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The Last Rain

Enora
Journaliste

Can Bardd

« The Last Rain » permet de renouer avec l'univers musical de Cân Bardd, qui nous avait déjà marqué par sa beauté et sa complexité avec « Nature Stays Silent », un premier album aujourd'hui surpassé
5 titres
Atmospheric Black Metal
Durée : 51
Sorti le 22/02/2019
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En mars 2018, nous vous présentions Cân Bardd, un jeune groupe d'Atmospheric Black Metal flirtant parfois avec le Folk, à l'occasion de la sortie de leur premier opus, « Nature Stays Silent ». Il n'aura pas fallu attendre longtemps pour un nouvel album tant le groupe brûle de s'exprimer et de faire ses preuves, ce qui a donné naissance à « The Last Rain ».

Trois accords de guitar, c'est tout ce qu'il aura fallu à Cân Bardd pour que notre esprit se laisse totalement absorber par ‘Between Hope And Reality' qui, avec grâce, prend le temps de s'installer. La lenteur est un art et le duo semble l'avoir compris, savourant la puissance que donne la maîtrise de la temporalité en musique. Les voix, avec la collaboration de Vladimir Cochet, se joignent à cette ligne instrumentale minimaliste pour un effet vibrant. L'auditeur ne tardera pas non plus à remarquer que la qualité du mixage s'est grandement améliorée, ce qui permet de profiter davantage de la profondeur des titres. Guitare et basse se font bourdonnantes, permettant au clavier de s'élever, en contraste avec les graves. Le scream surprend par sa propreté et sa force. Décidément, le groupe nous propose quelque chose de très abouti et soigné ! Ce premier morceau vaut ses quinze minutes tant le groupe joue des nuances. L'ouverture de ‘Celestial Horizon' nous emporte ensuite sur des sentiers où les influences du Folk Metal trouvent leur place, témoignant également de la capacité du groupe à proposer des chansons sombres et tourmentées mais aussi d'offrir des aperçus de lumière et de douceur. On se met à agiter la tête sans même s'en rendre compte et on en redemande !

Le troisième morceau prend la forme d'une proposition uniquement instrumentale où le clavier de Malo Civelli et le violoncelle de Nathalie Dahn-Singh se mêle dans une étreinte astrale et délicate dont la beauté n'a d'égale que la fraîcheur. ‘Clouds and Feuds' poursuit dans cette lignée avant de faire intervenir la batterie de Dylan Watson qui plonge l'auditeur dans un univers Post-Black que le groupe avait ébauché avec son premier album, « Nature Stays Silent ». Alternant entre abîmes mortifères et sphères célestes, Cân Bardd nous emporte à travers une palette d'émotions et de paysages à la seule force de son génie artistique. L'ascension fulgurante du jeune groupe semble n'être entravée par rien, s'alimentant d'une créativité sans borne et d'une énergie divine. Le scream se transforme en véritables hurlements, dépouillant la chanson de ses artifices et permettant à l'auditeur attentif de deviner les racines à vif de cet univers musical. Plus tourmenté et agressif, le morceau éponyme vient conclure un album dont on se souviendra pour sa qualité, son intelligence, sa réalisation soignée et sa sensibilité.

Si « The Last Rain » nous permet de renouer avec l'univers musical de Cân Bardd, qui nous avait déjà marqué par sa beauté et sa complexité, l'album permet également de surpasser « Nature Stays Silent » grâce à un mixage plus propre ainsi qu'une plus grande cohérence. Faire mieux s'annonce comme une épreuve impossible mais nul doute que le groupe en viendra à bout grâce à son talent !