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The Arsonist

MATHIEU BOLLON
Chroniqueur

Wailin Storms

Si le regretté David Lynch avait exercé le métier de musicien au lieu d’être le réalisateur que l’on connaît, il y a fort à parier qu’il n’aurait pas renié « The Arsonist » si cet album était le sien tant la musique de Wailin Storms baigne dans une atmosphère cinématographique d’une noirceur abyssale.
9 titres
Rock Gothique
Durée : 45 minutes
Sorti le 10/07/2026
30 vues
Bien que bénéficiant pour le moment d’une notoriété toute relative, le groupe Wailin Storms, originaire de Caroline du Nord, n’est pas exactement un nouveau venu sur la scène du Gothic rock américain. En effet, les Américains viennent tout juste de sortir leur 5ème album (et le premier sur le label français Season of mist).
Tirant son nom du patronyme de son fondateur et chanteur (Justin Storms), cette formation (ne à l’orée des années 2010) propose un savant mélange entre du gothic rock, du doom et du rock pyché, le tout saupoudré de blues morbide et d’Americana. Résolument mélancolique et empreinte d’une forte dose de romantisme noir et de vaudou, leur son évoque des groupes aussi différents que Danzig, King Dude, The Cramps, Nick Cave and the bad Seeds, Bauhaus ou encore Neurosis.
Estampillée Southern Gothic Rock, leur musique nous plonge dans un univers aussi romantique que poisseux évoquant des films comme Massacre à la tronçonneuse, Déliverance ou Angel Heart. Préparez vous à plonger dans les marais de la solitude et de la dépression avec des titres lancinants et noirs comme « Dead end », « Heart of mine » ou « You never answered ».
Très bluesy et grandiloquent, le titre éponyme de l’album « The arsonist » semble tout droit sorti de la bande originale d’un film de David Lynch comme Blue Velvet ou Lost Highway. Avec « Never rest », on plonge encore plus profondément dans les affres de la neurasthénie. Dans la foulée, « Saved » sonne comme de la new wave anglaise des années 80 dans l’esprit de Bauhaus mais avec une bonne dose de blues et de rock sudiste.
A la fois sombre et fébrile, leur musique prend une teinte encore plus noire, évoquant le style de Danzig, avec des morceaux comme « Patient night » et « The wind ». Point final de ce cauchemar sonore, le morceau « It’s all dark where your eyes used to be » est interprété au piano et ressemble à une ode funèbre, ce qui permet au groupe de clore l’album sur la note la plus noire que l’on puisse concevoir.