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There Will Be Trouble

Blood Potatoe
Journaliste

Coffin Feeder

Avec ''There Will Be Trouble'', les Belges de Coffin Feeder frappent fort via un condensé de death/grind stéroïdé et sous influence cinématographique
12 titres
Death Grind
Durée : 35
Sorti le 25/04/2025
289 vues

Le Seagal ayant chanté tout l'été se trouva fort dépourvu quand Coffin Feeder fût venu. Et à en juger par la pochette délicieusement rétro renvoyant à une époque que les moins de quarante ans ne peuvent pas connaître, ce bras cassé de Steven semble s’être un peu trop éparpillé ces dernières années, à défaut de rester entier.
Formé de membres d’Aborted, Leng Tch’e et de Fleddy Melculy entre autres, ce quatuor belge distille une musique délicate et raffinée pour mélomane exigeant. A la croisée du death le plus vil et du grind le plus abrasif, le combo s’invite dans les esgourdes des auditeurs de manière brutale et met les pieds dans la gueule façon Braddock.
Après une sympathique intro digne des meilleurs post-apo ritals des années 80 qu’on croirait narrée par le Chêne Autrichien, 'Porkchop Express' lance les hostilités sans préavis. Les riffs suintent la testostérone, la basse gronde comme un Balrog et la batterie mitraille à la cadence d’une Gatling. Ici pas de fioriture, on cherche le KO direct.
'If It Bleeds' poursuit le carnage et matraque à coup de double grosse caisse et de saturations exacerbées. Les breaks, judicieusement placés, cassent le rythme et apportent un surcroit de lourdeur à un ensemble qui n’en manque déjà pas. Le chant de Sven, bien reconnaissable, est régulièrement renforcé par les cris, beuglements et autres vociférations de ses camarades de jeu pour notre plus grand plaisir.
Forts d’un palmarès étoffé, les quatre cavaliers de l’apocalypse varient les saveurs et n’hésitent à saupoudrer leur mixture de base d’ingrédients tirés du hardcore ('Get To The Party'), du crust ('A Good Day To Die'), voire de heavy metal (le break de 'The Wrong Arm Of The Law').
Le gang se permet même un petit interlude instrumental avec 'H.I.S.S'.
Les plages de clavier amènent une dimension cinématographique fort à-propos, la thématique de l’album tournant autour des actioners et autres séries B des glorieuses eighties. 'Porkchop Express' narre ainsi les aventures de Jack Burton dans les griffes du mandarin, 'Obey' renvoie au pamphlet antireagannien Invasion Los Angeles et 'If It Bleeds' nous propulse dans la jungle de Predator. De nombreux dialogues samplés viennent d’ailleurs illustrer une majorité de pistes.
Si Coffin Feeder s’apparente à un projet récréatif, force est de constater qu’il fait preuve de rigueur de composition et de qualité d’interprétation. Et on se prend à espérer qu’il nous promette un ‘’I’ll Be Back’’ prochain.