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The Monkey

ALDO
Journaliste

High on Wheels

"Les mômes ont sifflé le tout-venant...Qu'est-ce qu'on fait? On s'risque sur le bizarre?"
7 titres
Rock Alternatif / Stoner
Durée : 38 minutes
Sorti le 17/10/2025
494 vues

On ne fait pas que du planant-prog chez les poitevins de KLONOSPHERE. Preuve en est la présence dans leur roster du trio HIGH ON WHEELS : des p’tits gars bien de chez nous qui feraient comme qui dirait dans le pas fin, le gras qui bourre bien l’estomac.

Deuxième offrande des sales gosses, « The Monkey » propose en effet une façon de stoner bien rentre-dedans, interprété à l’énergie. Enregistré en situation de live, l’album ne s’encombre d’aucun artifice : c’est brut de chez brut, avec une fuzz bien baveuse. On pense parfois aux grands anciens KYUSS (« Get Down ») ou à BOKASSA, dans la rudesse punk de l’ensemble. Mais surtout, on retrouve de cette folie furieuse des Têtes de Moteurs.

Car comment ne pas penser à la bande à Lemmy, avec ce son qui veut toujours faire plus bruyant, cette basse qu’on sature à foison, et cette (ces ?) voix qui sentent le graillon et le whisky de supermarché ? Comment ne pas y penser à l’écoute du boueux et bordélique « Sinking too much », ou du loufoque « The monkey that dipped his balls in my whisky » (rien que ce titre pourrait sortir de l’imagination débridée des Monty Python, dont l’ami Kilmister était fan) ?

La débauche d’énergie dépensée par le trio montre toutefois quelques faiblesses de rendement : certains titres enfoncent le clou (« Black Sands », « Wolf Dogs », qui dépassent les cinq minutes…pas trop punk, pour le coup), là où une durée plus concise eût été plus adaptée.
Il y a aussi – faiblesse récurrente chez les formations de nos campagnes - cet accent français très (trop ?) marqué qui, selon l’auditeur, pourra charmer par son côté "rien à foutre" ou rebuter parce que fortement « Brayanne is in ze kitcheune ».

Il y a toutefois une volonté de se démarquer du tout-venant par le biais de passages plus « atmosphériques » (la seconde partie psychédélique, au son plus travaillé, de « Lost in Space », ainsi que l’épique « Arrakis », avec son mouvement plus contemplatif, et ses samples de dialogues du « Dune » de David Lynch). Il y aurait ici comme un potentiel malheureusement pas suffisamment exploité, car trop fugace.

Malgré ces quelques points de faiblesse, « The Monkey » ravira les amateurs de brutal, d’incorrect, de musique pas ébavurée qui vous rentre dedans sans fioritures…Ce sera un tantinet plus surprenant lorsqu’on est un peu plus porté sur des choses plus subtiles. Cependant au regard du potentiel entrevu, il n’en coûtera rien de surveiller les prochaines livraison du combo.