Vous avez sans doute déjà entendu parler de l’Atlantide mais connaissez-vous le mythe de Mu ? Il s’agit d’un continent prétendument englouti qui aurait - si l’on en croit la légende - abrité une civilisation technologiquement avancée. C’est au XIXème siècle qu’un archéologue a prétendu détenir les preuves de l’existence de cette terre disparue sous les mers dans des écrits maya. Aussi farfelue soit-elle, cette fable inventée de toutes pièces aura au moins servi de source d’inspiration aux musiciens d’Empire de Mu, une formation québécoise fondée à Montréal en 2016 qui sort ce mois-ci son deuxième album, « The lotus legacy ».
Définissant lui-même son style comme de l’Operatic blackened death metal, le groupe joue une sorte de death metal technique et futuriste dans l’esprit de Nile, Nocturnus ou Gorguts avec chant féminin à la clé. En lieu en place des traditionnels borborygmes typiques du death metal, la voix de soprano de la chanteuse Arianne Fleury (qui sait habilement alterner voix claire et chant lyrique) apporte une dimension symphonique ainsi qu’une véritable originalité. Par ailleurs, le groupe a fait le choix de revendiquer sa francophonie en proposant des textes en français. A l’image du mythe dont il s’inspire, ce nouvel opus est aussi étrange que monumental. Après une intro instrumentale très cinématographique (« The lotus legacy »), on plonge dans un univers aux relents épiques avec « Arthefac ».
Dans la foulée d’une nouvelle intro (« Océan »), le quatuor délivre une nouvelle performance avec le magistral « Les volontaires ». Toujours dans la veine technical death metal, le morceau « Naga » pousse encore le bouchon un peu plus loin avec des blast beats en rafale. Plus mid-tempo dans sa première partie, le morceau « Inukshuk » représente sans aucun doute un des moments les plus intenses de l’album. Les canadiens passent encore un seuil supplémentaire dans la vitesse et l’agressivité avec l’impitoyable « Les adorateurs du soleil ».
Après une intro aux sonorités orientales (« Le silence des observateurs »), on a droit à un déferlement de violence brute avec « Yakushima ». Enfin, le groupe ralentit un peu le tempo en insufflant une bonne dose d’émotion avec le morceau qui clôt ce disque (« Témoins du déclin »), lequel contient quelques influences black metal. Au final, l’écoute de « The lotus legacy » se révèle une expérience sensorielle inouïe qui confine au trip mystique. Inégalable et infiniment brutal !