Burning Point nous montre un ensemble harmonieux de qualités multiples qui nécessitent encore de s'agencer avec un grain de folie pour nous guider vers une oeuvre plus aboutie, plus brillante encore.
Ils nous viennent d'Oulu en Finlande et sortent leur 7ème album.
Depuis 17 ans, le groupe sévit dans un power mélodique assez classique.
Passons les nombreux changements de line-up vu qu'il ne reste de la formation d'origine que ce cher Pete Ahonen, longtemps chanteur avant de prendre la guitare en 2014. C'était l'année du changement pour eux avec l'arrivée de Sami à la basse, Jarkko aux claviers et la très charmante Nitte Valo reprenant le poste de chanteuse laissé vacant. Nous restons avec Pekka à la seconde guitare où il s'accroche depuis 10 ans et aussi avec Jussi à la batterie, fonction qu'il occupe depuis 8 ans.
De prime abord, nous déduisons qu'il y a de quoi avoir une cohérence musicale. Pourtant, si le groupe n'est pas mauvais, la presse spécialisée a souvent trouvé ses productions assez erratiques, ce qui à la longue, essouffle en ne laissant pas une grande image qualitative.
Il n'y aura pas d'effet surprise puisque nous avons découvert ce que Nitte avait dans les cordes lors de la sortie du 6ème opus, au titre éponyme. C'était en juin 2015 et à l'époque, Burning Point avait pondu 4 nouveaux titres et optait pour le réenregistrement de 6 titres, histoires de montrer ce que l'ensemble donne avec cette chanteuse. C'était correct mais sans plus.
A quoi nous attendre avec cette nouvelle cuvée ?
Ne tergiversons pas, sur « The Blaze », il y a de très bons titres et des morceaux redondants ne dégageant rien d'extraordinaire.
Au rayon du « ça vaut le détour », la première piste « Master Them All » accroche d'emblée dans son registre bien Speed. C'est vivifiant, le refrain est bien agressif. Nitte est en forme et ça s'entend. Le riffing est bien agréable car nous allons à l'essentiel. J'apprécie aussi l'engagement du batteur.
« Time Has Come » est intéressant car sonne assez classique, nous montrant le spectre d'Helloween et surtout, un bon goût dans la composition. Le petit jeu de clavier nous replonge aux temps jadis, c'est vraiment agréable.
La 6ème piste « Dark Winged Angel » est aussi une petite pépite car elle est remarquable techniquement, à un point tel, qu'en fermant les yeux, j'ai carrément réentendu un hit presque aussi fabuleux que le sacré « 24h ago » de Savatage.
Autre beau morceau, « Lost In Your Thoughts » qui cette fois nous montre Nitte dans un registre vocal plus à la Nigthwish par son approche lyrique. Musicalement, le morceau est très bon. Le refrain est prenant. Le petit bémol, c'est que vous avez l'impression d'avoir déjà entendu ce style dans les propres compositions du groupe.
« The King Is Dead, Long Live The King » comporte une dimension plus épique, c'est rythmé et engagé. La vitesse est là et le groupe vous bouge, bon gré, mal gré.
Un autre titre conviendrait à merveille pour illustrer un film d'aventure, je pense à « My Spirit » qui alterne la puissance et l'aspect plus tendre dans le refrain. C'est frais et tonique.
« Incarnation » et « The Lie » m'endorment, j'ai beau essayer mais voilà, j'aimerais que les choses en aillent tout autrement.
La dernière piste nous réserve une petite suprise, reprenant le « Metal Queen » de Lee Aaron (1984). Clairement, le dépoussiérage est effectué avec brio car l'original est ici sublimé. Nitte possède un bon timbre de voix et l'âme du Power. Les musiciens ont bien travaillé sur cette reprise.
Transversalement, j'aimerais entendre davantage le jeu de basse sur les pistes.
Au niveau du clavier, nous sentons que l'approche de cet instrument s'effectue avec trop de parcimonie, ce qui retire le petit grain de folie qui ferait du bien.
L'album n'est pas mal du tout et nous l'avons vu, comporte quelques morceaux dignes d'intérêt. Toutefois, nous aimerions que le groupe diversifie davantage, mette des arrangements entre les morceaux, balance un slow, bref, qu'ils développent une stratégie musicale permettant de contourner l'écueil de la redondance.
Je gage qu'ils en sont parfaitement capables. Ceci dit, l'album passe bien, c'est plaisant et on sent une évolution. Donnons le temps au temps.
Avec « The Blaze », Burning Point nous montre un ensemble harmonieux de qualités multiples qui nécessitent encore de s'agencer avec un grain de folie pour nous guider vers une oeuvre plus aboutie, plus brillante encore.
Morbid Domi (Décembre 2015)