Centré sur un discours axé sur l'écologie (l'industrialisation à outrance et la pollution sur l'environnement qui va avec), ce « Watertown » de The Mustangs recèle de jolies perles de rock blues folk
Depuis 18 piges (et 8 opus), Jonathan Bartley officie aux baguettes pour les anglais de The Mustangs. Ce que le gens savent peut être moins c'est que le bonhomme est un citoyen et un politicien plutôt actif. Outre d'avoir été le co-directeur d'Ekklesia (groupe de réflexion indépendant examinant le rôle de la religion dans la vie publique), le monsieur co-dirige depuis 2016, avec Siân Berry, le Parti des Verts de l'Angleterre et du Pays de Galles. Comme cela n'était sans doute pas assez, le garçon est devenu en 2018 le chef du conseil de l'opposition officielle à Lambeth ainsi que le représentant du quartier de Saint-Léonard. Si ça ce n'est pas s'impliquer...
Pour leur neuvième effort (le 1er avec leur nouveau label Skyfire Records après avoir quitté Trapeze Music en 2017), les britanniques ont choisis l'approche du concept album pour parler de la lutte entre la nature (que l'on voudrait voir perdurer de la meilleure manière) face aux volontés d'expansions des villes et des industries. Au vu de la thématique choisie, on comprend l'importance et la saveur particulière que revêt ce « Watertown » pour notre batteur. Dixit l'intéressé ''C'est la première fois que nous sortons un disque dont le message correspond à ce que je fais politiquement''.
Tout démarre paisiblement par des sifflements d'oiseaux avant l'arrivée d'un bruit aérien. Passé l'intro, la guitare acoustique nous embarque dans un tempo folk rock jusqu'à l'intervention de l'harmonica de Derek Kingaby (le magnifique 'King Of The Green Fields'). Les britishs colorent leur musique de mélodies contagieuses ('Kings Of Light' et son sympathique solo de guitare). Les compos, les plus addictives les unes que les autres, se succèdent ('Field And Factory', 'An Easy Place') sur les mêmes bases que le morceau d'ouverture. On retrouve ici et là quelques passages psychédéliques ('Inter Machine') et des furtives incartades country ('Going Into Town').
La production goupillée par Wayne Proctor (ex frappeur de toms des écossais de King King) se veut léchée et adaptée au projet. Épaulé par la 4-cordes de Ben McKeown, Jon Bartley, bien arrimé derrière son kit batterie, joue les métronomes de luxe. Globalement, le successeur de « Just Passing Through » est lumineux et relevé ('Swimming With The Devil' et son riff de gratte bien rock, 'Love Will Pass You By', 'She Didn't Get Into The Water'). Les vocaux de Adam Norsworthy ravissent les cages à miel avec son timbre chaud et lascif. Malgré tout, cela ne l'empêche pas d'être clair sur ce qu'il a envie de dire : ''Tout le monde parle d'une nouvelle puissance à venir, tout le monde dit que cela va nous rendre riches'' [...] ''Je n'ai pas peur du progrès, mais je n'aime pas le changement'' (la piste éponyme). Finalement, la rondelle se termine par une ballade aux inspirations Beatles-iennes ('Looking For Old England') qui se clôture par un retour aux des sifflements de piafs. La nature reprend ses droits. Na !.
Centré sur un discours axé sur l'écologie (l'industrialisation à outrance et la pollution sur l'environnement qui va avec), ce « Watertown » de The Mustangs recèle de jolies perles de rock blues folk. Un très chouette voyage en somme.