Avec ''The Underworld'', Kaasin confirme qu’il ne s’agit pas d’un simple projet nostalgique, mais bien d’une formation qui cherche à inscrire le hard rock classique dans une dynamique actuelle. Porté par Jo Henning Kaasin, le groupe poursuit ici le travail amorcé sur son premier album, avec une ambition claire : faire vivre un héritage profondément ancré dans les années 70 sans tomber dans le mimétisme.
Ce deuxième opus marque une étape importante. Plus affirmé, plus direct, il montre un groupe qui a trouvé ses repères et qui assume pleinement ses influences — de Deep Purple à l’école blues rock britannique — tout en injectant une énergie plus contemporaine. Les premières critiques évoquent d’ailleurs un disque “immédiatement accessible” mais doté d’une vraie profondeur et d’une capacité à durer dans le temps .
Le versant classic rock lumineux et immédiat s'exprime à travers des morceaux comme 'The Real World' ou 'Two Hearts' s’inscrivent clairement dans une tradition héritée des grandes heures du rock des années 70. Les riffs y sont chaleureux, les mélodies limpides, et l’ensemble dégage une sensation de familiarité presque réconfortante. Ce sont des titres qui installent une connexion immédiate avec l’auditeur, sans jamais tomber dans la facilité caricaturale.
À l’opposé, 'We Speed At Night' avec son esprit Purple/Zeppelin (notre coup de coeur) injecte une tension plus marquée. Ici, le groupe durcit le ton : les guitares gagnent en mordant, les rythmiques deviennent plus incisives, flirtant parfois avec une énergie proche du heavy metal traditionnel. Ces morceaux apportent du relief à l’album, cassant toute éventuelle monotonie.
C’est probablement dans une dimension épique et narrative que Kaasin souhaite nous plonger avec le superbe 'Arabian Night'. Ce titre ouvrent des espaces plus larges, presque cinématographiques. Les compositions y prennent de l’ampleur, avec un sens du développement plus marqué et une atmosphère qui dépasse le simple cadre du hard rock classique. On sent une volonté d’installer des ambiances, de raconter quelque chose au-delà du riff.
Des titres comme 'Invisible' ou 'Over The Mountain' introduisent une tonalité plus nuancée. Moins frontaux, ils jouent davantage sur les contrastes, sur des dynamiques plus subtiles. Ce sont des morceaux qui respirent davantage, qui laissent apparaître une forme de mélancolie sous-jacente.
Enfin, le morceau titre 'The Underworld' (et son intro à la 'Overkill' de Motörhead) agit comme un point de convergence. Porté par une énergie plus rapide et une approche presque Rainbowienne dans son esprit, il vient conclure l’album avec une intensité maîtrisée. On y retrouve à la fois l’héritage revendiqué du groupe et sa volonté d’aller chercher quelque chose de plus direct, plus affirmé.
''The Underworld'' est bien plus qu’un simple exercice de style. Là où beaucoup se contentent de rejouer les codes du hard rock classique, Kaasin parvient ici à en capter l’essence profonde — celle qui faisait la grandeur des années 70 et 80 — tout en lui insufflant une énergie sincère et actuelle.
Difficile, à l’écoute, de ne pas ressentir l’ombre majestueuse de Deep Purple dans certains enchaînements, l’élan mélodique et épique de Rainbow, ou encore cette capacité à faire respirer les morceaux, à installer une tension presque organique, qui rappelle par instants Led Zeppelin. Mais là où l’album impressionne réellement, c’est qu’il ne se limite jamais à la citation. Il digère ces influences pour en faire quelque chose de fluide, de naturel, presque évident.
Au final, ''The Underworld'' s’impose comme un véritable hommage vivant à l’âge d’or du hard rock — non pas figé dans la nostalgie, mais pleinement incarné. Un album qui ne cherche pas à impressionner… et qui, justement pour cette raison, finit par s’imposer comme une évidence. Un très grand disque.