Déjà le second album pour cette formation native d’Orebrö, en Suède. D’abord quintet, le groupe, après avoir pondu un premier jet « Throne of Gold » (2022) remercie deux de ses membres (le guitariste lead Daniel Blohm et le claviériste Andreas Axelsonn) puis recrute un nouveau guitariste (Peter Lundin) qui assure de concert les rythmiques et les soli. Notez la particularité du batteur Jesper Lindbergh, qui est crédité en tant que tel, mais également en tant que guitariste rythmique. Curieux de voir comment ça s’organise en live…Bref…
Musicalement, autour d’un concept présenté comme de la « modern fantasy » (le storytelling parle d’un monde appelé Saraya, à la croisée d’autres mondes, et de portails…on les croit volontiers), la bande de Stephen Niqvist (vocaux) élabore une matière globalement proche d’un metal symphonique. Cependant, on trouvera dans cette nouvelle livraison, de ci , de là quelques touches d’AOR, et puisqu’on n’en est pas à un mélange près, un soupçon de Linkin Park. C’est poppy dans les structures et les harmonies, hargneux tout en restant très propre. C’est tranchant mais pas gras, et les claviers prennent leur juste place, apportant un côté « grosse production cinématographique » à l’ensemble.
Il y a aussi un je-ne-sais-quoi de la Vierge de Fer dans ce qu’elle a pu produire de plus moderne (« Brave New World » ?) le côté prog en moins. La faute sans doute à certaines inflexions prises par Stephen Niqvist, proche d’un Bruce Dickinson. Le vibrato de chèvre en moins, cela dit…
Au global, c’est tout sauf original, mais c’est plutôt bien troussé, agréable à l’oreille et on peut se laisser aller à apprécier les paysages sonores déroulés par le groupe. On passe un bon moment, et il y a même quelques moments de grâce (le slokitu « Will you Find Me », notamment), mais pas au point de provoquer cette envie irrésistible de ré-écouter l’album sitôt la dernière plage terminée. Pour rugir de plaisir, on repassera…