Formé en 2005, Woods of Desolation était le projet Post-Blast de D. et P. Knight mais ce dernier quitte le groupe en 2008, laissant seul son confrère après un seul album, "Toward the Depths". Cela n'arrête aucunement D. qui dévoile "Torn Beyond Reason" en 2011 puis "As the Stars" en 2014. Après une pause de plusieurs années, il revient avec une nouvelle création intitulée "The Falling Tide" pour laquelle il assure la guitare, la basse et le chant accompagné de Vladislav Petrov pour la batterie et le clavier.
L'album s'ouvre avec 'Far From Here' dont on peut saluer la ligne instrumentale, profonde et nuancée, qui vient nourrir l'univers déjà très complet de Woods of Desolation. En revanche, le timbre du scream de D. qui remplace Phil Knight au chant depuis 2008 est laissé au jugement de chacun ; mais une chose est sûre, soit on aime cette voix sèche et brute, soit on n'aime pas. Après cette composition très mélodique, le groupe enchaîne avec 'Beneath a Sea of Stars' qui débute avec une rythmique directe que des nappes de clavier viennent contrebalancer. 'Illumination' le confirme : la guitare tient un rôle prépondérant sur cet album, et on pourrait même se dire que D. aurait dû lui laisser une plus grande place encore, quitte à renoncer au chant.
Le morceau éponyme nous porte avec douceur, bien que la voix nous tire parfois de l'émerveillement dans lequel le reste du morceau nous plonge. Une accalmie après deux minutes nous offre un moment contemplatif très appréciable. L'instrumentale 'The Passing' est une vraie réussite au point qu'on souhaiterait que tout l'album soit conçu sur ce modèle ! La grâce et la beauté du titre sont indéniables et cette sobriété les met d'autant plus en valeur. De manière assez inattendue, 'Anew' reste dans cet esprit et la voix se fait discrète, nous permettant de profiter du déchaînement musical et féérique qui se produit devant nous.
"The Falling Tide" est un album plutôt intéressant mais qui gagnerait à laisser une plus grande place à des morceaux instrumentaux. A son écoute, une énergie et une magie nous transpercent mais la voix nous ramène inlassablement à la réalité, bien moins poétique (mais il s'agit là d'une question très personnelle de sensibilité).