Originaire de New-York, Crator se forme en 2012; jeune groupe vous me direz, eh bien, pas tant que ça à la vue du line-up. Qui se cache derrière ce groupe de tech death américain? Que du lourd!!
Le batteur prodige John Longstreth (Dim Mak, Origin, Unmerciful, ex-Possession, ex-Angelcorpse, ex-Gorguts, ex-Dying Fetus (live), ex-Exhumed (live)), Jeff Liefer (Satanic Sega Genesis, Tentacles) à la guitare, Jason Keyser (Origin, Psycroptic (live)) au chant et le génial Colin Marston (Behold the Arctopus, Byla, Dysrhythmia, Encenathrakh, Gorguts, Indricothere, Krallice, Withered) à la basse.
C'est donc avec ces musiciens de génie que Crator sort cette année son premier méfait "The Ones Who Create : The Ones Who Destroy" et quel album ! 38 minutes de tuerie technique en neuf titres extrêmement variés qui méritent que l'on y pose l'oreille en boucle pour y entendre toutes les subtilités.
Globalement un album brutal orienté death où la technique s'impose rendant la galette accessible de part la part belle donnée aux instruments particulièrement mis en valeur. Les plans purement musicaux sont nombreux, la basse et la guitare jouant de concert.
John le batteur est un monstre derrière ses fûts réussissant à manier le blast beat comme le mid tempo en sans cesse alternance et sa calant parfaitement aux dissonances de la mélodie. Un rythme effréné tenu de bout en bout et exécuté parfaitement. A cela, vous ajoutez le chant puissant de Jason qui navigue aisément entre le death growl, le growl hurlé à la limite du black tout en y incluant quelques plans deathcore et la boucle est bouclée.
Démarrant avec 'The Ouroboros Is Broken' et son intro de 40'' au cours de laquelle on perçoit un fond de musique dissonante, le titre attaque brutalement. La basse de Colin bien calée sur la guitare de Jeff qui jouent ses riffs très rapidement; le tempo des blasts est lui aussi très rythme créant ainsi une chanson variée dans une ambiance malgré tout malsaine. C'est du death....
Cette ambiance perdure tout le sceud, et particulièrement par la dissonance de la mélodie que l'on retrouve à tous les étages ou devrais-je sur toutes les pistes. La majorité des compositions est très rapide et puissante à la limite du brutal death. Seule la mélodie et l'exécution technique nous rappellent que nous sommes en présence d'un groupe de tech/death. En effet certains plans blast beatés ne sont pas loin de la cadence imposée par Chason Westmoreland sur le dernier album d'Hate Eternal "Infernus" ("The Judge on War', 'The Great Stagnation', 'The Sixth Genocide').
Comme je vous le disais plus haut, "The Ones Who Create : The Ones Who Destroy" est très varié si bien que l'on se retrouve face à quelque chose de plus lourd sur le titre éponyme (piste 3) dont le chant de Jason est plus caverneux et les riffs de Jeff plus gras conférant une ambiance terrifiante! La basse de Colin reste prépondérante comme sur chacun des titres de l'album et le final sera dans la logique du titre à savoir inquiétant.
Inquiétude que l'on ressent sur 'The Noble Lie' et ses riffs cristallins se rapprochant du black metal. Après une courte intro par un solo de batterie, le chant de Jason est plus éraillé. Cependant, l'univers death reprendra rapidement le dessus, la dissonance toujours au rendez-vous. L'exécution parfaite des riffs est un régal pour les oreilles surtout par la technique du tapping sur un plan alternant blast beat et mid tempo, suivi de solis monstrueux accompagné de Colin et ses accords de basse exacerbés!
Nous arrivons aux trois derniers titres de cet opus dévastateur avec 'The Collective', 'The Echo That Conquers Voice' et 'The Unquiet Sky'.
Le premier étant très direct à l'efficacité redoutable au plan plutôt heavy à mi-course et au final spatial à la mélodie Sci-Fi.
Le second est clairement dans la lignée du début de la galette, brutal, excessif; ça hurle, ça tartine, cependant la mélodie dégagée par la guitare offre quelque chose de presque symphonique rendant le morceau accessible. On se surprend à fermer les yeux et à se laisser emporter comme envoûté, puis le rythme effréné imposé par John nous fait vite redescendre sur terre.
Le dernier est purement instrumental démontrant la grande capacité (qui n'est plus à démontrer) des musiciens américains à manier leur monture avec génie et brio!
Un premier album réussi pour ce groupe récent au line-up d'exception et expérimenté. Des artistes au service de la musique arrivant à créer un univers sombre et malsain dans une brutalité insoutenable tout en harmonisant le tout par de la mélodie permanente exécutée brillamment pour faire de ce disque, un disque incontournable. Un seul mot...BRAVO!