« Weight Of Oblivion », un premier album tout à fait honorable où brutalité et frénésie sont au rendez-vous dans cette synthèse bien équilibrée de Death et de Thrash
Tyrant Disciple existe déjà depuis 2004 et s'est formé en Finlande mais dix ans sépare leur seconde démo, « Fields of Suffering » (2008) de leur premier album, « Weight Of Oblivion », que nous allons maintenant vous faire découvrir.
Effectivement, il ne faut pas attendre longtemps, quelques secondes tout au plus, pour comprendre que Tyrant Disciple est un représentant-type de la scène Thrash. Que ce soit la voix screamée de Sami Risku ou les riffs de guitare, tout dans « The Great Dead One » transpire le Thrash/Death. La batterie de Jussi Samppala est sèche et militaire, claquant avec la force d'un fouet et imposant une cadence infernale au groupe tout entier. Avec « Waste », on continue dans une frénésie qui prend des accents de démence sordide. Le frontman passe de paroles rapides à de longs hurlements qui vous hérissent les poils et vous glacent le sang tant ils semblent bestiaux. La rythmique se fait un peu plus lente et entraînante, invitant à un headbang désordonné et chaotique. L'engagement des musiciens est total et très convaincant tant on sent qu'ils sont absorbés par leur performance. Le morceau éponyme est rugissant à tout point de vue ! La batterie est martelée avec une violence incroyable et le scream passe des aigus aux graves, d'un timbre sec à quelque chose de bien plus caverneux, condensant les meilleurs éléments du Thrash et du Death en un unique hymne à la destruction et au carnage.
Le simple titre de « Cancer » donne une image assez précise du morceau dont la tension croissante évoque assez bien la prolifération de cellules mortifères. Les guitares de Sami Risku et Kari Lehtinen se répondent et alimentent une ligne musicale qui semble s'étirer à l'infini et nous enserrer dans ses anneaux. La batterie semble plus sage sur cette chanson, pourtant bien plus agressive du point de vue mélodique. Les premières notes de « Blood Countess » (qui est, bien entendu, une référence à la célèbre Élisabeth Báthory qu'on ne présente même plus tant ce sujet a été commenté en littérature, au cinéma et en musique, en particulier dans la scène Metal) évoquent un morceau plus atmosphérique avec une composition plus légère. Alors que les premiers titres étaient de véritables tourbillons musicaux, celui-ci donne presque l'impression d'être minimaliste par moment, mais cette tentative de Tyrant Disciple est plutôt payante puisque le morceau se démarque vraiment ! Après cette digression, le groupe nous ramène dans le droit chemin de la brutalité la plus franche avec « Peace Of Violence ». La basse de Stefan Laine reste discrète mais sous-tend l'ensemble, alliée en retrait de la batterie.
« Long Lives The King » s'ouvre par un riff très agréable et une rythmique énergique et légèrement groove qui permet d'entrer très vite dans la chanson. Le chanteur du groupe impressionne par sa présence, qui doit être encore plus monumentale en live ! La fougue du Thrash est associée à l'atmosphère glaçante du Death pour un effet des plus impressionnants. « Eternal Burn » est la parfaite transcription musicale d'un mur de flammes nous entourant et nous avalant, et porte donc extrêmement bien son nom tant un sentiment d'inexorabilité s'impose à nous à l'écoute de ce morceau. La suite du programme c'est le sombre « Bringer Of Rain » (qui n'a absolument rien à voir avec « Bringer Of Pain » de Battle Beast, oui j'étais obligée de le souligner). Le morceau est terriblement rapide et brutal. Et on finit avec « Funeral Veil », un morceau qui met décidément à l'honneur les deux guitaristes du groupe qui multiplie les riffs hypnotiques alors que le duo rythmique casse la vitesse de la chanson avec des sortes de breaks sur lesquels la voix se fait plus traînante, avant de repartir à toute allure.
« Weight Of Oblivion » est un album tout à fait honorable et qui incarne à merveille la synthèse entre le Thrash et le Death Metal que des groupes dans la lignée de Tyrant Disciple peuvent proposer. Brutalité et frénésie sont au rendez-vous, ainsi que des touches plus originales, comme en témoigne « Blood Countess ».