Sepultura nous dit « au revoir » avec ce trop court et plutôt bon « The Cloud Of Unknowing ». Si on aurait préféré un album complet pour ces ultimes enregistrements de compos inédites, ne boudons pas notre plaisir.
4 titres
Death/Thrash Metal (early), Groove/Thrash Metal, Nu-Metal (later)
C’est acté, Sepultura s’arrêtera en octobre 2026 avec un ultime set à São Paulo sous forme de grand final pour lequel les anciens membres ont été invités (il semble que les frangins Cavalera auraient déjà déclinés). Alors que le groupe entre dans la dernière ligne droite de sa tournée d’adieu « Celebrating Life Through Death » (entamée depuis mars 2024), un roboratif disque live - de 40 morceaux captés dans autant de villes différentes au fil de ce tour du monde – est en préparation.
En attendant, le combo fondé à Belo Horizonte place présentement dans les bacs un EP nommé « The Cloud Of Unknowing ». En fait, le guitariste Andreas Kisser et ses comparses ont profité d’un passage à Miami après le festival-croisière « 70 000 Tons Of Metal » de 2025 pour mettre en boite quatre titres « sans pression ni échéance » (dixit le sixcordiste). Il s’agit là du premier/dernier matériel studio avec le très jeune batteur étasunien Greyson Nekrutman, remplaçant de Eloy Casagrande parti subitement chez Slipknot.
Musicalement, la formation américano-brésilienne attaque férocement d’entrée avec une énorme mandale mêlant thrash destructeur et parties orchestrales en fond ('All Souls Rising'). Rupture sur le second morceau ('Beyond the Dreams') où la voix en chant clair de Derrick Green se fait grave et posée pour une sorte de semi-ballade plutôt intéressante. Nouvelle et bonne surprise avec la suite pour un missile groove/thrash au cours duquel surgissent des notes de piano venus d’ailleurs et un hurlement monstrueux ('Sacred Books'). La clôture se fait par une piste de plus de six minutes sur laquelle la montée en puissance s’opère crescendo jusqu’à une fin dantesque ('The Place').
En ce qui concernent les thèmes abordés, les textes sont inspirés par « Le Nuage de l'inconnaissance », « un écrit anonyme en moyen anglais de la fin du XIVe siècle » qui « reflète l'opposition de la mystique à la théologie spéculative ou scolastique » (merci Wikipédia).
Comme une conclusion à ses plus de quatre décennies de carrière et quinze opus studio, Sepultura nous dit « au revoir » avec ce trop court et plutôt bon « The Cloud Of Unknowing ». Si on aurait préféré un album complet pour ces ultimes enregistrements de compos inédites, ne boudons pas notre plaisir.