A l’occasion de la sortie de leur quatrième album studio, les polonais ont fait le choix de rester fidèles à eux-mêmes : Titres à rallonge, riffs ultra-heavy, son lancinant et pachydermique à souhait, pédale fuzz et vibrato à gogo, atmosphères planantes bien seventies et samples tirés de bandes originales de films constituent les ingrédients qui font la magie du style Belzebong. S’il n’est pas des plus prolifiques (seulement quatre LP en 18 ans d’existence), le quatuor originaire de la ville de Kielce en Pologne se distingue en revanche par sa constance légendaire.
Conformément à la tradition instituée par les pères fondateurs du doom metal il y a plusieurs décennies, les quatre polaques nous offrent avec « The end is high » un album aussi linéaire que monolithique sans pour autant que cela en devienne monotone pour nous autres auditeurs. Et c’est sans doute là que réside tout le génie du groupe ! A l’instar des ricains de Karma to burn, les slaves proposent une musique exclusivement instrumentale, ce qui leur permet ainsi de se concentrer sur le son et d’y insuffler tout ce qui fait l’âme de Belzebong. En dignes héritiers de Black Sabbath, ils se réservent le droit de malmener leurs instruments en instaurant des atmosphères que n’aurait pas renié la bande à Ozzy.
Certes, musicalement, on est plus proches de formations comme Bongripper, Sleep ou Electric Wizard mais néanmoins la magie noire sonore initiée à Birmingham à la fin des années 60 est bel et bien présente en filigrane dans le son de Belzebong. Dès le début, les doomsters attaquent fort avec un titre aussi long (10 minutes et des poussières) qu’envoûtant : « Bong & Chain ». Hormis les sempiternels riffs de guitare qui font trembler les murs, l’auditeur trouvera ici ou là des sons flippants qu’on croirait tout droit sortis de la BO d’un film gothique italien des années 70.
Non contents de nous avoir infligé un K.O. en un seul round, les rois du stoner rock post-soviétique remettent ça de la manière la plus impitoyable qu’il soit avec le vibrant « 420 Horsemen ». Puis, le groupe poursuit son travail de bûcheron sur une note nettement plus psychédélique avec le bien nommé « Hempnotized » qui ferait presque passer Down pour un inoffensif combo de rock sudiste. Fermez les yeux et imaginez-vous dans le bayou de Louisiane ! Vous verrez que ça fonctionne à merveille.
C’est gras et lourdingue comme un chili con carne et pourtant on en redemande ! Cerise sur le loukoum, le titre « Reefer mortis » conclue en beauté ce condensé de brutalité tout en retenue qu’est « The end is high ». Avec ce nouvel opus (sorti sur un label italien qui ne cesse de s’imposer comme une référence du genre), le magma sonore en fusion qui est l’essence même de Belzebong n’en est que plus jouissif ! Culte et indispensable.