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We Are the Gore

ANIBAL BERITH
Journaliste

Haemorrhage

33 minutes de goregrind exaltants, qui poussent à écouter le disque en boucle inlassablement.
14 titres
Goregrind
Durée : 33
Sorti le 06/10/2017
9274 vues
Voilà quelques années que le groupe de goregrind/death espagnol ne nous avait pas gâté de quelques compositions musicale sur la décomposition humaine! 6 ans se sont écoulés depuis le très bon ''Hospital Carnage'' succédant déjà à l'incontournable ''Apology for Pathology''.

On ne change donc pas une formule qui fonctionne et on reste dans ce qu'on sait faire le mieux pour ce septième album et le second signé chez Relapse Records. Officiant avec brio sur le terrain du goregrind aux touches variées taquinant le thrash et le death, c'est avec ''We Are the Gore'' que le quintet ibérique va nous disséquer les oreilles sur 33 minutes et 14 titres (35 et 15 pour la version Deluxe).

C'est par un discours fédérateur sur fond de riffs angoissant que la machine à dépecer espagnole tranche dans le vif avec 'Nauseating Employments'. Dès les premiers riffs, on sent que les six ans d'attente sont mérités, ne serait-ce que par la production en hausse et plus propre que les disques précédents.

Globalement, l'album est très varié ce qui est une prouesse dans ce genre musical et c' est ce à quoi nous a habitué le quintet dès leur premier méfait ''Emetic Cult''. Le combo a une culture Metal évidente et n'hésite pas trancher dans le gras en alternant tempos ''défourailleurs'' de nuques ou mid tempo dynamique à la touche thrash tout en incluant des passages clairement old school comme pour le titre éponyme qu'on pourrait presque qualifier de grind n'roll par moment.

On note une violence plus marquée dès le départ avec un grind qui se rapproche du death par un son de guitare plus gras . Tout en restant aussi incisif, le son est moins crade que précédemment, ce qui pourrait déplaire aux puristes, mais qui offre une vision plus complète du savoir-faire des espagnols.
Point d'inquiétude, l'ambiance est toujours aussi dégueulasse avec l'enchaînement sur le très efficace ''Gore Gourmet'' qui, sur un rythme moins ravageur, est tout aussi dynamique et nous maintient dans le bain de sang avec un chant soigné et des borborygmes bien adaptés à ce que le titre cherche à véhiculer.

Les titres se succèdent donc sur cette dynamique avec la particularité d'intégrer des solis malgré la déferlante de violence, ce qui accentue la passion portée au Heavy Metal par le quintet. On notera par la même une progression dans le chant qui est beaucoup plus structuré et qui alterne entre le growl et le scream assez remarquable sur 'Forensick Squad' ou encore sur 'Medical Maniacs' avec un passage plus caverneux typé death bien dégueulasse au tiers du morceau.

Les riffs sont assénés de façon assez simplistes, ce n'est en aucun cas péjoratif puisque ça correspond au genre, et plus de place est accordée à la basse que l'on sent très présente et même mise en valeur par l'intro de 'Medical Maniacs'. La complexité de leur art réside dans le fait de tout imbriquer avec une certaine cohérence; plans heavy, thrash, death et grind cohabitent en permanence ('Miss Phlebotomy', 'C.S.C. (Crime Scene Cleaners)') rendant la musique des espagnols presque accessible malgré la brutalité et la courte durée des chansons.

On sent au fil de la galette un bon gros délire des ibériques véhiculant des textes bien crades autour d'une musique énergique qui ne peut que donner envie d'headbanguer et de la vivre en live. D'ailleurs pour appuyer l'humour des espagnols, il faut bien écouter le disque jusqu'à la dernière seconde avec une petite surprise complètement décalée à la fin du titre 'Intravenous Molestation of the Obstructionist Arteries (O-Pus VII)' qui sur 1'49'' offre un grind bien poussif sue une minute, puis 33\'\' de temps mort et ...... à vous d'écouter la suite chers auditeurs!

''We Are The Gore'' s'inscrit parfaitement dans la discographie d'Haemorrhage qui signe un très bon album en conservant son entité tout en améliorant la production par un son parfaitement retranscrit et une inspiration exacerbée. 33 minutes de goregrind exaltants, durée idéale pour ce type d'univers et qui poussent à écouter le disque en boucle inlassablement.

Anibal Berith