Si la relève du death metal mélodique est déjà assurée, At the gates demeure un groupe majeur de ce style qui a émergé dans les années 90, ce qui fait de « The ghost of a future dead » un disque déjà culte.
Quelle joie de pouvoir écouter un nouvel album d’At the Gates ! Joie d’autant plus intense que le chanteur (et leader du groupe depuis sa création en 1990) Tomas Lindberg (aka « Tompa ») est décédé l’an dernier des suites de complications liés à un cancer à l’âge de 52 ans. Conçu dans le respect total des souhaits du défunt chanteur, le successeur de « The nightmare of a being » (2021) se veut un hommage (jusque dans son titre) à l’emblématique fondateur de la formation pionnière du death mélodique.
Enregistré et mixé par Jens Bogren aux Fascination Street Studio d’Orebro en Suède, « The ghost of a future dead » est le huitième (et probablement ultime) album de ce groupe mythique que j’ai pu découvrir avec le monumental « Slaughter of the soul » en 1995. C’est à l’occasion de la sortie de ce dernier que le groupe avait bousculé les bases du death metal en y incorporant une bonne dose de mélodie. Niveau line-up, cette nouvelle galette marque aussi le retour du guitariste Anders Bjorler qui avait quitté le groupe en 2014 après la sortie de « At war with reality ». Eloge funèbre à la gloire du regretté « Tompa », « The ghost of a future dead » est sans doute l’album de death mélodique le plus émouvant qu’il m’ait été donné d’écouter (et pas seulement parce qu’il a été enregistré du vivant du regretté Tomas).
En effet, cet album contient tous les ingrédients qui ont fait la popularité de ce style. Dès les premiers accords de « The fever mask » (soit le morceau qui ouvre les hostilités), on est ébloui par la force implacable (mêlée de mélancolie) du son. Marque de fabrique d’At the gates, l’osmose parfaite entre mélodie et puissance se perpétue sur le titre suivant, « The dissonant void ».
Les riffs se font plus menaçants encore avec « Det oerorhda » tandis que le quatrième morceau (« A ritual of waste ») mise une fois encore sur la vitesse. De « In dark distortion » à « Tomb of heaven » en passant par « Of instertellar death », les scandinaves louvoient entre la férocité du son et la mélodie, sans oublier de reproduire les éléments qui ont fait leur succès. Avec « Parasital hive », on croirait retrouver le At the gates de l’album mythique « Slaughter of the soul ». Sans jamais ralentir le tempo, le groupe frappe un grand coup sur la table avec l’énervé « The unfathomable ».
Après le morceau instrumental « Förgängligheten » qui ferait presque figure d’outro, le groupe réalise une dernière performance avec le titre « Black Hole Emission » qui constitue la dernière pierre de ce qui est déjà un monument à la gloire du death mélodique suédois.
Si la relève est déjà assurée, At the gates demeure un groupe majeur de ce style qui a émergé dans les années 90, ce qui fait de « The ghost of a future dead » un disque déjà culte. Le charismatique « Tompa », qui aura été au death mélodique ce qu’Ozzy Osbourne fut au heavy metal, peut désormais reposer en paix !