Actif depuis une dizaine d'années, les écossais de Dvne, reviennent en ce mois d’Avril avec leur très anticipé troisième album “Voidkind”. Après deux EP et une modification de nom plus tard, passant de Dune à Dvne, sort le premier album “Asheran”. Et déjà, la formule Dvne est bien en place, à savoir, un Sludge progressif mêlant la mélancolie du post metal et la puissance et fureur du sludge. Dvne joue une musique organique, viscérale toute en puissance. Après un premier album de cette trempe, le groupe est repéré par Metal Blade et sort son deuxième album “Etemen Aenka”, confirmant tous les espoirs que l'on avait suite à “Asheran”. Ce deuxième album (et la signature sur Metal Blade) a propulsé Dvne dans une autre sphère. Bien que j’aime beaucoup ce second album, je trouve que par moment il tire un peu sur la longueur et je ne suis pas super fan des interludes ambient. Et suite à ce succès public et critique, sort “Voidkind”, troisième longue durée du quintet écossais.
Dvne aime accumuler les couches sonores afin de créer cette musique dense et qui est devenu la signature des écossais. Les influences sont nombreuses et tout semble vraiment très bien digéré. Bien que l’étiquette du groupe soit le Sludge, Dvne aime piocher dans le hardcore, le rock progressif ou psychédélique ou encore l’ambient. Tout un spectre de registres qui vient nourrir et densifier la musique des écossais. Ce troisième album est une véritable montagne à gravir tant cet album est riche et difficile à digérer après simplement une ou deux écoutes. Cet album, comme le reste de la discographie du groupe, mérite un engagement tout particulier tant ce qu’il a à nous offrir en échange est grand et envoûtant.
Après une première écoute, ce nouvel album m'a paru beaucoup plus sombre et direct que le précédent album. Et en effet, dès les premières notes de “Summa Blasphemia”, la puissante et organique musique des écossais nous explose aux oreilles et pose le décor de l’heure d’écoute qui arrive. Après un premier morceau brut de décoffrage, “Eleonora” vient nous faire décoller avec notamment ce chant clair si envoûtant, que le groupe utilise toujours avec autant d’intelligence. Chaque passage avec ce chant clair est plus envoûtant que le précédent. Bien que le chant clair soit plus présent sur ce deuxième morceau, l’intensité n’en est pas moins affectée. “Reaching for Telos” et “Reliquary” continuent sur cette magnifique et intense lancée. Ce n’est que “Path of Dust” qui vient nous offrir notre premier repos avec un interlude tout en douceur et introduisant le très bon “Sarmatae”. Morceau tout en puissance et qui ne fait qu’en gagner tout du long, le break de fin est d’une rare intensité. Tellement intense comme morceau que le deuxième interlude “Path of Ether” vient faire baisser la pression qui devenait assez suffocante. Mais tel un bon screamer “Abode of the Perfect Soul” vient nous sortir de cet instant suspendu dans le temps. C’est un de mes morceaux préférés de l’album, une immensité se dégage de ce morceau plus que les autres, le pic est atteint vers les 3:30 min où sentiments et intensité explosent et me touchent en plein cœur. Le très rock “Pleroma” vient, une nouvelle fois, faire redescendre la pression et nous remet dans cette transe psychédélique et quelque peu cauchemardesque si propre à Dvne. Et puis arrive le dixième titre de cette fantastique pièce “Cobalt Sun Necropolis”, morceau qui clôt à merveille et avec panache ce magnifique troisième album “Voidkind”
Ce que j’aime tout particulièrement dans la musique des écossais est son côté organique, chaque instrument est palpable, les chants ne prennent pas le pas sur le reste, je trouve le mix juste fantastique. Des morceaux comme “Reaching for Telos”, “Abode of the Perfect Soul” ou le titanesque “Cobalt Sun Necropolis” profitent grandement de ce fantastique mix qui les fait décoller dans une autre dimension tellement nous sommes pris dans un maelström de notes, sons et sentiments.
Avec ce troisième album, Dvne montre une nouvelle fois qu’il est maître absolu de son art, qu’il connaît les codes et aime se les approprier pour nous offrir un album juste magnifique et d’une intensité et versatilité rare. Sur de nombreux aspects, Dvne me fait pas mal penser à notre fierté nationale, les incroyables Slift, qui ont sortis un incroyable album en ce début d’année que je vous enjoint à écouter suite à Dvne si vous voulez rester dans cette ambiance musicale empreinte de science fiction, distorsions et passages psychédéliques déments.