Près de 35 ans d'existence pour Necrodeath, pionnier du black/thrash et légende du genre en Italie, s'articulant autour des deux membres fondateurs, le batteur Marco Pesenti dit ''Peso'' (ex Sadist et ex Angel of Death) et le chanteur Alberto Gaggiotti dit ''Flegias'' (Cadaveria (black/gothique italien). Secondés par Pierangelo Gonella à la guitare et Gianluca Fontana (Cadaveria également) à la basse, le quartet italien revient sur le devant de la scène après quatre ans d'absence avec un douzième album intitulé ''The Age of Dead Christ'' succédant à ''The 7 Deadly Sins''
Attaquant de façon très direct avec l'énergique ''The Whore of Salem'', on sent d'entrée la touche black par la mélodie portée par les riffs cristallins si spécifiques au genre. Le chant du frontman oscille parfaitement entre les deux univers avec un timbre rappelant celui de Mille Petrozza (Kreator). La composition est très variée et insère une touche horror movie , ambiance Halloween, du plus bel effet. Le quartet marie parfaitement les deux univers, en restant old school, en associant l'énergie du thrash (riffs assassins et soli endiablés) et la froideur du black.
La première moitié de l'album respecte cette inspiration thrash/black en accentuant le côté thrash sur ''The Master of Mayhem'' et ''The Order of Baphomet'' dont ce dernier n'est pas sans rappeler l'esprit malsain de certaines compositions des dieux du genre Slayer!
Le côté old school est bien représenté avec ''The Kings of Rome''; c'est dissonant, rapide, sombre et les back voices offre une touche sud américaine rendant la structure musicale encore plus authentique; authenticité reprise sur la piste suivante ''The Triumph of Pain'' sonnant clairement black avec son riff lancinant et sa rythmique sombre, dissonante et dérangeante.
Ce dernier titre marque une réelle rupture dans l'album qui vire au thrash dès ''The Return of The Undead''! Exit le côté black et c'est bien dommage car c'est qui faisait tout le charme et toute l'originalité de l'album jusque là. Moins de surprise donc, on retrouve la recette qui fait le succès du thrash avec ces riffs speed, son chant aigu envoyé à toute blinde, l'alternance de mid tempo énergique et de blast beats dévastateurs, l'insertion de soli déjantés (''The Crypt of Nyarlathotep'', ''The Revenge of the Witches''). Efficace mais pas innovant; en opposition avec le côté inspiré des cinq premiers morceaux.
C'est avec le titre éponyme ''The Age of Dead Christ'' que l'on retrouve l'inspiration du combo où ce dernier nous offre quelque chose d'assez conceptuel et à contre courant de ce que nous écoutons jusque là. La mélodie se veut plus lourde et sournoise avec des riffs dissonants presque orientaux. On a la sensation q'un serpent se glisse en toute discrétion sur votre corps ensommeillé, prêt à vous étouffer. Le chant est scandé, l'ambiance cérémonieuse, les plans purement instrumentaux plus présents accentuant l'effet rituel.
Necrodeath nous offre un douzième album inspiré et inspirant après plus de 30 ans de carrière! L'esprit black/thrash est bien mis en valeur et parfaitement exécuté. On regrettera le passage purement thrash plus pour sa facilité que par sa technique; le dernier titre permet de finir sur une touche positive où le quartet nous montre qu'il sait sortir de sa zone de confort en nous proposant quelque chose de totalement décalé du reste de la galette.