Avec ''Symphony Of Chaos'', Silver Dust muscle son jeu tout en gardant cette approche mélodico-théâtrale qui fait son charme. Une réussite incontestable.
Ah la Suisse, ses montagnes, son chocolat, son horlogerie...sans oublier sa scène metal riche de groupes aussi culte que Celtic Frost, Coroner ou The Young Gods, au côté des plus établis Krokus, Eluveitie et autre Gotthard.
Silver Dust, quatuor formé à Porrentruy en 2013, se distingue de ses compatriotes par une approche théâtrale de la musique aux influences steampunk et victoriennes. ‘’Révélés’’ au grand public grâce aux tournées en support de Lordi et Battle Beast, les Helvètes nous reviennent aujourd’hui avec leur cinquième long format.
Si la période hivernale est propice aux cures de vitamines, Silver Dust semble s’être dopé au Rammstein tant la lourdeur du sextette teuton imprègne cette cuvée 2025. Attention, ce constat ne constitue en rien un reproche, tant les Suisses ont réussi à intégrer cette influence à leur goth-metal.
'Fire', à l’intro faussement techno, s’avère un véritable rouleau compresseur sonore. Les guitares sous-accordées copulent avec une basse groovy pour un résultat des plus probants.
'Salve Regina' est fait du même metal, riffs plombés et orchestrations donnant un côté martial à cette compo sur laquelle vient se poser un chant grave et solennel. Citons encore le bien heavy 'Devil’s Dance', auquel les parties de batterie du revenant Mr Killjoy confèrent une cadence réglée comme un coucou suisse.
Après le court et véloce 'I’m Flying', le morceau-titre constitue une sorte de transition, synthétisant toutes les facettes stylistiques du groupe et mêlant habilement guitares néo-metal, chœurs puissants, claviers aériens et chant varié.
En effet, la seconde partie de l’album s’avère moins oppressante et plus proche de ce que le combo a proposé par le passé. L’aspect cinématographique se fait prégnant sur 'Lucifer’s Maze' (agrémenté d’un superbe solo final) et l’instrumental 'Down'.
En véritable Monsieur Loyal, Lord Campbell illumine les compositions de ses talents vocaux. Adoptant tantôt un ton guttural propre au goth-rock ('Goodbye'), tantôt des intonations solennelles ('Salve Regina'), il sait aussi se faire charmeur ou agressif ('I Saw Your Light', le très réussi 'The Masters Of Fright' taillé pour la scène).
Il nous fait profiter une ultime fois de ses talents de narrateur sur l’amusant 'Le Squelette Crâneur', conte fantastique chanté en français, qui vient clôturer ce cinquième effort.
Nul doute qu’avec un disque de cette trempe, nos quatre Suisses vont passer dans la division supérieure et bénéficier d’une exposition plus que méritée.