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Viribus Unitis

Blood Potatoe
Journaliste

1914

''Viribus Unitis'' est un condensé de black metal furieux à l’ambiance cinématographique marquée. Une totale réussite.
10 titres
Blackened Death/Doom Metal
Durée : 57
Sorti le 14/11/2025
415 vues
Viribus Unitis est le nom d’un cuirassé dreadnought de première classe construit par la Marine austro-hongroise et coulé en octobre 1918 en mer Adriatique par des nageurs de combat italiens.

C’est aussi le titre du nouvel opus de 1914 qui, malgré les nombreuses embuches dues au conflit russo-ukrainien, est parvenu à finaliser ce quatrième long format. Poursuivant son exploration du premier conflit mondial, le quatuor s’est focalisé cette fois-ci sur les relations humaines via le prisme de la camaraderie, de l’endurance psychique et de la résilience de ceux qui ont vécu l’enfer au quotidien. A ce titre, il serait aisé de tracer un parallèle avec la situation vécue dans le Donbass et en Crimée par les compatriotes du combo.

L’album s’ouvre sur l’hymne allemand joué par un vieux phonographe avant que la première salve de blackened death ne s’abatte sur l’auditeur avec le violent '1914 (The Siege Of Przemysl)'. Les guitares sont aiguisées come des shrapnels, la basse tonne comme un canon de 75 et la batterie mitraille à la cadence d’une MG08. Le chant, complément idéal d’une telle violence sonore, suinte la colère et la haine. Un sample de musique militaire stoppe les hostilités une poignée de secondes avant que ces dernières ne reprennent de plus belle.

Les assauts, plus impitoyables les uns que les autres, se suivent cinquante minutes durant, n’offrant que de rares répits. Ces derniers se manifestent sous la forme de breaks écrasants ('1916 – The SüdtirolOffensive', l’intro de '1918 pt2 POW') ou de passages mid-tempo à l’ambiance funèbre ('1918 pt 1 WIA - Wounded In Action' et ses chœurs solennels).

Du haut de ses neuf minutes, '1915 (Easter Battle for The Zwinin Ridge)' impressionne par ses qualités d’écriture et d’interprétation. Proche d’un Behemoth et profondément immersive (ah, ce final !), cette pièce prend aux tripes jusqu’à la dernière note.

Dans ce paysage fangeux et désolé, '1918 pt3 ADE (A Duty To Escape)' s’avère un timide rayon de soleil porté des guitares aériennes et la voix mélancolique d’un Aaron Stainthorpe fraichement débarqué de My Dying Bride.

L’album se referme sur '1919 (The Home Where I Died)', portrait d’un soldat rescapé dont l’âme s’est égarée au fin fond d’une tranchée. Portée par un piano fantomatique et la voix envoutante de Jérôme Reuter (Rome), cette ultime piste distille un sentiment doux-amer, accentué par la présence de bruitages malaisants.

Plus qu’un disque et reflet d’un conflit actuel, ''Viribus Unitis'' s’avère une expérience sensorielle, un voyage mouvementé qui vous mènera dans différents lieux à différents moments. Laissez-vous embarquer dans cette folle épopée, nullement vous ne le regretterez.