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What Are We Waiting For

CARMZIOFA
Rédacteur en Chef

Electric Guitars

Avec ''What We Are Waiting For'', Electric Guitars signe un disque où la pop des années 80 cotoie avec efficacité les effets électro et les guitares
9 titres
Hard Rock
Durée : 34 minutes
Sorti le 30/10/2026
25 vues
Un groupe baptisé Electric Guitars qui se met aux synthés et aux boucles : l'histoire avait de quoi faire sourire, et elle ne fait pas sourire tout le monde. Cinq ans après ''Freewheeler'', hard rock nerveux à la sauce punk, encore très attaché à ses racines des années 70 et 80, les Danois publient leur sixième album avec une règle du jeu renversée.

Pour la première fois, Søren Andersen et Mika Vandborg ne tiennent pas la production : leur batteur, Morten Hellborn, s'en charge, avec l'idée d'aborder le groupe comme un projet tout neuf. Le mixage part lui aussi à l'extérieur, chez Ole Bjørn, ancien de Duné. Le line-up n'a pas bougé, c'est tout le reste qui change.

Le disque se comprend d'abord par sa face la plus lumineuse, et c'est aussi la plus réussie. 'High Note' s'y impose comme le sommet : une pop de radio FM des années 80 assumée sans le moindre complexe, portée par des refrains qui collent à la mémoire, avec un clin d'œil appuyé à 'In The Air Tonight' de Phil Collins au sortir du pont. Sa construction sinueuse partagera sans doute : les uns y entendront une écriture intelligente, les autres un détour de trop.

Le morceau-titre met davantage de monde d'accord. Le groupe y joue serré, sans une once de gras, avant de lâcher l'un des plus gros refrains de l'album dans un décor sonore rutilant. Sur ce terrain, le pari de Hellborn se justifie pleinement : ces mélodies n'auraient pas la même évidence sous l'ancien costume.

Le versant sombre rappelle que tout le mordant n'a pas disparu. 'Gaslight' conserve une noirceur rock et un climat trouble, à l'ombre de Queens of the Stone Age, qui en font l'un des meilleurs arguments à présenter aux sceptiques. 'The Inner Circle' pousse plus loin le mélange : sa pop sophistiquée avance sur une basse métallique et des guitares saturées à l'extrême, dans un registre que les admirateurs de Muse reconnaîtront aussitôt. Peter Kjøbsted y tient un rôle moteur, et c'est l'un des rares moments où la section rythmique passe clairement au premier plan pour de bonnes raisons.

'Only In Your Head' concentre à lui seul les promesses et les dangers de l'entreprise. "On peut difficilement s'éloigner davantage de l'écriture traditionnelle", avance Andersen, et le titre lui donne raison, à coups de pompe rythmique et d'effets sonores empilés. Le culot force le respect. 'Messenger', qui ouvre l'album est un de mes titres préférés. Son rythme disco, ses bidouillages électronique et les guitares y gardent leur place et la porte d'entrée reste grande ouverte.

Les guitares sont-elles toujours là ? Elles sont bien là, souvent traitées, saturées, fondues dans la texture, seulement elles ne mènent plus la danse comme autrefois. Celui qui attend ici le hard rock fait main de la scène danoise, dans l'esprit de D-A-D, trouvera l'ensemble bien trop tendre.

Personne ne réclamait d'Electric Guitars une telle remise à plat, et c'est sans doute la meilleure raison de la saluer. Et entre un énième album de rock bien propre sur ses bases et cette prise de risque imparfaite, le choix est vite fait. La question du titre a trouvé sa réponse : les Danois n'ont plus voulu attendre. Un album ambitieux et parfaitement réussi.