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The Sick, Dumb & Happy

THE EFFIGY
Journaliste (Belgique)

The Charm The Fury

Un album réussi de bout en bout avec un groupe au top de ses capacités. A ne surtout pas rater !
11 titres
Metal
Durée : 42
Sorti le 17/03/2017
12455 vues
ARISING EMPIRE
The Charm The Fury est un groupe Post-hardcore, Metalcore né à Amsterdam en 2010. Composé à l'époque de Caroline Westendorp (chant), Lucas Arnoldussen (bass), Mathijs Tieken (batterie) et Mathijs Parent (guitare rythmique). Ils seront rejoint en 2011 par Rolph Perdok (Guitare soliste). Afin de se faire connaître, le groupe publie de ses propres deniers le e.p. « The Social Meltdown » qui sort en 2012. Ce e.p. et les concerts lui permettent de décrocher un deal avec Listenable Records pour la sortie d'un premier album « A Shade Of My Former Self » qui sortira en 2013. Cet album va donner l'occasion au groupe de se faire une réputation et d'obtenir de jouer en première partie de groupes tel que Slipknot, Papa Roach ou encore Marylin Manson. C'est aussi l'occasion pour lui de se retrouver à l'affiche de festivals prestigieux comme le Download, le Graspop ainsi que le Fortarock.

L'ensemble de ces expériences va encore faire évoluer le groupe et le rendre plus sûr de lui, assumant totalement ses influences sans jamais se laisser envahir par celles-ci car si de nombreux groupes de metalcore se ressemble, il n'en est rien avec The Charm The Fury. Celui-ci a son cachet bien à lui, reconnaissable aussi bien par sa manière de composer que par la voix de Caroline qui marque la personnalité du groupe.

C'est en 2016 que l'unique changement de personnel a eu lieu avec le départ de Mathijs Parent qui laissera son poste de guitariste à Martijn Slegtenhorst et nous voilà en 2017 pour sa seconde offrande discographique « The Sick, Dumb & Happy ».

C'est un départ fracassant qui nous surprend avec « Down On The Ropes », un son bien puissant avec un riffing pas très éloigné d'un Pantera ou Biohazard de la bonne époque. Caroline s'arrache la voix de manière plus que convaincante, elle est furieuse et ça s'entend. Se faire démonter la tête dès le premier titre est de bonne augure. Un « Echoes » plus groovy enchaîne à merveille. Plus lourd dans les couplets, il contient également des passages de guitare dont Dimebag pourrait être fier étant le père fondateur de ce genre de jeux. Le refrain est de toute beauté et totalement à l'opposé des couplets. C'est de la mélodie mélancolique, ça se grave dans la tête et n'en ressort plus.

« Weaponized » débarque complètement trashy, les quelques phrasés en voix claire sont prenant au possible. Les breaks et certains rythmes font penser à du Slipknot survitaminé. La batterie de Mathijs est réglée comme un métronome et soutient toute la structure du morceaux avec des membres qui déchirent tout sur leur passage. C'est dans un effet de réverbe que débute « No End In Sight ». Nous les retrouverons disséminés tout au long de ce titre bien violent dans ses couplets accolés à des refrains emballant.

La lourdeur et l'ambiance étrange de « Blood And Salt » diversifie soudainement le contenu entendu jusqu'ici. Le chant clair est magnifique et les mélodies envoûtantes. Dans le genre morceau hypnotique nous sommes en face d'une réussite parfaite. « Corner Office Maniac » ou plus simplement « comment couper un album en deux parties » ne contient que des effets de son sur une minute avant de se rendre vers un « The Future Need Us Not » sur lequel l'envie de jumper me fait chuter de ma chaise. Les passages basse-batterie cartonnent de groove bien en place.

Mais voilà que le groupe décide de nous éloigner de toutes cette violence par le très doux « Silent War » qui contient des interventions guitare à la sonorité « Wicked Game ». Caroline nous prouve une fois de plus qu'elle est une très bonne chanteuse en plus d'être une reine du scream. Ce slow mériterait de passer comme première danse à mon mariage mais comme rien n'est prévu de ce côté là nous enchaînons sur « The Hell In Me ». Celui-ci est également basé sur une certaine lourdeur et un groove à la Pantera.

Survient alors une des bombes de l'album « Songs Of Obscenity ». Ce titre est hyper agressif mais possède des refrains fédérateurs mélodiques qui feront certainement leur effet en concert. L'album se termine sur le très bon « Break And Dominate ». Les couplets possèdent de superbes parties de guitare heavy-speed et bouleversent tout sur leurs passages jusqu'à l'arrivée de refrains à l'ambiance plus joyeuse.

Si certains groupes réussissent à confirmer leurs valeurs au deuxième album, The Charm The Fury va encore plus loin en enfonçant totalement le clou. Ne se refusant rien, le groupe nous présente un travail parfait du début à la fin de l'album. La qualité technique des musiciens est impeccable et la voix de Caroline est au top. Mais le plus important est la réussite de supers compositions bien travaillées, bien arrangées et surtout qui prennent l'auditeur aux tripes jusqu'à la dernière seconde. Un superbe album pour lequel le groupe peut avoir de la fierté.