écouter, je ferai l’impasse.

Une année s’écoule, le projet reste sur rails et nous voici avec un second album ; L’occasion pour nous de faire le point.
Tuons tout suspense dans l’œuf !!
Cet album est superbe.
Si nos musiciens déclaraient reprendre le boulot là où il fut entamé en 2013, je puis vous dire que l’édification a pris en volume, en son, en créativité musicale. La cohésion est encore plus forte, sans doute l’expérience scénique qui a porté ses fruits.

Au rayon des pépites jouissives, l’album s’ouvre sur « All Of Nothing » qui vous plonge dans un nu-métal bien ficelé pour nous immerger dans un univers à la Depeche Mode (oui, je sais, on l’a déjà dûment constaté) mais c’est qu’il a une voix superbe notre « Scot ». Sur le refrain, il se lâche vraiment et un certain volume est apporté par le riffing titanesque. Magnifique production !!!

Le second morceau « The Last Goodbye » est tout aussi génial dans sa rythmique simple mais puissante, le chant qui se module au gré du morceau jusqu’à s’envoler dans un refrain remarquable. C’est un régal pour les oreilles.

S’ensuit « Feel My Pain », beau à pleurer, tant son mid-tempo permet l’émergence d’une profondeur insoupçonnée…entre chant doux, paroles susurrées et lyrisme de bon aloi qui à chaque fois, se retrouve propulsé par les guitaristes. On entend même la basse gronder. C’est époustouflant.

« Helpless » constitue un véritable hit, un chef d’œuvre de ce sous-genre créé dans le projet Darkhaus. D'une entrée électronique, nous nous retrouvons pris dans un tourbillon de félicité, volant dans un refrain magistral. Les guitares optent pour un jeu plus mélodique. K.O. Debout.

Sur « Oceans », nous versons dans une dimension « Howard Jonesque », avec un jeu de batterie fonçant dans le martial, des riffs à la « Roots, Bloody Roots », un syncrétisme extraordinaire entre ce jeu typé agressif et le chant qui reste dans un registre splendide plus atmosphérique.

Que dire de cette fabuleuse balade qu’est « Tears Of Joy » ? Le chant est vraiment dans un registre d’authenticité, congruent avec le fond, le tout soutenu par un jeu de piano allant tout en finesse vous dégager une somptueuse profondeur mélodique. Ce morceau, Mesdames, et pour les Messieurs qui assument leur part de tendresse, hé bien, il est tout désigné pour vous. De mon humble avis, il s’agit de la meilleure balade de l’année 2016 et il faudra se lever tôt pour la déloger du panthéon où elle se doit de siéger.

Sur « To Live Again », on retrouve une ambiance industrielle, montrant un autre visage, une autre facette du groupe. La puissance est au rendez-vous, le chant reste de très haut niveau. Imaginez ce morceau en live !!! Un mot résume bien l’affaire… « Tuerie ».

Le morceau de clôture « Bye Bye Blue Skies » vous envoie valser tant il est joué avec rapidité, fermeté. On ressent moins l’approche nu-métal et pensons plus aux racines bien Punkoïdes. C’est génial. La créativité est au rendez-vous, le refrain vous prend l’âme.


Les autres morceaux sont bien foutus, on va à l’essentiel, des riffs bien glissés, donnant le peps utile au moment opportun, un chant toujours aussi habité, une basse bien groovée, le tout sous les baguettes bien menées de Paul.
Pour que j’eusse parlé d’un chef d’œuvre, sans doute aurais-je aimé un peu plus de diversification entre d’autres morceaux qui reprennent les très bonnes recettes évoquées ci-avant.
Mais ne me faites pas dire ce que je n’ai point dit. Prenons « Second Chances », c’est un morceau superbe, c’est juste que les autres morceaux l’ont supplanté !!! Même constat pour « Lonesome Road ».
Sur « After The Heartache », on est surpris par la nervosité guitaristique et gagnons en vitesse pour nous propulser dans un refrain vraiment génialissime. Mais « Helpless » m’a déjà emmené encore plus loin.
« Devil's Spawn » semble sonner bien plus métal que Rock et là, je me surprends à penser que le génie de Darkhaus est encore plus présent dans leur façon unique de créer le parfait équilibre entre les deux genres.

Plus vous écouterez cette galette et plus vous serez séduit, j’y réponds sur mon propre honneur.

En conclusion, avec « When Sparks Ignite», Darkhaus nous prouve qu’il est allé encore plus loin dans l’art de doser le rock gothique et le Métal, le tout dans une très juste mesure et avec brio.

Morbid Domi (Octobre 2016)