Connus pour faire partie de l’avant-garde de la scène crustcore internationale, les suédois de Disfear accouchent d’un nouvel album qui sonne davantage rock ‘n’roll dans l’esprit de Motörhead.
Quand on est fan de métal ou de rock, il n’est pas rare d’écouter des groupes dont des membres (voire la majorité d’entre eux) ont rejoint les étoiles. Ce qui est moins courant, c’est de voir des albums sortir dans les bacs alors que le chanteur est déjà défunt.
C’est pourtant le cas de « The last nail », le nouvel opus de Disfear dans lequel le chant est assuré par Tomas « Tompa » Lindberg, ex-vocaliste d’At the gates, décédé fin 2025.
Il va sans dire que la voix de Tompa est plutôt singulière, ce qui la rend aisément reconnaissable. Musicalement, le groupe opère un revirement assez radical en passant du crust le plus radical dans l’esprit de Doom ou Extreme Noise Terror à une version survitaminée de Motörhead comme en témoigne le morceau qui ouvre l’album, « A circle of disease ».
Le groupe semble suivre la même évolution qu’Entombed avant la disparition tragique de son leader Lars Goran Petrov. Toujours dans la veine de la bande à Lemmy, le titre qui suit (« Early graves ») remet les pendules à l’heure avec ses mélodies sauvages et rentre-dedans à souhait.
Plus rock’n’roll, « Open to the night within » est jouissif par sa simplicité enfantine et son efficacité rédoutable. Le groupe (qui compte notamment dans ses rangs le premier chanteur de Marduk Andreas Axelsson et aujourd’hui bassiste) accélère le tempo avec l’entêtant « Oblivion Bound ».
Après l’excellent « The revenant », les scandinaves signent un morceau qui semble avoir été écrit par le légendaire Lemmy Kilmister : « Shackled to our vice ». On retrouve notamment les riffs bluesy caractéristiques de certains albums de Motörhead.
Même son de cloche avec le très proto-punk « Cyanide » qui ferait presque pâlir de jalousie les membres encore en vie de MC5 ou des Stooges. On finit en beauté sur l’électrisant « The last nail in the last coffin on earth ».
Simple, direct et profondément badass dans l’âme, ce nouveau disque de Disfear est aussi un hommage poignant au regretté Tomas Lindberg !