Après un ''Dust'' de très bonne facture publié en 2023, les Teutons de Thron nous reviennent avec ce ''Vurias'' doté d’un magnifique artwork dû à l’artiste Daniele Valeriani (Behemoth, Mayhem).
Sur ce cinquième opus, le quintette poursuit sa pratique d’un black metal froid d’obédience scandinave sans pour autant renier son sens de la mélodie.
'The Serpent’s Path', qui ouvre l’album, donne un excellent aperçu de ce qui va suivre 45 minutes durant. A l’intro du morceau, tout en claviers et arpèges délicats, succède une tempête de riffs syncopés sur fond de blasts dévastateurs, sur lesquels se greffe un chant suintant la haine et la misanthropie. La surprise vient à mi-titre via un premier break mélodique, puis un second, qui se veut plus atmosphérique.
Car sous ces airs de brutalité primaire se cache une sensibilité qui se dévoilera au fur et à mesure des écoutes. Les lignes de guitare font preuve de subtilité et se dissocient régulièrement, apportant aux pistes une richesse et une originalité marquée. Les trémolos, nombreux et variés, perdent leur côté gimmick pour servir au mieux les structures ('Astral Materia', 'A Paradox'), tout comme la section rythmique, percutante et millimétrée.
Si le metal noir prédomine, le combo s’en va régulièrement chasser sur les terres d’autres styles. Ainsi emprunte-t-il au heavy metal ses guitares harmonisées sur 'Hubris’ Crown'.
Le long break central du joyau noir 'Ungemach (Stilles Ende)' se veut délicieusement progressif alors que les envolées de saxophone sur 'The Hunter And The Prey' donnent un côté jazzy à ce morceau très Behemoth dans l’esprit.
On sent les musiciens compétents et déterminés à donner le meilleur d’eux-mêmes dans des compositions qui, sous une apparente simplicité, fourmillent de détails et d’arrangements, notamment grâce au travail du claviériste PVIII. Samca s’avère un excellent vocaliste, apportant à la musique un complément vocal des plus appropriés. Il s’illustre notamment sur le conclusif 'The Metamorph’s Curse' par ce chant incantatoire proche d’Attila Csihar, bande-son rêvée d’une célébration impie.
La production, ample et cristalline, sied on ne peut mieux à l’ensemble, rendant l’écoute de cette cuvée 2025 des plus addictives. Fermez les yeux et laissez-vous porter vers le côté obscur, vous ne le regretterez pas.