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the Anticurrent

Julien Pingenot
Journaliste

Omega Infinity

"The Anticurrent" est un monolithe dissonant et déroutant mais qui a du mal à convaincre...
9 titres
Black Atmosphèrique
Durée : 57
Sorti le 24/02/2023
1435 vues

Après nous avoir fait voyagé au sein de notre système solaire avec son précédent album "Solar Spectre", le duo germano-australien continue son épopée en franchissant l'horizon des évènements de ce gangantuesque trou noir.

C'est tout en distorsion stridentes et déstabilisantes que s'ouvre "The Anticurrent". Ici pas d'intro calme avant le déluge, non on se retrouve immédiatement au cœur de ce gargantuesque vortex lumineux avalant galaxies, étoiles et lumière ne laissant que le néant dans son sillon. "The Alpha" nous fait ressentir cette aspiration et la perte de toute sens de la réalité n'ayant que des sons pour se rendre compte dans quoi nous nous retrouvons embarqués.

"The Anticurrent" est un monolithe de quasiment cinquante minutes (sans compter les covers bonus). Monolithe démesuré, dissonant et déroutant. Omega Infinity n'est pas un de ces groupes où on écoute une chanson comme ça de temps à autre, non c'est la galette entière qu'il faut se farcir si on veut l'expérience immersive complète. Et je dois bien avouer que pour ma part, cela n'a pas pris malheureusement.... pourtant les ambiances spatiales obscures et immersives c'est mon truc, étant très amateur de Darkspace par exemple, le truc froid et monolithique ça me connaît ! Mais avec Omega Infinity, j'ai comme l'impression qu'il ne sait pas trop où se placer sur l'échiquier. En effet, on oscille constamment entre une musique qui se veut froide, industrielle et déstabilisante comme avec les morceaux "Creation" ou "Banish Us from Eden" et par moments de petits moments plus "lumineux" débarquent de nulle part comme sur "Iron Age" avec la participation de Adrienne Cowan qui me sortent totalement de l'expérience. Attention, je comprends parfaitement l'intention de vouloir diversifier un peu le morceau et provoquer une sorte de surprise au sein du morceau comme pourrait l'être un voyage spatial de ce type mais pour le coup, l'écart est tellement grand entre cette voix céleste et cette musique si industrielle que, personnellement, cela ne prend pas. A contrario, je trouve la participation de Lindsay Schoolcraft sur "Death Rays" plus intéressante et beaucoup mieux intégrée dans la composition du morceau. Au passage, c'est le morceau que je trouve le mieux composé de l'album.

Bien que rempli de bonnes intentions, il m'est réellement difficile de rester concentré tout du long, l'album met trop longtemps à démarrer, même après les trois premiers morceaux, j'ai l'impression d'avoir écouté le même morceaux en boucles, on erre dans un tourbillon incessant où notes, cris et percussions s'entremêlent sans véritablement créer quelque chose. Encore une fois, je perçois l'intention de nous faire perdre toute notion rationnelle mais c'est beaucoup trop long. Et puis cette production beaucoup trop écrasée, annihilant toutes nuances. C'est beaucoup trop lisse et propre, rien n'a d'impact ne laissant que l'ennui arriver de plus en plus... un morceau comme "Voices From the End of Time" dépassent les douze minutes, c'est une éternité pour un morceau qui ne démarre jamais vraiment. Pour finir, sur la production et le mix, nous avons deux covers qui terminent cet album et ce mix ne leur rend absolument pas hommage. La cover d'Emperor perd absolument toute sa saveur, un morceau d'une si grande majesté complètement massacré pour ce mix qui canalise et écrase absolument tout le morceau, c'était vraiment pas obligé.

Pour sûr, Omega Infinity est un projet qui ravira les amateurs d'un métal aux fortes sonorités industrielles et aux ambiances froides et déshumanisées. Bien que je lui trouve certaines qualités indéniables, une ambiance assez prenante et plutôt convaincante, certains featuring qui apportent une diversité bienvenue mais je trouve le propos beaucoup trop long et qui ne se renouvelle pas assez durant l'écoute... En fait, j'ai un peu l'impression qu'on ne parlerait pas autant de ce projet si Xenoyr, vocaliste du fantastique groupe Ne Obliviscaris, n'etait pas impliqué dans Omega Infinity....