Hate Eternal ne convainc pas et a du mal à trouver un successeur à ''Infernus'' sans pour autant tomber dans le faux-pas de ''Phoenix Amongst the Ashes''
L'incontournable Monsieur de la scène death mondiale, Erik Rutan, refait surface avec son groupe Hate Eternal après le cultissime méfait ''Infernus'' paru il y a tout juste 3 ans auprès du label français Season Of Mist. Il faut dire que le Monsieur est très occupé vu le nombre de groupes pour lesquels il officie en tant que producteur (et davantage) via son studio le ''MANA Recording Studios''.
''Upon Desolate Sands'' constitue la septième pièce d'un édifice déjà bien solide, le décevant ''Phoenix Amongst the Ashes'' mis à part. Ayant à nouveau confié l'élaboration de l'artwork au célèbre artiste Eliran Kantor (TESTAMENT, ATHEIST, ARCHSPIRE), on retrouve sur la pochette les traits de ce dernier, le personnage, en revanche, moins triomphant... La ferveur d'Erik Rutan l'ayant animé il y a 3 ans serait-elle mise à mal?
Trêve de suspens, hélas oui... Cette septième oeuvre laisse un peu sur sa faim malgré de très belles choses. Il faut dire que se renouveler après la tuerie ''Infernus'', c'est comme demander à Slayer de se surpasser après ''Reign In Blood'' ! Un exercice pas facile...
Plus court de près de 10 minutes que son prédécesseur avec 38 minutes en proposant 9 titres, alors que les standards proposent 3/4 d'heure, l'écoute de l'album est trop rapide d'autant plus que le dernier titre 'For Whom We Have Lost', purement instrumental, a plus un statut d'outro que de chanson.
C'est donc 8 ''vrais'' morceaux que nous offre le trio américain originaire de Tampa (Floride), le berceau du Death Metal, pour un album mitigé dont l'inspiration fait penser aux montagnes russes avec du très bon et du contournable.
Ce qui marque d'entrée de jeu, c'est que cet opus est clairement moins brutal que tous les précédents avec des titres plus lents et plus accessibles misant sur une rythmique plus lourde et des riffs davantage lancinants et dissonants; c'est assez déroutant lorsqu'on s'attend à un bulldozer survitaminé dévastateur, ce à quoi nous a habitué Hate Eternal depuis plus de 20 ans (1997).
Malgré plusieurs écoutes pour apprivoiser la bête, ça ne passe pas et on tombe dans l'ennui. 'Upon Desolate Sands', qui malgré son côté épique et aérien reste peu évolutif et trop proche de l'univers de Morbid Angel par son ambiance générale et de celui de Nile par sa dissonance orientale; 'All Hope Destroyed' donne l'impression d'écouter le thrash/death ''The Empire'' de Vader et 'What Lies Beyond' distille une ligne mélodique peu inspirée et un solo inutile en guise de clôture.
Toutefois, il y a des compositions absolument remarquables telles que le titre d'ouverture, 'The Violent Fury', qui porte bien son nom et qui est clairement dans la lignée d' ''Infernus'' ! Riffs incisifs, blast beats apocalyptiques, growl rageur et puissant, une ligne mélo très marquée, qui se détache du reste des instruments en étant bien mise en valeur lors du mixage. En étant moins dense que ce à quoi nous sommes habitués, la chanson est plus digeste, plus accessible, ne dénaturant pas pour autant les racines du groupe qui se veulent brutales et complexes.
On retrouve cette conception deux pistes plus loin avec l'assommant 'Vengeance Striketh' qui caractérise bien la marque de fabrique de Rutan par son ambiance malsaine, dense et complexe; le coup de coeur de la rédaction !
Dans la même lignée, 'Dark Age of Ruin' offre tout le savoir-faire du combo : violence, épisme, dissonance, lourdeur, le Mal dans toute sa splendeur, le lent Mid Tempo accentuant cette ambiance pernicieuse.
Avec ce septième opus, Hate Eternal ne convainc pas et a du mal à trouver un successeur à ''Infernus'' sans pour autant tomber dans le faux-pas de ''Phoenix Amongst the Ashes''. Malgré quelques compositions en manque de créativité, l'album n'en demeure pas pour autant inintéressant ne serait-ce que pour les trois chez d'oeuvre énumérés plus haut dans cette chronique. Un dixième titre à la suite de l'instrumental 'For Whom We Have Lost' aurait clairement fait la différence en permettant de terminer la galette sur une note positive à moins que Rutan nous prévoit une suite proche puisque ce second album donne l'impression d'être un épisode d'une saga entamée par ''Infernus''. A suivre...
Tracklist :
1. The Violent Fury 03:54
2. What Lies Beyond 03:08
3. Vengeance Striketh 04:39
4. Nothingness of Being 05:02
5. All Hope Destroyed 05:44
6. Portal of Myriad 04:13
7. Dark Age of Ruin 03:58
8. Upon Desolate Sands 05:01
9. For Whom We Have Lost 03:17