Actif depuis vingt ans cette année, le quatuor Polonais a sorti en avril dernier son cinquième album “Upharsin”. Ayant sorti une pléthore de démo, EP, split, c’est en 2010 que sort le premier album “Towards the Blaze of Perdition”. Le groupe est depuis assez consistant et continue de peaufiner son black en étant toujours plus ambitieux dans son écriture mais aussi dans la production et le mix. L’album “Conscious Darkness” notamment propulsa le groupe dans d’autres sphères tant le groupe réussissait à nous délivrer un album vraiment abouti et majeur dans sa discographie. L’album qui suivi “The Harrowing of Hearts” est tout aussi bon bien que dans la droite continuité de “Conscious Darkness”, très bon mais peu surprenant.
Et bien pour ce nouvel album, les Polonais surprennent ! En effet, certainement conscient d’avoir atteint un sommet avec leur précédents efforts, le groupe tente une nouvelle approche à sa musique. Et bien que l’on reconnaît d’emblée l’écriture des Polonais, c’est au niveau du mix que cela change. En effet, là où au fur et à mesure des nouvelles sorties, le son se faisait plus propre et accessible, pour “Upharsin” le groupe à opté pour une approche beaucoup plus raw et agressive de sa musique. Et cela se ressent dès les premières secondes de “W kwiecie rozlamu” avec ce cri empli de colère et haine qui nous dégueule sa blasphématoire complainte en pleine face. Blaze of Perdition s’est fait une spécialité d’écrire de longs morceaux immersifs avec une ampleur sonore que peu de groupes arrivent à atteindre. Par bien des égards, on peut rapprocher Blaze of Perdition avec Behemoth, je trouve, déjà parce que les deux sont Polonais mais aussi parce que ces deux groupes réussissent, chacun à leur manière, à insuffler dans leur musique une dimension épique et solennelle. Et “Upharsin”, et la musique de Blaze of Perdition en général, en est rempli. Toute la dernière partie de “Przez rany” ou bien “Niezmywalne” nous assaillent de toutes parts sans jamais lever le pied.
Blaze of Perdition sait créer des moments de pure noirceur et violence avec son black puissant et frénétique mais sait aussi construire une atmosphère tout aussi sombre mais qui se veut plus sournoise et qui progressivement vient nous hanter au fil des minutes qui défilent. Par moment, certains de ces passages peuvent faire penser au travail d’ambiance que fait un Deathspell Omega avec ses guitares dissonantes et son riffing syncopé. “Przez rany” est un bon exemple de ça. Mais aussi, “Architekt” vient densifier l’album avec une couche plus ambiante et atmosphérique nous permettant de souffler quelque peu mais tout en restant bercé par ces obscures mélodies. Enfin, “Mlot, miecz i bat” conclut en combinant au mieux tout ce que nous a proposé le groupe tout du long et se permettant le luxe de terminer son album par un solo habité venant conclure à merveille sa nouvelle œuvre.
Aujourd’hui, fer de lance de la scène Polonaise, Blaze of Perdition n’a rien perdu de sa superbe et vient une nouvelle fois le démontrer en réussissant une nouvelle fois à se réinventer juste assez pour rester toujours intéressant à écouter.