‘’Finally, The Rock has come back to kick your ass and get the title!’’. Cette célèbre catch phrase prononcée par l’athlète le plus électrisant du divertissement sportif entre deux escapades à Hollywood ne saurait mieux s’appliquer au retour à la musique de l’insatiable Rob Zombie. Alternant œuvres musicales et cinématographiques à un rythme effréné, ce funambule artistique avait quelque peu perdu l’équilibre via des péloches sympa mais pas transcendantes et des albums manquant de peps.
Mais le zomblard est une créature tenace et ne se laisse pas enterrer aussi facilement. Ayant enfin effectué son heel turn (comme on dit à la WWE), le dreadlocké nous revient plus méchant que jamais avec sa huitième offrande. John 5 ayant pris un abonnement longue durée chez Mötley Crüe, Mister Cummings s’en est allé chercher ses vieux comparses Riggs et Blasko qui n’attendaient, semble-t-il, que cela.
'F.T.W 84', up-tempo dynamique et rentre-dedans, nous met direct dans l’ambiance. Les guitares sont lourdes et abrasives, la basse gronde comme un V8 et la grosse caisse résonne comme jamais.
Cette cuvée 2026 s’avère bien plus metal que ses prédécesseurs les plus récents. 'Tarantula' se la joue Static-X, 'Revolution Motherfuckers' chasse sur les terres de Nine Inch Nails (bidouillages électroniques inclus) et 'Heathen Days' semble tout droit sorti de Psalm 69 (Ministry). Ce côté indus imprègne également 'Black Rat Coffin' et 'Unclean Animals' qui voit le vocaliste se la jouer Oncle AL. Quant au brulot 'Punks And Demons', il devrait laisser quelques séquelles et dents sur le parquet en configuration live.
Seuls '(I’m A) Rock Star' et le presque reggae 'Sir Lord Acid Wolfman' renvoient aux travaux récents de l’artiste.
De nombreux samples viennent enjoliver et dynamiser des compositions à l’indéniable efficacité. Deux interludes cinématographiques permettent également à l’auditeur de récupérer entre deux assauts, tout comme le conclusif 'Grave Discontent', très Goblin dans l’esprit.
Comme de coutume chez l’ami Rob, les textes (attention, explicit lyrics !) ont plusieurs niveaux de lecture. Le titre de l’album pourrait ainsi désigner Mister MAGA, voire l’Amérique dans son entièreté, comme la qualifiait si bien un certain dignitaire iranien dans les années 80.
Les formats sont courts, voire ramassés (le glaviot hardcore 'The Black Scorpion'). En 15 titres et 38 minutes, l’affaire est pliée. Pas de gras sur cette galette, que du muscle élevé à la fonte et galvanisé par une production en acier trempé. Les prochains shows risquent d’être plus qu’agités, vivement la tournée !