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The Space

ALDO
Journaliste

Somali Yacht Club

Ruez-vous sur cet album qui vous fera vous écrier : »SLAVA UKRAINYI !!! »
6 titres
Stoner Psyche
Durée : 45
Sorti le 22/04/2022
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Pour le pékin moyen, l’Ukraine évoque surtout une zone de guerre, et cristallise les craintes d’une éventuel conflit mondial.
Pour une frange non-négligeable de la sphère métalleuse, elle ramène à JINJER, formation qui a su mener sa barque et installer une notoriété conséquente à un niveau mondial, en tournant intensivement et malgré un turnover conséquent en dix ans de carrière.
Mais l’Ukraine, évidemment, ça ne se limite pas à ça.

Et il se trouve qu’un trio issu de ce pays -de Lviv, plus exactement- vient malgré le contexte actuel, de sortir une petite pépite de douceur enveloppée dans une couche de magma (à moins que ce ne soit le contraire ?) qui va éclairer notre quotidien.

SOMALI YACHT CLUB -puisque c'est d'eux qu'il s'agit - aime jouer sur les contrastes et les oppositions. Déjà, le blaze du groupe vous donne un indice, en associant vicieusement deux images : la Somalie célèbre pour ses côtes infestées de pirates et sa pauvreté galopante d’un côté, et une activité fort courue par nombre de quidams pétés de thune de l’autre.

Surtout, on retrouve cette fascination pour la dichotomie dans les six plages qui constituent le tracklisting de « The Space ». Car nos trois slaves s’y entendent pour alterner – voire mixer – la puissance d’une basse distordue à mort (au point de prendre l’ascendant sur les guitares), des riffs de guitares telluriques avec des arpèges aériens et des passages chantés. Inutile de chercher à décortiquer chacune des chansons (qui n’en sont pas vraiment, l’instrumental prenant la majeure partie de l’espace), il s’agit ici de vagues sonores qui fluent et refluent, et sur lesquelles il n’y a qu’à se laisser porter –emporter- par les vagues d’émotions qui font passer –parfois subitement – l’auditeur du cosmique à l’intime.

Musicalement, on pense à Monkey 3, My Sleeping Karma, Elder, pour le côté stoner prog psyché, mais également à des choses un tantinet plus shoegaze comme…Ride (les vieux et certains fans des derniers instants d’Oasis comprendront), et de ci, de là, une touche de Pink Floyd (avec quelques soli blueso-gilmourien d’un goût exquis).

Ca vous hypnotise d’emblée, ça vous fait voyager très loin, c’est effectivement trippant tout en restant accessible, pas répétitif. Bref, c’est beau, tout simplement.
Alors, pour aller à l’essentiel, et sans provocation aucune au regard de l’actualité, ruez-vous sur cet album qui vous fera vous écrier : »SLAVA UKRAINYI !!! »