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The Widow and the Others

ALDO
Journaliste

EREI CROSS

Foisonnement sonore
11 titres
Metal / Progressive / Rock / Experimental
Durée : 52
Sorti le 05/05/2023
1122 vues

Impliqué depuis ses origines dans le projet techno-metal poitevin HACRIDE, et assurant un soutien live lors des prestations de CARPENTER BRUT, le guitariste Adrien GROUSSET se lance dans le grand bain du projet personnel. Associé dès 2019 à la vocaliste Laetitia FINIDORI, il livre sous le nom de EREI CROSS un premier jet autoproduit (6 titres) qu’il enregistre dans son studio perso, le temps de passer la période COVID.

Déjà marqué par la thématique des sorcières (également à l’origine du blaze du duo, puisqu’il en est l’anagramme), « The Widow » n’est en fait que la première partie de l’album qui nous intéresse ici. Car les cinq premières plages ne sont ni plus ni moins que celles figurant sur la précédente livraison. C’est ainsi que six nouvelles plages viennent enrichir et compléter le tracklisting.

Dès les premières écoutes, on est frappé par la capacité du groupe à faire se téléscoper les genres. Alors que d’autres formations digèrent les influences pour obtenir une matière homogène, EREI CROSS confronte directement diverses couleurs et matières.
Le premier titre (« Here I am Far Away ») met d’emblée l’auditeur dans le bain, en mixant allègrement, sur un riff bluesy et tétu (mais aux sonorités modernes), des claviers vintages funkisants, un piano bastringue, et un pont que n’aurait pas renié Giorgio Moroder.

Les compositions jouent ainsi sur les contrastes (le final technoïde de « Sorgin Dantza » s’opposant au riff reptilien sur lequel l’ensemble du morceau est bâti) sans jamais frôler la faute de goût. On passe de la New Wave de Depeche Mode au Disco Punk de Blondie (la voix de Laetitia Finidori évoquant parfois le timbre faussement nonchalant de Debbie Harry), la musique baroque (au risque d’étonner certains, Haendel et Bach ne sont pas loin par moment), la folk éthérée.
Le superbe et progressif « The Widow » (à l’intro shamanique et envoûtante) vient ainsi conclure la première partie de l’album.

L’ensemble constitué des six pièces ajoutées aux cinq chansons écrites pour l’EP se distingue par une apparente volonté de muscler le jeu. Au fil des écoutes, l’on est frappé par la cohérence rythmique affichée : c’est puissant et sec comme des coups de marteau pilon. Les sonorités sont plus métalliques et évoqueront la martialité d’un RAMMSTEIN (« The King’s Death », le final de « Ainmosni »), celle plus new wave de FRONT 242 ou TRISOMIE 21(« The Others »), ou le Nu-Metal façon Korn (« Lady Fear » tout en notes piquées et contretemps savoureux). Le jazz, dans ce qu’il a de plus « out », vient épicer un titre (« Vocero »)

Cette joyeuse sarabande (ceux qui suivent auront noté ici le clin d’œil appuyé au Haendel déjà cité) est lié par la voix envoûtante de Laetitia Finidori, dont la nonchalance incantatoire – vient parfaitement incarner le personnage de la Sorcière.

Au final, on se plonge avec délice dans ce foisonnement sonore gorgé de références hétéroclites. C’est riche, jamais indigeste, beau, passionnant et addictif. En clair : INDISPENSABLE !!!