C'est en l'an de grâce 1998 que le guitariste de SEPTIC FLESH, Christos Antoniou, fonde CHAOSTAR avec Natalie Rassoulis au chant. Le projet concrétise son envie d'explorer le côté classique de la musique. La première mouture du groupe comporte également deux autres membres de SEPTIC FLESH, Spiros Antoniou et Sotiris Vayenas. CHAOSTAR publie deux albums avec Natalie alors que le troisième « The Scarlett Queen » ne comporte plus que Christos comme membre originel.
La seconde naissance du groupe se fait avec la chanteuse Androniki Skoula. Le quatrième album studio « Anomina » sort en 2013 et confirme un très bon retour du groupe avec une évolution musicale bien marquée. Cinq ans plus tard, voici la nouvelle offrande de CHAOSTAR qui se voit dotée d'un paquet de guests ; La violoncelliste Kiara Kontantinou, la joueuse de santour Stella Valasi, le guitariste de ROTTING CHRIST : George Emmanuel, celui de NEVER TRUST : Giorgos Eleutheriou, le joueur de duduk Vahan Galstyan et la vocaliste Margarita Stadler. Tout est donc mit en oeuvre pour nous offrir une galette mémorable.
C'est la voix solitaire d'Androniki qui ouvre le bal, rapidement rejointe par l'ensemble des instrumentations posées sur un rythme rapide. La production est énorme, claire et puissante. L'ensemble sonne résolument moderne alors que nous sommes plongé dans un opéra hors catégorie. « Tazama Jua » est un très bon choix pour ouvrir l'album et nous regrettons même qu'il se termine si rapidement. « Blutbad » passera les trois quarts de son temps sur le dépouillement le plus total. Le travail vocal sublime l'ensemble qui passera sur une fin sonore beaucoup plus chaotique.
Si le départ de « Stones and dust » est assez doux, il est rapidement rejoint par des roulements de toms. L'ambiance donne dans l'étrange pour les couplets alors que les refrains au mode plus électronique sont vraiment prenant. Les percussions et cuivres possèdent bien entendu le même aspect que dans SEPTIC FLESH. En parlant de ce dernier, le titre suivant possède certaines mélodies très ressemblantes à certains titres du groupe. « The Individed Light » est magnifique, empli de magie et d'autre-monde.
CHAOSTAR semble donner de plus en plus dans l'aventure d'exploration mais rajoute en plus cette faculté d'être audible à un plus grand public.
« Memniso » est une pièce semi-instrumentale comportant de nombreuses variations. La voix se pose après quatre minutes de saccades, de grand mouvements et bouleversements dans la trame mélodique. L'arrivée d'Androniki augmente la dramaturgie de l'oeuvre de quelques niveaux tant elle est imprégnée de son rôle. Un temps de préparation est nécessaire avant d'attaquer « Silent Yard » et ses presque onze minutes. L'intervention de nombreux instruments se veut sporadique, donnant selon les sonorités un aperçu de la contrée d'où il provient. Ce long périple est toutefois assez calme dans l'ensemble, ce qui aide à une bonne compréhension du trajet emprunté par la musique. La fin du titre sera par contre plus marquée en sonorité pour notre plus grand bonheur.
L'oeuvre se termine par un « Ying And Yang » nous offrant encore de nombreuses ponctuations d'opéra cinématographique. La pureté de l'ensemble nous rappelle que nous tenons entre les mains un chef d'oeuvre unique qui ne sera pas au goût de tous mais sera reconnu par les plus assidu d'entre nous.
De temps à autres nous ressortons bouleversé par un album, pour des raisons souvent différentes, et c'est le cas cette fois encore. CHAOSTAR élève son niveau déjà bien particulier et se transcende lui même. Dans le domaine des musiques qui transportent l'imaginaire, nos amis grecs sont des guides à ne pas manquer. Un son parfait, une recherche de composition étonnante et détonante, des musiciens de grandes qualités, tout est rassemblé pour notre satisfaction. Un seul mot : Merci CHAOSTAR ! (oui ça fait deux mots, mais je parle toujours trop, toute mes excuses cher lecteur.)