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Voyager to Voyager

ALDO
Journaliste

Dead Meadows

Voyage, Voyage...
8 titres
Rock Psychedelique Stoner
Durée : 42 min
Sorti le 28/03/2025
465 vues
La vie est faite de cycles, où la « vibe » d’une période donnée remonte à la surface, provoquant un regain d’intérêt pour le formalisme culturel d’une époque. Et s’il en est une qui a imprimé une empreinte durable – musicalement s’entend – au point de s’exonérer de ce mécanisme cyclique, c’est bien les années 70.

Et pour le coup, le trio DEAD MEADOWS qui nous intéresse ici, originaire de Washington DC, a toujours cultivé une certaine accointance avec les vapeurs psychédéliques émanant du Flower Power. Nos désormais vétérans – 27 ans, l’âge maudit dans le Rock…nous y reviendrons – ont ainsi aligné 10 albums durant leur carrière. La onzième livraison du combo, « Voyager to Voyager » est quant à elle révélée dans un contexte particulier.

Car c’est alors qu’ils s’attelaient à l’écriture à l’orée de l’année 2023 que le bassiste Steve Kille tomba malade. Il leur fallût attendre le début de 2024 pour poser le diagnostic : putain de crabe ! Les sessions d’écritures puis d’enregistrement furent donc marquées par la santé inexorablement déclinante du responsable des fréquences graves. L’album fût ainsi enregistré en trois sessions portant le sceau de l’urgence. Steve Kille pût terminer l’enregistrement, mais la maladie le faucha avant que le disque ne soit entièrement mixé.

Après réflexion, et pas satisfait de certains résultats, le chanteur/guitariste Jason Simon décida de revoir la copie, histoire également de rendre plus fidèlement hommage à son collègue disparu. C’est ce qui explique que l’album sorte près d’un an après la fin de son enregistrement.

Et l’on doit donner sans contestation aucune, raison à Jason Simon d’avoir revu sa copie. Car c’est à un véritable retour aux sources auquel nous convie le – désormais, hélas – duo, à une plongée dans ce que le psychédélisme 70 a produit de plus pur.
Le son d’ensemble, bien évidemment vintage, est feutré et soyeux. La part belle est faite aux overdrives crémeux, quoiqu’un tantinet fuzzy : c’est épais, grumeleux et doux à la fois. Les sons tournoyant flatteront les oreilles des amoureux de la cabine Leslie et de la pédale Univibe. Les pistes de chant sont dotées de la juste dose de delay qui vient souligner les vocaux éthérés du leader.
La production reste sans fioritures, car l’instrumentation est ici réduite à son strict minimum : guitare, basse, batterie, point barre !
Les compositions, derrière lesquelles on sent poindre l’influence des Fab Four dans certaines constructions harmoniques, fleurent bon les ballades bucoliques, mais on devine une certaine mélancolie, dont l’état de santé du bassiste durant la phase d’écriture n’a pas dû être étranger.
Mention spéciale pour le morceau éponyme conclusif de l’album, dont la longue introduction instrumentale provoquera la transe de l’auditeur. Sa construction en deux parties aboutit sur une dernière ritournelle psychédélique.

Marqué par une gestation compliquée, « Voyager to Voyager » est une belle surprise. Les huit pistes, non content de flatter les oreilles des nostalgiques du mouvement hippie, accrocheront l’auditeur lambda à n’en pas douter. C’est beau, planant, prenant…bref, encore un album incontournable !