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Washington State Charm

ENZO FABREGAT
Journaliste

MONUMENT OF MISANTROPY

Au loin, les Festejades de Gruissan continuaient probablement leur immense messe alcoolisée pour étudiants bronzés du Sud. Et moi j’étais là, seul dans ma cuisine à Narbonne, avec un album de brutal death sur Ted Bundy dans les oreilles. Finalement, il y a des week-ends bien pires.
13 titres
Brutal Death Metal
Durée : 50 minutes
Sorti le 26/06/2026
17 vues
J’avais franchement la flemme d’écrire ce week-end.... Le genre de week-end où tout le monde semble avoir quelque chose à faire sauf toi. À vingt minutes de chez moi, il y avait les Festejades de Gruissan. Des centaines de jeunes de mon âge entassés dans les rues, des marinières trempées de bière, des bandas qui jouent trop fort, des types qui finissent ivres morts sur le port en chantant du Goldman comme si leur vie en dépendait. Narbonne était presque vide. Ma copine n’était pas là. Moi j’étais seul dans mon appartement avec cette chaleur du Sud un peu sale qui colle aux murs et fatigue les nerfs. Alors j’ai mis de la musique. Mon enceinte crachait du Speeping Protoplasm, du Bubbling Prolapse, des groupes de slam death underground trouvés au hasard sur spotify à des heures où les gens normaux dorment. En ce moment j’écoute énormément de death metal, de brutal death, des trucs extrêmement violents qui feraient probablement fuir n’importe quel être humain équilibré. Et bizarrement, ça me détend. Puis je me suis souvenu que je devais écrire un papier pour United Rock Nations sur le nouvel album de Monument of Misanthropy. J’ai allumé un cigare. Servi un verre d’armagnac. Peut-être deux. Et j’ai lancé Washington State Charm. Honnêtement ? Une excellente claque !

Le disque sort le 26 juin 2026 et ça faisait longtemps qu’un album de brutal death ne m’avait pas donné cette sensation simple et presque oubliée : passer un vrai bon moment. Pas un “bon moment” de chroniqueur pseudo-intellectuel qui analyse chaque riff avec l’air grave d’un sommelier parisien. Non. Un vrai bon moment. Le genre de disque que tu balances dans une voiture à une heure du matin avec tes potes après une soirée trop alcoolisée. Ou seul dans ta cuisine, comme moi ! Parce que oui, cet album a ce truc rare : il est ultra brutal mais fun. Le concept tourne autour de Ted Bundy, ce qui est déjà suffisamment dérangeant pour annoncer la couleur. Mais là où beaucoup de groupes utilisent les serial killers comme simple décor gore, MONUMENT OF MISANTHROPY construit quelque chose de beaucoup plus immersif. L’album explore la psyché de Bundy avec une froideur presque clinique. Ça reste sale, violent, malsain, mais jamais caricatural. Et surtout, les performances vocales de Georg Wilfinger sont monstrueuses ! C’est probablement ce qui m’a le plus marqué sur le disque. Le mec possède ce mélange parfait entre growls abyssaux, hurlements plus écorchés et articulation suffisamment claire pour qu’on ressente toute la folie du personnage derrière les paroles. Dans un genre où beaucoup de chanteurs finissent par tous sonner pareil, lui dégage une vraie personnalité.

Musicalement, ça cogne sévèrement. Blasts nucléaires, riffs pachydermiques, breaks ultra lourds, passages presque groovy parfois. On sent évidemment des influences comme Dying Fetus ou Cannibal Corpse, mais le groupe conserve une identité propre : quelque chose de plus froid, plus oppressant, presque méthodique dans sa violence. Et surtout, l’album évite un énorme piège du brutal death moderne : devenir chiant au bout de vingt minutes... Ici les morceaux respirent. Les rythmiques changent. Les riffs restent mémorables. Ça tabasse sans devenir une soupe informe de blasts continus. On sent un vrai travail derrière tout ça. Alors non, Washington State Charm ne révolutionnera probablement pas le Death metal. Mais honnêtement, on s’en fout un peu non ? Tout ce qu’on demande à ce genre de disque, c’est d’être sincère, violent, mémorable et de nous faire oublier le monde pendant 50 minutes. Conclusion : Mission accomplie.

J’ai terminé mon armagnac pendant les derniers morceaux. Le cigare agonisait dans le cendrier. Au loin, les Festejades de Gruissan continuaient probablement leur immense messe alcoolisée pour étudiants bronzés du Sud. Et moi j’étais là, seul dans ma cuisine à Narbonne, avec un album de brutal death sur Ted Bundy dans les oreilles. Finalement, il y a des week-ends bien pires.